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Le directeur général de BP, Tony Hayward, tente de calmer les critiques

Alors que les critiques fusent sur l’action de BP avant et après la fuite de pétrole dans le golfe du Mexique, le directeur général de l’entreprise multiplie les interviews pour tenter de relativiser la catastrophe écologique de la marée noire. Il a estimé que l’impact sur l’environnement serait « très modeste » et que l’explosion de la plate-forme allait changer mais pas arrêter l’industrie pétrolière.

« Je pense que l’impact sur l’environnement de ce désastre sera très, très modeste », a indiqué Tony Hayward, le directeur général du groupe pétrolier britannique BP, à la chaîne d’information en continu Sky News. M. Hayward était interrogé au centre de crise de BP à Houston, au Texas. « C’est impossible à dire et nous organiserons ensuite une évaluation très détaillée (…) mais tout ce que nous pouvons voir en ce moment semble suggérer que l’impact total sur l’environnement sera très, très modeste, » a-t-il encore insisté.

M. Hayward avait déjà assuré vendredi au Guardian que cette fuite était « minuscule » en proportion de l’immensité de l’océan. « Le golfe du Mexique est très grand et le volume de pétrole et de dispersant que nous y mettons est minuscule comparé au volume total de l’eau », avait-il lancé.

800 000 litres, selon BP, se répandent quotidiennement dans la mer. Ce volume serait toutefois 5 à 20 fois supérieur, selon de récentes évaluations d’experts, dont la thèse semble être accréditée par la découverte par des scientifiques américains d’énormes nappes de brut à grande profondeur.

Tony Hayward a également affirmé lors d’une interview au Frankfurter Allgemeine Zeitung que « cet accident va changer l’industrie pétrolière, mais pas l’arrêter » dans ses efforts pour développer le forage offshore. « Les États-Unis et le monde ont besoin de ce pétrole, près de 30 % de la production pétrolière américaine sont couverts par le golfe du Mexique ».

M. Hayward a renouvelé sa promesse que la société allait « donner suite à toutes les demandes d’indemnisation légitimes » qui pourraient se chiffrer en milliards de dollars pour BP, dont la capitalisation boursière a déjà fondu. Mais « BP est une très grosse société, avec suffisamment de moyens pour surmonter les coûts de cet incident, » a assuré M. Hayward.

Le groupe pétrolier britannique a estimé mardi que la marée noire qui lui a déjà coûté 625 millions de dollars. Il évalue à 2 000 barils par jour le volume de pétrole qu’un système de tuyau sous-marin lui permet de récupérer du flux qui continue à s’écouler dans le golfe du Mexique, mais précise qu’il faudra « un certain temps » pour accroître ce flux. Le groupe indique continuer à réfléchir à un système de bouchage du puits qui serait ensuite cimenté.

En surface, 750 bateaux tentent de récupérer et de disperser le pétrole qui flotte. Quelque 19 000 personnes employées par BP, d’autres entreprises et par des agences gouvernementales travaillent actuellement sur cette marée noire, indique le groupe. Il a déjà enregistré 15 600 plaintes et réglé par des dédommagements 2 700 dossiers.

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