Subscribe

Le point sur l’affaire de l’Arche de Zoé

Dans l’affaire de l’Arche de Zoé, de lourds soupçons pèsent sur les 19 personnes présumées coupables. Les autorités tchadiennes communiquent les premiers résultats de l’enquête qui confirment la thèse de l’enlèvement. Nicolas Sarkozy s’investit personnellement et appelle à la libération des journalistes et personnel aérien.

L’affaire de l’Arche de Zoé, qui a désormais pris une tournure politique avec l’implication de Nicolas Sarkozy, est suivie heure par heure par la presse et les autorités françaises. Révélé il y a une semaine, ce dossier sensible pourrait rallumer une lueur d’espoir pour certains. Selon les dernières informations, le président tchadien Idriss Deby aurait affirmé vouloir libérer les trois journalistes et les hôtesses de l’avion espagnol affrété pour le départ des 103 enfants, prenant conscience que ces personnes n’agissait pas en leur nom mais bien dans l’exercice de leur fonction. « C’est la justice tchadienne qui va se prononcer, mais le fait que le président tchadien parle de cette manière nous rend un peu plus optimistes. Il n’empêche que nous allons apporter les preuves de la qualité de journaliste de Marc » a déclaré Hervé Chabalier, le PDG de l’agence de presse audiovisuelle Capa, pour laquelle un des journalistes retenus travaillait avant son incarcération. La mobilisation des médias et la réaction de Nicolas Sarkozy a sans doute aidé à cette prise de conscience. Le chef de l’État a ainsi déclaré le 31 octobre être « investi personnellement dans l’affaire » et avoir « plaidé auprès du président du Tchad le fait que des gens étaient là aussi pour faire leur métier ». Le sort de cette dizaine de  détenus devrait être déterminé dans les prochains jours. Celui du reste des personnes inculpées – les membres de l’association, le pilote belge et les deux tchadiens accusés de « complicité d’enlèvement de mineurs »-  risque de connaître un dénouement plus difficile.

Les premiers résultats de l’enquête menée par les autorités tchadiennes avec le HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés), l’UNICEF et la Croix Rouge Internationale confirment les présomptions : la grande majorité des enfants aurait au moins « un parent ». Il ne s’agirait donc pas d’orphelins comme le laissaient pourtant entendre les responsables de l’Arche de Zoé. D’autre part, l’enquête  révèle que 85 enfants auraient grandi dans des villages situés à la zone frontalière du côté tchadien et non celui du Darfour. « Cela ne signifie pas que les enfants sont de nationalité tchadienne », modère toutefois le porte-parole à Abéché du (HCR), Annette Rehrl.

L’opération Children Rescue, organisée par l’Arche de Zoé, devait rapatrier 103 orphelins venant du Darfour, cette région du Soudan en proie à une guerre civile violente depuis 2003. Les ressortissants français encourent des peines de cinq à vingt ans de travaux forcés.   

Au cours d’un déjeuner avec les correspondants de presse français à New York, le représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, l’ambassadeur Jean-Maurice Ripert a rappelé la position française. « Elle est très claire : la France condamne cette opération. La Secrétaire d’État aux Droits de l’homme, Rama Yade, lorsqu’elle avait été informée de cette opération il y a plusieurs semaines,  avait prévenu les organisateurs de sa totale illégalité »,  rappelle le diplomate. Cet incident pourrait-il avoir une incidence sur le déploiement à la fin du mois de la force internationale demandée par le gouvernement tchadien pour rétablir le calme dans la région ? «  Bien sûr que non. Il s’agit semble-t-il d’un enlèvement,  c’est-à-dire d’une  affaire de droit commun. Pour le président (du Tchad) Idriss Deby – et il l’a réaffirmé à la France- rien n’est remis en cause. Mais bien sûr, on ne pourra pas empêcher des rebelles opposés à l’intervention de l‘ONU d’exploiter cette affaire ! » a encore dit Jean-Maurice Ripert.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related