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Le petit Enis retrouvé grâce au plan «Alerte- Enlèvement»




Publié le vendredi 17 août 2007 


 


L’enlèvement mercredi à Roubaix du petit Enis, 5 ans, a activé le plan «Alerte Enlèvement», un dispositif qui informe massivement et immédiatement la population selon le modèle américain «Amber Alert». Ce système, basé sur la participation des citoyens aura permis de retrouver l’enfant moins d’une journée après sa disparition.


 


Il est environ 14h30 lorsque le père d’Enis avertit la police de la disparition de son fils. Selon le témoignage des habitants de Roubaix, l’enfant aurait été aperçu pour la dernière fois aux alentours d’une braderie, « à côté d’un homme inconnu ». Les témoins rapportent qu’Enis tenait la main de l’étranger, confiant. Ces déclarations, ainsi que le signalement de la disparition ont permis d’enclancher, à 20h45 le même jour, le dispositif spécial «Alerte Enlèvement» mis en place depuis février 2006.


 


Cette mesure exceptionnelle, directement inspirée du système « Amber Alert » créé aux États-Unis en 1996 à la suite du kidnapping et du meutre de la petite Amber, 9 ans, au Texas, permet de solliciter la participation des civils pour la recherche d’un enfant disparu.


Son adaptation française impose aux médias ayant signé la convention (presse, radio, télévision) ainsi que les sociétés de transports (SNCF, RATP, réseaux autoroutiers) et les associations de victimes, de diffuser immédiatement le maximum de messages d’information sur l’enfant,  les conditions de l’enlèvement et le ravisseur présumé. Ce système est basé sur une étude américaine datant de 1993 qui a démontré que la rapidité d’action dans ce genre de situation était décisive pour la survie de l’enfant. Les chiffres révèlent que sur 621 enlèvements d’enfants qui se sont terminés par un homicide, 44% étaient tués dans la première heure, 74% dans les 3 heures et 91% dans les 24 heures qui suivaient la disparition.



Pour que le dispositif soit actionné, certains critères doivent être rassemblés : « la victime doit être mineure », l’hypothèse de l’enlèvement doit être « avérée » (notamment par des témoignages), « la vie ou l’intégrité physique de l’enfant doit être en danger » et le procureur de la République doit posséder « des éléments d’informations dont la diffusion peut permettre de localiser l’enfant ou le suspect ».


 


Activé 4 fois depuis sa création il y a un an, l’Alerte Enlèvement a toujours permis de retrouver l’enfant vivant. Après les deux fillettes qui avaient finalement regagné spontanément leur foyer en juillet dernier, le garçon et sa soeur retrouvés sains et saufs  en janvier, et le bébé de 18 mois disparu et identifié quelques jours après le précédent rapt, la mobilisation médiatique a permis à la police demettre un terme aux recherches du petit Enis en moins de 24 heures.


 


Ainsi, le témoignage d’un chauffeur de taxi qui a conduit à deux reprises le principal suspect, une fois seul depuis son garage jusqu’à la braderie, puis, un peu plus tard de la braderie vers le garage, cette fois en compagnie de l’enfant, constitue un élément clé dans l’enquête. Après avoir entendu une annonce faite vers 22 heures à la radio, il fait aussitôt le rapprochement entre la description apportée par le média et son étrange course de l’après-midi : “J’ai trouvé un peu suspect qu’il soit avec un enfant parce qu’il m’avait dit qu’il vivait seul dans un garage de manière assez marginale“, raconte le chauffeur.


 


Son témoignage s’est révélé décisif pour permettre à la police de retrouver l’enfant en vie et d’appréhender le ravisseur vers minuit, soitquelques heures après la diffusion du premier message d’alerte.


 


Si le système « Alerte Enlèvement » s’avère efficace, l’affaire Enis met en évidence une autre défaillance : le suivi des délinquants sexuels. En effet, Francis E., le kidnappeur présumé de l’enfant, venait tout juste de purger une peine de 18 ans de réclusion criminelle pour le viol de deux garçons mineurs en 1989 et avait été condamné deux fois auparavant pour attentat à la pudeur sur mineurs, lorsqu’il a enlevé le garçon il y a quelques jours.


 


Cette nouvelle agression sexuelle a donc exposé au grand jour le besoin urgent d’examiner de nouvelles mesures judiciaires. Le chef de l’État,Nicolas Sarkozy a reconnu le manque « chronique » de moyens et réunira dès lundi tous les ministres concernés (Justice, Intérieur, Santé) pour étudier particulièrement les modèles étrangers contre la récidive.




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