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Le marathon de New York

Pendant une semaine, nous avons suivi deux Françaises Martine Gérard, responsable du marketing à France Press et Kareen Rispal, conseillère culturelle de France aux États-Unis, qui se sont préparées au marathon de New York du dimanche 4 novembre. Chaque jour, un zoom sur un des aspects de cette expérience jusqu’aux résultats de l’épreuve.

Lundi 5 novembre: J+1

Félicitation à nos deux marathoniennes qui ont franchi la ligne d’arrivée à dix minutes d’écart. Retour sur cette belle course pour laquelle 2 733 Français avaient fait le déplacement.

« Le marathon s’est très bien passé », dit Kareen avec fierté malgré une crampe au 12e miles au genou droit. Étonnant car c’est normalement son genou gauche qui la fait souffrir. Elle a « ramé » dans le Bronx mais le courage est revenu avant d’aborder la 5e avenue où « tout le monde m’attendait ». En 4h44, Kareen a terminé sans accroc son premier marathon et a fêté sa performance dignement avec un verre de champagne en compagnie de son « comité d’accueil ». Et a laissé tomber son régime marathonien pour savourer un steak tartare avec un « énorme » plat de frites.

Le lendemain, pas de courbatures pour Kareen, très en forme, qui va arrêter de courir pendant trois semaines d’après ce qu’on lui a conseillé. Mais elle reprendra la course car cela « fait partie de mon hygiène de vie », confie-t-elle.

Martine a terminé le marathon en 4h34, cinq à dix minutes de trop par rapport au temps qu’elle s’était fixée. Elle n’a pas eu mal pendant la course mais « c’est mon dernier marathon à New York, c’est trop commerçant ! » confie-t-elle avec une pointe d’agacement. L’arrivée « s’est très mal passée » : il y avait énormément de monde, et elle a mis près d’une heure dans le froid à récupérer ses affaires dans le camion.

Le lendemain, elle a marché pour continuer à faire travailler ses muscles malgré ses douleurs aux cuisses, mais elle ne se remettra à courir « tranquillement » que la semaine prochaine.

Vendredi 2 novembre: J-2

Depuis jeudi 1er novembre, les quelques 38 000 marathoniens peuvent aller chercher l’équipement nécessaire et indispensable pour dimanche dans l’immense salle du Javits Center à Manhattan.

Avant la cohue des derniers moments, Kareen et Martine sont allées récupérer le dossard qu’elles arboreront avec fierté dans deux jours. Elles sont également reparties munies d’un sac en plastique transparent (pour des raisons de sécurité) qui leur servira à mettre leurs affaires personnelles avant le départ de l’épreuve. Elles le déposeront ensuite dans l’un des nombreux camions qui suivent la course, pour le récupérer à leur arrivée à Central Park. Mais Kareen ne prendra rien sur elle, à part un billet de 50 dollars au cas où elle « cale en route et doive prendre un taxi », dit-elle avec humour. Pour le marathon, aucune tenue n’est imposée. Martine ira courir en short et t-shirt avec un vieux pull qu’elle jettera le long de la route, comme Kareen et de nombreux autres coureurs. Ces vêtements seront ensuite ramassés et offerts à une œuvre de charité. Dernier gadget qu’on leur a fourni : un petit appareil rond muni d’une puce électronique que les participants doivent accrocher à une de leurs baskets et qui permet de les chronométrer. L’appareil enregistre ainsi l’heure à laquelle un marathonien débute la course, passe devant les différentes étapes et, plus important, franchit la ligne d’arrivée. « Ce marathon est organisé d’une façon exceptionnelle ! », confie Martine avec une pointe d’admiration. Elle est désormais fin prête et s’est renseignée sur la météo prévue dimanche: du beau temps et du vent.

Jeudi 1er novembre: J-3

La grande crainte dans un marathon, à part celle de ne pas réussir à franchir la ligne d’arrivée, concerne les blessures. Dans quelle forme sont nos deux marathoniennes ?

Comme les coureurs professionnels qui ont le genou particulièrement sensible, Kareen a une inflammation au genou qui revient régulièrement. Traitement simple : des anti-inflammatoires et de la glace. Et un ralentissement dans le rythme : Kareen n’ira finalement pas courir ces jours-ci pour préserver son genou douloureux. Mais elle n’est pas très inquiète car elle sait qu’elle n’est pas un cas isolé : « beaucoup de coureurs viennent avec des blessures », confie-t-elle.

Martine a été blessée il y a trois ans, cinq mois après le marathon de Détroit. Elle a eu une tendinite au tendon d’Achille, ce qui l’a empêchée de participer à des marathons pendant quelque temps. Mais aujourd’hui, elle est complètement rétablie, et plus en forme que d’habitude.

Mercredi 31 octobre: J-4

Comment est venue l’envie pour nos deux athlètes Kareen et Martine de se lancer dans le marathon ?

Kareen se demande encore parfois pourquoi elle s’est fourvoyée « dans cette galère ». Elle court depuis deux ans, mais l’idée a surgi il y a un an : « voir les marathoniens courir en bas de mes fenêtres me donnait envie », confie Kareen qui habite dans son appartement de fonction de conseillère culturelle en face de Central Park. Elle a ensuite fait des semi-marathons à New York et tente cette année, pour la première fois, le marathon. Son mari en a déjà fait plusieurs mais il ne l’accompagne pas dimanche car il a raté les inscriptions. Kareen essaie de rester « zen » malgré son anxiété, et compte sur les clameurs du public pour lui donner de l’énergie. Et aussi sur le soutien de sa famille, même si ses quatre enfants la prennent pour une « folle » de se lancer dans cette aventure. Son but: aller jusqu’au bout des 42,195 km du marathon, mais elle ne se fixe pas un objectif de temps.

Pour Martine, c’est un peu différent. L’endurance n’a plus aucun secret pour elle, qui court depuis de longues années. Elle a commencé les marathons peu après les attentats du 11 septembre 2001 et celui de dimanche va être son quatrième. Elle en a déjà fait deux à New York et un à Détroit. Cette année, elle l’aborde de façon très sereine : « tout est dans l’entraînement », même si c’est son premier marathon depuis trois ans car elle a dû se remettre d’une blessure. Son but : « faire un temps correct », et améliorer sa performance par rapport à son dernier marathon de 2004, qu’elle avait terminé en 4h30.

Mardi 30 octobre : J-5

Le dernier week-end avant le marathon de nos deux coureuses vient de s’achever. Retour sur leurs préparatifs.

Kareen n’a pas trop couru ce week-end (comprendre quand même 10 kilomètres, ce qui semble déjà énorme pour les novices !), car avant l’ « épreuve terrible », comme elle la nomme, « il faut baisser le tempo ». Elle envisage d’aller s’entraîner deux fois cette semaine : 5 km à chaque fois. Pendant sa période entrainement, elle a couru environ 60 km par semaine, sauf en août, où elle était à Paris. Kareen pèse 52 kilos pour 1m72, et n’a pas perdu de poids pendant sa préparation. Ce week-end, le régime a été simple : beaucoup d’eau, et des pâtes.

Martine, autre petit gabarit avec moins de 50 kilos pour 1m64, a allongé sa foulée, ce week-end, sur 13 km parcourus en une heure et demie. À l’inverse de Kareen, elle continue à se mettre en condition un peu tous les jours. Et tous les week-ends pendant les deux mois qui précèdent le marathon, elle court de 13 à 34 kilomètres. Pour son entraînement, elle suit les conseils du club qui organise le marathon, le New York Road Runners Club. Elle a commencé sa préparation intensive environ quatre mois avant le marathon est se sent aujourd’hui en « pleine forme ». Au niveau alimentaire, plus de glucides et de protéines sont au menu, et elle ne se prive pas de boire un peu de vin.

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