France Insolite

Le musée de Blérancourt : raconter l’amitié franco-américaine

Des œuvres d’art originales, de nombreuses pièces historiques, une bibliothèque, des archives, des jardins, une histoire longue de plusieurs siècles... Le musée du château de Blérancourt, consacré à l’histoire des relations franco-américaines, a tout pour plaire à France-Amérique.
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De son musée jusque dans ses jardins, plantés d’espèces américaines, le château de Blérancourt est un hommage à l’amitié transatlantique. © Gérard Blot/RMN-Grand Palais

Comment expliquer la relative discrétion de ce superbe musée ? La faute, peut-être, à son inaccessibilité : aucun transport en commun ne dessert Blérancourt, niché dans la campagne picarde. C’est en voiture que l’on accède, après deux heures de voyage depuis Paris, au portail de ce château chargé d’une histoire qui remonte au XIIIe siècle. C’est en tout cas ce que démontrent de récentes fouilles archéologiques, qui ont mis à jour des vestiges jusqu’alors inconnus.

On croyait connaître la date de naissance du château de Blérancourt : 1619. L’architecte Salomon de Brosse, auteur du palais du Luxembourg à Paris, se charge de la création du château, l’un des premiers exemples de l’architecture classique française. La Révolution n’épargne pas l’édifice : saisi comme bien national, il est en grande partie démoli. Ne restent qu’un portail et deux pavillons abîmés. C’est sur ces ruines qu’en 1917, une philanthrope américaine pose résolument ses valises.

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Anne Morgan (à gauche) et Anne Murray Dike, la directrice du Comité américain pour les régions dévastées de France. © Gérard Blot/RMN-Grand Palais
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Les premières bénévoles américaines au château de Blérancourt, 1917. © René-Gabriel Ojeda/RMN-Grand Palais

Nous sommes pendant la Première Guerre mondiale et les Etats-Unis viennent d’entrer dans le conflit. Anne Morgan, fille du banquier John Pierpont Morgan, l’un des hommes les plus riches du pays, crée le Comité américain pour les régions dévastées de France (CARD), une organisation humanitaire pour venir en aide aux civils de la région. Les restes du château de Blérancourt deviennent le QG de cette organisation dont les activités furent aussi nombreuses que bénéfiques. Après la guerre, Anne Morgan rachète le domaine en ruines, en rénove une partie et crée un musée dédié à l’amitié franco-américaine.

Aujourd’hui complétement restauré et enrichi des vestiges médiévaux récemment découverts, le lieu propose une visite variée. L’un des deux pavillons réunit plus de 6 000 ouvrages consacrés à la relation entre nos deux nations ! L’autre reconstitue l’intérieur des appartements new-yorkais de la philanthrope Anne Morgan. Le bâtiment central offre à voir de nombreux documents sur l’amitié franco-américaine, dont une miniature en plâtre de la statue de la Liberté par Bartholdi, et des œuvres des XIXe et XXe siècles, réalisées par des artistes américains ayant vécu en France et inversement.

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Le salon de la résidence new-yorkaise d’Anne Morgan, reconstitué au musée de Blérancourt. © Adrien Didierjean/RMN-Grand Palais

L’espace dédié à la Grande Guerre est le plus émouvant. Devant cette superbe ambulance Ford T de l’American Field Service, couleur bleu horizon, on se demande combien de poilus ont agonisé sur ses brancards de bois… Les innombrables archives du CARD rendent hommage au dévouement des jeunes bénévoles américaines et nous rappellent dans quel état de dénuement se trouvait la population française à l’époque : certaines photos, d’une qualité troublante, sont à pleurer.

Pour se mettre du baume au cœur, rien de tel pour terminer cette visite qu’une déambulation dans les jardins du Nouveau Monde, conçus par trois paysagistes (deux Américains et un Français) et uniquement composés d’espèces américaines, du magnolia de Virginie au liquidambar. Un hommage total, jusque dans le choix des fleurs.


Article publié dans le numéro de juin 2021 de France-AmériqueS’abonner au magazine

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