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Le Sénat américain s’attaque avec réticence à la question du climat

Le Sénat américain va examiner mardi le projet de loi sur les gaz à effet de serre, lors d’une toute première séance de travail qui risque de se dérouler dans une atmosphère de réticence, voire de rejet, de la part de républicains et de démocrates modérés.

Après des auditions préliminaires la semaine dernière avec des membres de l’administration et des experts, 54 personnes au total, la commission présidée par la démocrate Barbara Boxer entrera dans le vif du sujet mardi à partir de 9 heures (14 heures GMT). Le texte de plus de 800 pages sera épluché et vraisemblablement amendé avant un premier vote des sénateurs dans les prochains jours.

Le plan, qui constitue un des grands projets politiques de l’administration du président Barack Obama, devra ensuite être examiné par d’autres commissions avant un vote final en séance plénière. Cela n’aura pas lieu avant les premiers mois de 2010.

Une éventuelle adoption du plan par la commission de l’Environnement avant la conférence internationale sur le climat de Copenhague en décembre est donc le seul résultat que l’administration puisse espérer du Sénat.

Mais l’opposition républicaine réclame un plan contenant davantage de dispositions pour développer l’énergie nucléaire. Les démocrates modérés, dont certains sont issus d’États dépendants du charbon ou du pétrole, se sont montrés plutôt tièdes, et même froids pour certains.

En effet, les sept membres républicains de la commission de l’Environnement, derrière le sénateur James Inhofe, réclament une « analyse économique complète » de l’Agence américaine de l’Environnement (EPA), avant d’accepter de participer à la séance de travail sur le projet de loi. Ils réclament également une opinion de la part du Bureau du budget du Congrès (CBO) sur le coût du plan. M. Inhofe avait déclaré la semaine dernière que le projet de loi est un « impôt sur l’énergie qui détruira des emplois ».

Dans un communiqué lundi, Mme Boxer a appelé les républicains à revenir travailler avec la majorité. « Nous nous réjouissons de travailler avec eux s’ils décident de revenir, mais si ce n’est pas le cas, nous progresserons quand même », a-t-elle prévenu.

Du côté des démocrates du Sénat, le consensus est encore loin et les 60 voix sur 100 dont dispose la majorité, et qui sont nécessaires à l’adoption du projet de loi, ne sont pas acquises.

Ainsi, le sénateur démocrate centriste Ben Nelson, qui ne siège pas à la commission de l’Environnement, a exprimé des inquiétudes vendredi sur la chaîne CNBC quant à l’impact du plan sur le coût de l’énergie : « au bout du compte les gens qui tourneront un interrupteur seront pénalisés, l’électricité va coûter plus cher ».

Pour sa part, le sénateur démocrate John Kerry, le principal auteur du texte, tente de forger un compromis avec l’opposition, via le sénateur Lindsey Graham, ardent partisan de nouvelles mesures en faveur du nucléaire.

Les démocrates ont inséré un chapitre nucléaire dans le projet de loi, mais il est insuffisant pour les républicains, qui réclament, à l’instar du sénateur Graham, une « renaissance nucléaire » des États-Unis.

MM. Graham et Kerry doivent rencontrer cette semaine le secrétaire américain à l’Énergie Steven Chu et la conseillère de M. Obama pour le climat, Carol Browner.

Le projet de loi du Sénat, légèrement plus ambitieux que celui voté à la Chambre des représentants en juin, affiche un objectif de réduction des gaz à effets de serre de 20 % contre 17 % pour la Chambre. Les deux plans instaureraient un système de marché de droits d’émission (cap and trade).

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