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Le Taste of France, une vitrine de la gastronomie régionale sur l’Hudson River

Au bord de l’Hudson River, le Taste of France continue jusqu’à 18h ce dimanche. Samedi, Laurent Fabius a inauguré la première édition de ce salon, dédié aux spécialités régionales françaises, créé par Enrique Gonzalez, un expatrié français à New York.

Le Taste of France, c’est le pari un peu fou d’un Français qui voulait faire connaître la gastronomie des régions de l’Hexagone aux New-Yorkais. A 36 ans, Enrique Gonzalez, le fondateur des French Culture Nights, a réussi à rassembler samedi et dimanche sur le Pier 54, une trentaine de chefs des Maîtres-cuisiniers de France et de l’Académie culinaire, tous compatriotes expatriés aux Etats-Unis.

Ariane Daguin, porte-parole auprès du ministre

C’est à Ariane Daguin, la reine du foie gras sur la côte est, qu’il doit la venue de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères. Connue pour son franc-parler avec l’accent du sud-ouest, elle avait interpellé le politique, mardi, lors d’un déjeuner de presse dans un restaurant français de Manhattan, pour l’inviter à venir au salon. “Il m’a dit que cela tombait bien puisqu’il était là aussi pour faire de la diplomatie économique en plus d’assister  à l’Assemblée générale des Nations Unies”, explique la femme d’affaires qui n’a pas hésité à “donner naissance à un foie gras” sur la scène des démonstrations, sans gants et avec une cinquantaine de paires d’yeux rivés sur ses prouesses.

Avec une heure de retard, et aux côtés de François Delattre et Bertrand Lortholary, respectivement ambassadeur de France aux Etats-Unis et nouveau consul de France à New York, le locataire du Quai d’Orsay et son épouse ont fait leur entrée sur le Pier 54, samedi en milieu de journée. Se prêtant au jeu des dégustations, le ministre a tenu également à affirmer que le gouvernement soutiendrait cette initiative pour la deuxième édition. ‘Il est très important que l’on ait des manifestations comme cela. C’est une manière extraordinaire de mettre en avant le rayonnement de la France. Les gens qui ont lancé cela sont des gens formidables. Pour l’année prochaine, on va donner un coup de main. J’ai dit à notre ambassadeur qu’il faudrait, à partir de cette réussite, s’y impliquer de plus en plus’, a-t-il affirmé entre le saucisson et les macarons.

Laurent Fabius défend le foie gras en terre américaine

Un soutien oral au dernier moment qui ressemble aussi un peu à un pied de nez au projet de l’ancien secrétaire d’Etat au commerce extérieur et candidat à l’élection législative des Français de l’étranger dans la première circonscription. Au début de sa campagne, en février dernier, Frédéric Lefebvre avait en effet annoncé son intention de créer Rendez-vous en France, un salon dédié à l’art de vivre à la française qui devait prendre place au cœur de Manhattan. Mais depuis l’élection de François Hollande et sa défaite contre la nouvelle députée socialiste Corinne Narassiguin en juin dernier, l’événement avait été annulé pour cette année, officiellement repoussé pour 2013.

Balayant toute tentative de récupération politique, le ministre s’est aussi exprimé sur la défense de certains des mets du patrimoine francophone en terre américaine. “Les Etats-Unis disent beaucoup qu’il ne faut pas être protectionniste. Ils ont raison. Mais si on ne doit pas être protectionniste, alors que le foie gras, qui est un produit de grande qualité, puisse être consommé. Contrairement à ce que l’on dit, il n’y a pas d’aspect négatif sur les animaux.” Laurent Fabius s’est également prononcé sur la polémique actuelle concernant la volonté des vignerons américains de vendre leurs vins sous l’appellation de “château”. “Il faut que les appellations soient contrôlées. On sait que les châteaux sont de base française et il n’y a pas de raison que l’on puisse pratiquer une espèce de contrefaçon.” Un avis partagé par le reste du cortège diplomatique qui, après le départ du ministre, s’est même offert une pause dégustation avec des “Mariannes”, la monnaie créée pour le Taste of France Show.

Plus de 3 000 entrées pour la journée du samedi

Dans les stands, les chefs eux aussi étaient ravis. Avec un restaurant à San Francisco et un autre à New York, le chef gersois Laurent Manrique saluait l’initiative. “Un événement comme celui-ci est vraiment indispensable, notamment avec ce qui se passe aujourd’hui dans le monde de la gastronomie. Si la France ne se réveille pas, on va oublier les classiques de la gastronomie régionale qui fait la spécialité de notre pays.” Organisés selon leur région d’origine, les toques blanches avaient tous joué le jeu, préparant une recette de chez eux. Une signalétique permettait ainsi aux visiteurs de situer sur une carte de l’Hexagone le plat qu’ils dégustaient en fonction. “On connaît la diversité de la gastronomie française, mais on ne connaît pas quelles en sont les spécialités régionales. Là, on voyage vraiment”, se réjouissait hier après-midi Justine Santa Cruz et Andre de la Cruz, un couple de foodies venu de Washington D.C.

“C’est une grande satisfaction d’avoir eu la visite des officiels. J’espère que le soutien promis sera là l’année prochaine pour faire de cet événement une belle vitrine de la France”, confiait Enrique Gonzalez, le créateur du Taste of France. “Pour le premier jour, déjà, plus de 80% de nos visiteurs étaient des Américains, pour moi l’objectif est atteint”. A la fermeture du show samedi soir aux alentours de minuit, – après le concert d’Emilie Simon auquel était venu assister Kyan Khojandi le créateur et acteur de “Bref”, la série à succès de Canal + l’année dernière -, déjà 3 000 places avaient été vendues. Une façon de faire taire les mauvaises langues et de régaler les gourmands.

Pour plus d’informations :

Le Taste of France est ouvert jusqu’à ce soir 18h sur le Pier 54, au bord du Hudson River dans le Meatpacking District. Entrée : 30 dollars.

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