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Le Mensonge, une série avec Daniel Auteuil sur TV5

Inspirée d’un fait divers qui a marqué la ville de Vence, dans les Alpes-Maritimes, la mini-série Le Mensonge revient sur l’accusation d’inceste qu’un petit-fils formule à l’égard de son grand-père – incarné par Daniel Auteuil – en 2000 et sur les quinze années de procès qui s’ensuivent. Le réalisateur Vincent Garenq nous en dit plus sur ce drame judiciaire et familial en quatre épisodes qui arrive sur TV5 MONDE USA le 13 avril.
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Daniel Auteuil dans la mini-série Le Mensonge. © Thalie Images/France Télévision

FranceAmérique : Le Mensonge s’inspire d’une véritable affaire, celle de Christian Iacono. De quoi s’agit-il ?

Vincent Garenq : C’est l’histoire du maire d’une petite ville de province – Christian Iacono dans la réalité, Claude Arbona dans notre fiction – promis à une carrière de sénateur et qui a une relation compliquée avec son fils. Un beau jour, on vient l’arrêter : il est accusé de viol par son petit-fils. Débute alors un double drame : celui du grand-père accusé à tort et celui d’un gamin qui s’enfonce dans un mensonge vertigineux. Tout cela a duré quinze ans et reste un dossier assez connu dans cette région, proche de la Côte d’Azur.

Même si Christian Iacono a été acquitté, les experts, le père et le juge restent convaincus que le garçon a bien subi des violences sexuelles. Comment expliquez-vous votre parti-pris ?

Nous montrons que l’avocat général a des propos ambigus. Je me méfie des expertises psychologiques, car j’ai vu trop de fois comment elles peuvent raconter n’importe quoi : j’ai beaucoup travaillé sur l’affaire d’Outreau et les experts qui maintiennent leurs accusations ont souvent été rudoyés dans ces procès et ne veulent pas se contredire. Ma conviction s’est faite après avoir lu tous les dossiers, en connaissant tout le contexte de l’histoire.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans cette histoire ?

Les erreurs judiciaires sont fortes d’un point de vue émotionnel et dramaturgique. Le livre de Christian Iacono m’a touché, cette histoire a une fin positive. Truffaut appelait ça les « fins désespérément heureuses ». J’aime beaucoup notre dernier épisode, très fidèle à la réalité, dans lequel le jeune homme aide son grand-père à sortir de prison.

Avez-vous rencontré la famille ?

J’ai déjeuné avec Christian Iacono et son petit-fils. Celui-ci a demandé à travailler comme stagiaire sur le tournage du film – il rêvait de faire du cinéma ! Cela lui a permis de faire de cette expérience quelque chose de positif. Il a beaucoup souffert de cette histoire et la voir ainsi racontée l’a encouragé à rebondir et à s’ouvrir à un autre monde. Il m’a donné sa version des faits puis m’a laissé très libre. De mon côté, j’ai eu accès au dossier d’instruction. Je n’ai pas rencontré la mère en personne, mais elle est satisfaite de la série – toute la famille en est d’ailleurs satisfaite. Quand on déroule des drames familiaux, des histoires lourdes et chargées, il est essentiel d’être très honnête avec ceux qui l’ont vécu. Je ne veux pas enfoncer ou être voyeuriste, j’essaie de comprendre pourquoi les choses se sont passées, sans caricaturer ni salir, mais avec dignité.

Vous êtes avant tout un réalisateur de cinéma. Comment avez-vous abordé cette mini-série ?

J’étais un peu inquiet, car je n’avais jamais expérimenté ce format, mais j’y ai pris beaucoup de plaisir : c’est amusant à écrire, on peut être très créatif. Les quatre épisodes ont été répartis sur deux soirées lors de la diffusion, ce qui nous a permis de diviser le récit en deux parties. La première est centrée sur le grand-père, l’autre sur le garçon, avec dix ans d’ellipse entre les deux. J’ai eu l’impression de réaliser quatre petits films ! L’autre avantage de la télé, c’est que le public est au rendez-vous : cette histoire pour adultes aurait fait 400 000 entrées au cinéma, car la mode est aux comédies. On a rassemblé cinq millions de spectateurs à la télévision : le public est plus curieux et se laisse entraîner dans des histoires dures et tristes. 

Vous avez beaucoup travaillé sur la justice, dans vos films. Comment la rendre accessible et compréhensible ?

La justice est le miroir de la vie ! Tout ce qui se raconte dans les bureaux des juges est intéressant. Je fais attention à ce que tout soit beau, rythmé, à ce qu’on ne s’ennuie pas même quand les scènes sont longues… Dans Le Mensonge, la fresque familiale et la fresque judiciaire s’entremêlent. Je voulais raconter l’injustice insupportable et le vertige d’un gamin qui retrouve finalement la force de dire la vérité.

Comment s’est passé le travail avec l’acteur qui incarne Lucas Arbona, le petit-fils dans la série ?

Cet enfant est incroyable ! Nous avons fait 95 auditions et c’était le seul qui ne donnait pas l’impression de réciter. Normalement, l’équipe fait deux ou trois prises pour chaque scène. Avec lui, on a passé notre temps à changer les caméras de place : la première prise était toujours la bonne ! Je dis souvent que c’était le seul génie sur le plateau.

Comment avez-vous réussi à convaincre Daniel Auteuil, qui incarne le grand-père, de tourner pour le petit écran ?

Daniel avait déjà joué dans un de mes films, Au nom de ma fille. On s’était un peu perdus de vue, mais quand je l’ai appelé pour lui proposer le projet, il a tout de suite accepté : il se méfiait de la télévision mais il m’a fait confiance. Aujourd’hui, les genres se mélangent et les grands acteurs de cinéma se retrouvent de plus en plus à la télévision. Tout comme les réalisateurs !


Le Mensonge
sera diffusé sur TV5MONDE USA les mardis 13 et 20 avril à 11:30 pm EST (8:30 pm PST).

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