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Le Français Alim-Louis Benabid consacré aux Etats-Unis pour ses travaux sur la maladie de Parkinson

“Un choc”, “une consécration”: le neurochirurgien grenoblois Alim-Louis Benabid a fait part de sa fierté mardi après avoir été distingué par le prix Lasker, considéré comme le “Nobel américain”, pour ses travaux novateurs sur la maladie de Parkinson.

“C’est une consécration. Cela fait partie des événements heureux de la vie d’un scientifique, qui témoignent du fait que ce qu’on a fait a servi à quelque chose, que cela a un certain retentissement”, a réagi M. Benabid, 72 ans. “C’est quelque chose à laquelle on ne s’attend pas, dont on est très fier (…) C’est un grand plaisir, un choc aussi quelque part”, a-t-il ajouté. Le président François Hollande et la ministre de la Santé Marisol Touraine l’ont félicité, le premier estimant que ce prix reconnaissait “la qualité exceptionnelle du travail effectué” par le Pr Benabid et honorait “la recherche médicale française”. Sur Twitter, le député (PS) de l’Isère Olivier Véran, qui a été son élève en fac de médecine, a salué “un grand homme, altruiste de surcroît”.

M. Benabid, qui était dans la confidence depuis le mois de juin, recevra le prix de la prestigieuse Fondation américaine Lasker lors d’une cérémonie à New York le 19 septembre. Membre de l’Académie des Sciences, il partage ce prix de la recherche médicale avec le neurologue américain Mahlon DeLong pour leur mise au point de la technique dite de Stimulation cérébrale profonde (SCP). Cette intervention chirurgicale permet de réduire les troubles moteurs d’un malade atteint de Parkinson, en implantant des électrodes pour stimuler un noyau profond du cortex cérébral.

La maladie de Parkinson se traite en effet principalement avec des médicaments mais “dans 20% des cas”, ceux-ci se révèlent “insuffisants ou déclenchent des effets secondaires”, a expliqué M. Benabid. Pour ces patients, une intervention chirurgicale était pratiquée afin d’effectuer une lésion dans une zone du cerveau. C’est en pratiquant une lésion de ce type, en 1987 à Grenoble, sur un patient atteint de tremblement essentiel, que M. Benabid a découvert qu’une stimulation électrique à fréquence élevée (100 hertz) pouvait avoir le même effet qu’une lésion: le tremblement s’arrêtait.

‘Bond en avant’

L’avantage de cette méthode est d’être réversible avec des bénéfices durables et des effets secondaires modérés, selon la Fondation Lasker. “C’est une méthode qui a fait faire un bond en avant dans la thérapeutique de la maladie de Parkinson. Cela a complètement changé la vie de nombreux malades”, a souligné le Pr Benabid. Les travaux des professeurs DeLong et Benabid “ont permis d’améliorer la vie de plus de 100.000 patients à travers le monde”, souligne la Fondation sur son site internet.

Une électrode permanente, reliée à une sorte de pacemaker, envoie un courant électrique à 130 hertz par seconde sur une zone du cerveau et permet aux patients de retrouver leurs capacités motrices, de supprimer le tremblement et d’améliorer leur capacité à conduire des activités quotidiennes. “La méthode n’est pas un remède et elle n’inverse pas tous les aspects de la maladie. La parole et la cognition continuent notamment de décliner”, souligne cependant la Fondation Lasker.

Mais “du fait de l’innocuité de la méthode, il y a actuellement une dizaine de maladies traitées de cette façon-là”, souligne M. Benabid, en citant notamment les troubles obsessionnels compulsifs. Chef du service de neurochirurgie de l’hôpital universitaire de Grenoble de 1989 à 2004, M. Benabid a participé à la fondation du centre de recherche biomédicale Clinatec à Grenoble qui regroupe une centaine de chercheurs spécialisés dans les maladies neurodégénératives. En 2012, il a présidé le comité de soutien de l’actuelle secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur Geneviève Fioraso, alors candidate PS aux élections législatives à Grenoble.

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