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Le pari américain des Plastiscines

Les Plastiscines sont françaises, elles sont quatre, elles ont 21 ans, et elles font du rock. Leur second album, entièrement produit aux États-Unis, marque un nouveau départ pour elles. Un producteur célèbre, une tournée dans tous les États-Unis, une participation à la série Gossip Girl : et si les Plastiscines réussissaient outre-Atlantique là où de nombreux groupes français ont échoué ?

Assises toutes les quatre sur le lit de leur chambre d’hôtel à Soho, les Plastiscines semblent heureuses de raconter leur drôle d’aventure américaine débutée il y a deux ans. « Marvin

Scott Jarrett, le rédacteur en chef de Nylon Magazine (ndlr, célèbre magazine féminin américain) nous a vues en couverture du journal Citizen K et s’est demandé : « Qui sont ces filles ? ». Il nous a contactées et nous a invitées à jouer pour la fête de son magazine à New York. » La collaboration aurait pu s’arrêter là, mais Marvin Scott Jarrett a depuis décidé de créer son propre label, Nylon Records, avec en tête l’idée de faire signer les Plastiscines comme premier groupe. « C’était une évidence pour lui. On représentait la mode, le magazine parce qu’on est des filles, et le style de musique ». S’ensuit un envol vers Los Angeles pour enregistrer plusieurs chansons avec Butch Walker, producteur notamment d’Avril Lavigne, Katy Perry, et des Donnas, un girls-band américain. « C’était très risqué parce qu’à l’époque, on était encore chez Virgin. À part nos parents et trois potes à nous, personne ne savait qu’on partait pour les États-Unis. On a dû mentir à tout le monde pendant un mois, ce n’était pas facile », raconte Katty, la chanteuse du groupe.

Avec la sortie début août aux États-Unis de leur second album, About Love – il ne sera pas dans les bacs avant quelques semaines en France -, les quatre Françaises espèrent percer au pays du rock. « Les États-Unis sont vraiment prêts à recevoir notre musique, plus que la France. Les Américains sont beaucoup plus ouverts, moins aigris et sans a priori. » Elles regrettent toujours qu’en France, elles n’aient jamais été prises aux sérieux. Après la sortie de leur premier album, LP1 en 2007, leur style a toujours été assimilé au mouvement bébé rockeur, phénomène sous le feu des critiques retombé aussi vite qu’il était monté. Même si elles en sourient aujourd’hui, les Plastiscines semblent encore déçues que la France n’ait « pas pris la peine d’écouter leur musique. On ne passait jamais sur les radios. C’était soit trop rock, soit pas assez. Au début, les bébés rockeurs, c’était quelque chose de très positif. C’était juste des groupes d’adolescents de 18 ans qui jouaient de la musique et qui créaient. Qu’est ce qu’il y a de si compliqué à comprendre que des filles peuvent jouer de la guitare ? On était forcément aux yeux des gens des gosses de riches, c’est n’importe quoi. » Malgré cette déception, elles ont encore l’envie d’essayer de « convaincre à nouveau le public français », en espérant que leur percée aux États-Unis pourrait leur donner la crédibilité qui leur faisait défaut dans leur pays natal. Avec un deuxième album moins garage, plus produit et soigné, les Plastiscines aspirent à être enfin prises au sérieux. Leur musique a en tout cas déjà tapé dans l’œil des producteurs de la série à succès Gossip Girl. Elles tourneront la semaine prochaine dans un épisode où elles devraient jouer un morceau. Un énorme coup de pub pour les quatre Françaises quand on sait que les groupes new-yorkais MGMT et The Virgins se sont fait connaître du grand public grâce à leur participation à la bande originale de la série.

 

Leur deuxième album About love, et le single Barcelona sont déjà disponibles dans les bacs aux États-Unis, et en téléchargement légal sur la plate-forme I-tunes.

Les Plastiscines seront en concert vendredi 18 septembre au Viper Room à Los Angeles.

 

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