Subscribe

Le nouveau consul, Bertrand Lortholary, se présente aux Français de New York

Dans sa première interview accordée depuis son entrée en fonction aux Etats-Unis le 1er septembre, Bertrand Lortholary, diplomate de carrière passé par Washington, Pékin et Jakarta, revient sur son parcours et les grands dossiers du moment : la fin de la PEC, la visite de François Hollande et la création d’une librairie française.

France-Amérique : comment s’est déroulée votre arrivée à New York ?

Bertrand Lortholary : Très bien. New York ne m’était pas complètement inconnue. Je n’y ai jamais vécu jusqu’à présent, mais j’ai eu l’occasion d’y séjourner un certain nombre de fois en particulier lorsque j’étais en poste à Washington, il y a quelques années. J’ai donc été extrêmement heureux de retrouver ce pays et de découvrir davantage cette ville que j’aimais déjà beaucoup mais que j’aime chaque jour davantage depuis mon arrivée.

Quel est votre parcours professionnel aux Etats-Unis ?

J’ai passé en tout quatre ans à Washington, dont trois ans à l’ambassade de France entre 2002 et 2005. La première année de mon séjour s’est déroulée au sein du département d’Etat américain dans le cadre d’un programme d’échange avec le ministère des Affaires étrangères. J’ai alors travaillé pour le Bureau des affaires africaines où je me suis occupé de plusieurs pays d’Afrique centrale. Ce fut pour moi une expérience passionnante d’être au fond considéré comme un diplomate américain, d’apprendre les méthodes de la diplomatie américaine et de voir comment, sur les sujets dont j’avais la charge au quotidien, la France et les Etats-Unis pouvaient travailler ensemble. Ce fut une année particulière aussi puisque je suis arrivé à Washington le 7 septembre 2001, quelques jours avant les attentats. Le 11 septembre reste donc une date extrêmement présente dans mon esprit.

Vous êtes-vous entretenu avec votre prédécesseur Philippe Lalliot, retourné au Quai d’Orsay ?

Je connais bien Philippe Lalliot parce que nous étions précisément à Washington durant la même période. Nous sommes par ailleurs amis. Nous nous sommes parlés à plusieurs reprises (Philippe Lalliot a été nommé fin août directeur de la communication et du porte-parolat du ministère des Affaires étrangères, ndlr).

Que retenez-vous de votre récente expérience comme ambassadeur en Indonésie ?

C’est un pays extraordinairement intéressant, un géant d’Asie que l’on connaît finalement moins que la Chine ou l’Inde. C’est un pays dont la croissance dépasse les 6% par an, un pays où il y a énormément de choses à faire au profit des entreprises françaises. C’est ce que je me suis employé à faire durant les mois que j’y ai passé jusqu’en juillet dernier.

Vous avez étudié les langues asiatiques. Entretenez-vous un lien particulier avec l’Asie ?

Comme étudiant, j’ai appris le chinois à l’Institut des langues orientales. J’ai été conduit très naturellement à séjourner en Asie, en Chine notamment à plusieurs reprises, où j’ai passé 3 ans à Pékin après mon passage à Washington. La Chine est un pays où la défense des intérêts français est une notion qui prend tout son sens. A mon retour, j’ai d’ailleurs continué à traiter de sujets asiatiques auprès du président Nicolas Sarkozy en tant que conseiller pour l’Océanie et l’Asie entre 2008 et 2012.

Comment s’est faite votre nomination au consulat général de New York ?

J’ai quitté l’Indonésie à la fin du mois de juillet. Quand j’ai su que Philippe Lalliot rentrerait en France, j’ai immédiatement indiqué que je serais profondément heureux de retourner aux Etats-Unis et de prendre sa succession à New York. Tous les interlocuteurs que je rencontre depuis mon arrivée me disent combien ils ont apprécié travailler avec lui. A mon tour, j’avais très envie de me mettre au service des Français de New York qui sont très nombreux et très dynamiques.

La rentrée s’annonce chargée avec la visite prochaine de François Hollande, qui participera la semaine du 24 septembre au sommet de l’ONU ?

Par principe, il y a beaucoup de choses à faire en arrivant à New York. Surtout en cette période un peu particulière qui est celle de l’Assemblée générale des Nations Unies, où se rendront le président de la République et de hauts responsables français cette année. Et puis, il y a bien sûr les rencontres avec les interlocuteurs clés de la communauté française, tous les responsables américains de New York, mais aussi de la circonscription consulaire, puisque le consulat exerce ses compétences non seulement sur la ville mais aussi sur les Etats de New York, du New Jersey et du Connecticut et sur les Bermudes.

Parmi les dossiers importants, il y a celui de la fin de la prise en charge des frais de scolarité (PEC) dans les Lycées Français décidée pour la rentrée 2012.

Le système de la PEC a en effet pris fin à compter de cette rentrée scolaire. Il a été demandé à l’ensemble des consulats et des ambassades de France d’identifier toutes les familles qui pourraient rencontrer des difficultés financières suite à la suppression de ce dispositif et d’en informer l’agence avant la fin du mois de septembre. La première commission des bourses scolaires s’est tenue au mois d’avril dernier, la seconde commission quant à elle aura lieu au courant du mois d’octobre et elle a pour vocation l’étude des demandes des familles nouvellement installées dans notre circonscription et également la révision des dossiers qui font l’objet d’un recours. Sur cette base, les recommandations formulées par la commission seront adressées à l’AEFE (Agence pour l’enseignement du français à l’étranger, ndlr) à Paris, qui devrait rendre ses décisions en fin d’année civile, probablement en décembre prochain.

Des mesures exceptionnelles seront-elles mises en place en plus des bourses ?

Le dispositif des bourses est pour le moment le cœur de l’action des pouvoirs publics.

Combien de familles sont concernées à New York ?

Nous sommes en train de les comptabiliser. C’est un nombre important. Je pense que l’on approchera pour cette deuxième commission une centaine de dossiers.

Quelles sont les autres priorités de votre nouvelle mission ?

La priorité que le ministre des Affaires étrangères a assigné aux ambassades et aux consulats, c’est la diplomatie économique. C’était d’ailleurs le thème retenu par la conférence des ambassadeurs qui vient d’avoir lieu. Ce sera ma feuille de route principale. Je crois que le meilleur service à rendre aux Français des Etats-Unis, c’est de nous battre aux côtés des conseillers du commerce extérieur, de la Chambre de commerce, des partenaires institutionnels français et des entreprises pour la promotion de nos intérêts et la défense de nos emplois en France. Il s’agit de faire valoir l’excellence de la France dans toute une série de secteurs et de filières bien identifiés. A New York, je pense au luxe, à l’art de vivre, au tourisme, mais aussi aux hautes technologies, à l’aéronautique, à l’environnement. Il me reviendra donc de contribuer à leur donner le plus de rayonnement et de visibilité possible. Bien entendu, le consul général de France à New York a un rôle d’animation de la communauté française et doit tâcher d’être au plus près des attentes de nos compatriotes et de rendre les services consulaires qui leur sont dus.

Quels sont les projets en cours sur le plan culturel ?

Nous travaillons très étroitement avec les services culturels de l’ambassade qui œuvrent au lancement d’un important projet de librairie française, un outil remarquable au profit de nos amis américains qui y trouveront un puits de connaissance sur la France et qui sera bien sûr aussi ouvert à tous nos compatriotes.

Le niveau de financement du consulat changera-t-il en 2013 ?

Le consulat de France à New York est l’un des grands consulats de notre dispositif diplomatique. Il bénéficie aujourd’hui de financements qui lui permettent de conduire sa mission dans les meilleures conditions. Nous cherchons, comme partout, les moyens de faire des économies, sans pour autant que cela se traduise par une réduction des service rendus à nos compatriotes.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related