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Le nouveau campus de la French American School of New York inquiète les résidents du quartier

Si tout se passe comme prévu, la French American School of New York (Fasny) devrait s’installer sur le site de l’ancien golf du quartier de Gedney à White Plains, avec un début de construction attendu pour fin 2012 et une première rentrée en 2014.

Au lieu des trois sites différents éparpillés entre Larchmont, Scarsdale et Mamaroneck, le nouveau campus de 56 hectares de la FASNY permettra de réunir les élèves de la maternelle au lycée. Mais avant d’obtenir un permis, les représentants de l’école tentent depuis plusieurs mois de convaincre les riverains que leur projet ne changera pas radicalement le quartier de Gedney Farms, où la plupart des maisons sont occupées par des retraités peu réjouis de voir arriver des foules dans leur coin paisible et vert.

L’invasion de cette zone résidentielle par quelques 1 200 élèves déposés en voiture par leurs parents inquiète plusieurs voisins, notamment ceux qui vivent dans les propriétés qui vont côtoyer le campus. A chaque réunion de la communauté sur le projet, les mécontents se font entendre. Au-delà des problèmes évidents de bruit et de circulation, les opposants font valoir qu’en tant qu’école au statut d’organisation “non-profit”, la Fasny ne payera pas d’impôts, alors que le golf défunt en payait.

Une chance pour l’économie locale

Pour répondre à ces craintes, l’administration a récemment publié une analyse de l’impact économique potentiel du nouveau campus sur le quartier et la ville. Le texte indique que le campus créera des emplois, notamment dans la construction et l’éducation, puisque l’équipe de la Fasny projette de s’agrandir. De plus, les boutiques et commerces alentours devraient bénéficier d’une hausse de fréquentation. En ce qui concerne les prix de l’immobilier, la Fasny maintient que la proximité du campus rendra le quartier plus attractif, dans la mesure où plusieurs familles voudront s’installer proche de cet établissement prestigieux.

Selon cette analyse, les retombées indirectes permettront de compenser la perte de revenus tirée des impôts. Des prévisions qui n’ont pas rassuré Terence Guerriere, le président de la Gedney Association, qui déclarait récemment dans la presse locale :  “ces informations ne changent pas la position de notre association, qui est que ce site est inadapté à un projet de cette ampleur”. Lors de la dernière réunion municipale du 3 octobre, les opposants ont demandé que soit rédigée une autre étude indépendante sur l’impact économique et environnemental de l’école.

Un accès difficile

Restera à gérer l’épineux problème de la circulation routière. La Fasny a embauché des consultants spécialisés, et leur projet est de faire circuler au maximum les voitures dans le campus – qui aura son propre parking – plutôt que dans les rues alentours. Les différents niveaux scolaires pourraient aussi avoir des horaires d’ouverture et de fermeture décalés pour atténuer les pointes de circulation. La situation du campus posera un autre problème pour les élèves et professeurs. En effet, contrairement aux bâtiments précédents, le nouveau site ne sera pas accessible à pied de la station de Metro North. C’est pourquoi l’administration songe déjà à organiser un système de navette privée pour les professeurs qui vivent à Manhattan.

En ce qui concerne les espaces verts, le président du Conseil d’Administration de la Fasny, Mischa Zabotin, explique que le campus en lui-même – dans des bâtiments qui ne dépasseront pas deux étages – couvrira seulement 15 % du site, alors que le reste sera un parc accessible à tous. Quant aux terrains de sport, ils pourront être utilisés par d’autres écoles de White Plains. Des rangées d’arbres seront plantées pour tenter de préserver l’intimité et la vue des maisons les plus proches du site.

Ces annonces n’ont pas atténué le mécontentement des membres de la Gedney Association, qui sont en train de tenter d’imposer un nouveau plan d’occupation des sols qui rendrait impossible la construction d’une école dans le quartier. “S’ils insistent, ils vont droit au procès, explique M. Zabotin. Si ce n’était pas ce campus, qu’est-ce que ça pourrait être d’autre ? Cinquante maisons ? Je les défie de trouver une proposition plus attractive que la nôtre.”

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