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Le nucléaire au cœur de la politique mondiale

Jeudi, Nicolas Sarkozy prêtait main forte à son homologue américain concernant les sanctions contre Téhéran. Le président français, qui met en garde contre la menace du nucléaire iranien, veut toutefois "aider tous les pays à se doter de l’énergie nucléaire".

Le chef de l’État français, Nicolas Sarkozy, suscite des interrogations sur sa position face au nucléaire. Jeudi, il créait la surprise en proposant une coopération sur le nucléaire civil avec les pays arabo-musulmans. Aux côtés du leader mondial Areva dans le domaine de l’énergie atomique, le président entreprend de dynamiser ce secteur commercial à l’étranger en allant jusqu’à affirmer: "La France est prête à aider tout pays qui veut se doter de l’énergie nucléaire", devant la tribune de l’ONU, en septembre dernier. Convaincu que le nucléaire peut jouer dans un rôle fédérateur entre les États musulmans et les grandes puissances, à l’instar de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), prémisses à l’Union européenne, il a proposé une coopération sur le nucléaire civil en Algérie, après la Lybie et le Maroc. "Le partage du nucléaire civil sera l’un des fondements du pacte de confiance que l’Occident doit passer avec le monde musulman", affirmait-il jeudi à Constantine (est de l’Algérie). Cette déclaration n’est pas sans alerter certaines institutions européennes et notamment les autorités allemandes, bien déterminées à renoncer à ce type d’énergie. "Le risque de prolifération augmente avec chaque pays qui utilise l’énergie nucléaire", faisait remarquer le ministre délégué aux Affaires étrangères en Allemagne, après que la France a passé un accord avec la Lybie concernant un réacteur nucléaire destiné au dessalement d’eau de mer.

La prise de position du président français semble faire fi d’une certaine logique. Le même jour, il réaffirmait également vouloir durcir les sanctions à l’égard de l’Iran concernant ses activités nucléaires, considérées alors comme ayant un but militaire. En renfort à son homologue américain George W. Bush, Nicolas Sarkozy déclarait: "Le refus de l’Iran de se conformer [aux demandes de la communauté internationale en suspendant ses activités d’enrichissement] justifie une nouvelle résolution du Conseil de sécurité renforçant les sanctions". Cette prise de parole fait suite à l’appel, mercredi soir, du chef des États-Unis à Mr Sarkozy pour lui signaler les "éléments nouveaux" du rapport remis par les services de renseignements américains.

Ce document publié lundi, faisant état de l’arrêt du programme nucléaire militaire iranien depuis 2003, a soulevé une polémique auprès de la population américaine. Le président George W. Bush avait en effet affirmé que "le rapport ne changerait rien à sa politique" à l’égard de l’Iran, provoquant de vives réactions de contestation au sein de la population outre-Atlantique. Le New York Times publiait d’ailleurs jeudi matin le courrier de ses lecteurs, qui condamnent massivement l’éventualité d’une guerre avec l’Iran. "Je suis d’accord avec le Président Bush : tout ça est alarmant. Mais le plus alarmant, et la dernière chose que nous, le peuple américain, souhaitons, serait de se fourvoyer dans une autre guerre désastreuse, basée sur des mensonges flagrants, une rhétorique pompeuse, un battage publicitaire désespéré et des services de renseignements qui publient des rapports faussés [en référence au rapport sur les armes de destruction massive en Irak, qui avait conduit à la guerre, et s’était avéré faux, entraînant la démission du directeur de la CIA, ndlr]. Le Congrès se doit d’intervenir rapidement ; nous avons déjà perdu trop d’hommes et de femmes dans cette machine de guerre ».

Article du New York Times : http://www.nytimes.com/2007/12/06/opinion/l06iran.html?_r=1&ref=opinion&pagewanted=print&oref=slogin

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