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Le Mistral oppose la France et les Etats-Unis

EDITO. L’image de la France n’a jamais été aussi positive auprès des Américains. Selon une déclaration de l’ambassadeur François Delattre  faite cette semaine à France-Amérique : 78% des Américains auraient une image positive de la France. L’inverse de la situation de 2003 lorsque Jacques Chirac refusa de s’engager dans la guerre en Irak. Le conflit en Ukraine aura-t-il le même effet négatif sur nos relations ? Nous n’en sommes pas là, mais le ton monte entre les deux gouvernements.

L’administration Obama est ulcérée que François Hollande persiste à livrer à la Russie, deux vaisseaux de guerre porte-hélicoptères de type Mistral, alors même que les Occidentaux aggravent les sanctions contre la Russie pour qu’elle quitte l’Est de l’Ukraine et restitue la Crimée. François Hollande tergiverse : le Mistral conditionne la survie des chantiers navals de Saint-Nazaire, une région peu prospère où les syndicats de gauche sont puissants. De plus, une partie importante de la majorité socialiste refuse l’alignement de Hollande sur les positions américaines, qu’il s’agisse du soutien à Israël et de l’embargo relatif contre les Russes. Hollande, nouveau Salomon, envisage de couper le marché en deux, livrant un premier Mistral et pour le second, on attendra. Une transaction qui ne satisfera personne. Il existerait une alternative : faire acheter les Mistral par l’OTAN qui ne dispose pas d’armements de ce type.

Par-delà les Mistral, les Occidentaux face à la Russie ne parviennent pas à fixer une stratégie commune. Or, si on se souvient du passé russe et soviétique, les militaires russes sont fidèles à une stratégie continue : aussi longtemps qu’on ne les arrête pas, ils avancent.  Depuis que Poutine est au pouvoir, les Occidentaux sous-estiment sa volonté de reconstituer l’Union soviétique, ils ont tort. Quant à la vente des Mistral, on rappellera un mot de Lénine sur les capitalistes occidentaux : “Ils sont prêts à nous vendre la corde qui servira à les pendre”.

En revanche, dans le conflit de Gaza, Paris et Washington sont implicitement d’accord pour qu’Israël fasse le “sale travail” : réduire le Hamas armé par l’Iran, à l’impuissance militaire.

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