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Les bons plans pour scolariser vos enfants en français aux États-Unis

Pour les familles françaises ou américaines francophiles qui font scolariser leurs enfants dans les écoles publiques américaines – que ce soit à cause de l’absence d’un établissement privé franco-américain à proximité ou à cause de leur coût parfois très élevé – il existe des solutions pour s’assurer qu’un lien avec le français soit maintenu dans un cadre scolaire. France-Amérique fait le tour d’horizon de ces initiatives. Retrouvez le prochain guide de l’éducation dans l’édition de mars du magazine France-Amérique.

Le choix du privé

De New York à Los Angeles en passant par Miami, Chicago ou San Francisco, de nombreuses écoles privées proposent des cursus complets homologués par l’Éducation nationale. Leur programme est reconnu par le ministère français, ce qui leur permet de délivrer les diplômes français (baccalauréat, brevet). Les élèves qui suivent ce type de programme peuvent ainsi poursuivre des études en France, aux États-Unis ou tenter l’aventure à l’étranger. Cette année, ces écoles ont obtenu un taux de réussite de 99 % au baccalauréat.

Les cours après l’école

Les after-school sont des « cours du soir » dispensés en dehors des créneaux scolaires. Ce programme est géré par des parents bénévoles qui recrutent des professeurs. Généralement, ces cours sont payants, dispensés dans les locaux d’écoles publiques et ouverts à tous.

Ces after-school répondent aux critères du programme FLAM (Français Langue Maternelle), un programme de consolidation du français en tant que langue maternelle. Il a été créé en 2001 par la Direction générale de la Coopération internationale et du développement du ministère français des Affaires étrangères.

L’objectif premier du programme FLAM est de permettre à des enfants français ou binationaux, dont les parents sont établis dans un pays étranger non francophone et qui sont scolarisés dans des établissements publics, de conserver la pratique de la langue française et le contact avec la culture de leur pays d’origine. Dès 5 ans, ces enfants peuvent suivre des programmes spécifiques en dehors de l’école, des cours de langue et autres activités culturelles organisées pour des groupes de dix élèves au minimum, à partir de la grande section de maternelle. Cette initiative est subventionnée par l’État français dans le monde et reverse des aides à toutes les associations réunissant ces critères.

L’EFNY, Éducation Française de New York, a été la première association de ce type à se constituer aux États-Unis en 2005. Christophe Monier, trésorier de l’association tient à préciser que « l’association n’est nullement une école. Nous proposons aux parents qui le désirent un maximum de choix pour que leur enfant suive un programme en langue française ».

Quatre ans après sa création, EFNY a permis de créer 9 programmes de type after-school répartis sur l’ensemble de la ville. Cet exemple a servi de modèle à d’autres associations aux États-Unis.

EFBA, Éducation Française de la Bay Area compte 360 enfants et 9 after-school dans les villes de la baie de San Francisco. Sa présidente, Gabrielle Durana, a souhaité « créer le même système d’after-school dans la baie de San Francisco où 40 000 Français vivent. La grande majorité des enfants d’émigrés français vont à l’école publique américaine. Il y avait donc un fort besoin pour garder le contact avec la langue et la culture maternelles. »

EFGB, de Boston, propose aussi ces programmes selon plusieurs niveaux : les tout-petits, les débutants, les intermédiaires et les confirmés.

L’heure et le lieu de ces cours dépendent du niveau dans lequel l’enfant est inscrit.

À Miami, l’EFF propose des cours de français dans les locaux de la Montessori Academy At St Johns, mais également au Miami Children Museum.

Ces cours ont lieu deux fois par semaine. Dans le second cas, des cours du samedi pour les enfants francophones sont également proposés. 250 élèves suivent des after-school sur Miami Beach.

Le succès des associations de type FLAM est grandissant aux États-Unis. Et d’autres de même type cherchent à se mettre en place, dont une association pour le Midwest dans la région de Chicago.

Plongée en immersion

C’est une des solutions les plus efficaces pour qu’un enfant bénéficie d’un apprentissage en français. De nombreuses écoles à travers les EÉats-Unis proposent des classes d’immersion. Un exemple : l’Utah a ouvert 5 classes en septembre dernier et accueille trois professeurs de l’Éducation nationale. Les services culturels de l’ambassade de France sont très impliqués dans ce programme et apportent un soutien logistique aux écoles qui offrent une plongée en immersion française à leurs élèves. Catherine Pétillon, attachée de coopération éducative à l’ambassade de France à Washington, explique que l’engagement de la France se chiffre entre 5 000 et 10 000 dollars par école. L’année dernière, le budget pour les classes bilingues publiques tournait autour des 100 000 dollars pour les services culturels qui fournissent des livres scolaires, mais invitent également les professeurs du programme pour un stage de 3 semaines en France chaque été. En moyenne, une douzaine de professeurs partent chaque année à Strasbourg.

Des groupes de parents comme EFNY à New York sont souvent à l’origine de ces programmes bilingues, mais ces derniers sont ouverts et gérés par les écoles individuelles. Comme le précise Catherine Pétillon, il s’agit de « programmes américains en français ». L’attachée de coopération éducative a recensé près d’une centaine de programmes d’immersion à travers les États-Unis et précise qu’il y en encore d’autres.

Le principe de ces classes varie : selon le modèle en vigueur à New York,la moitié des enfants présents est francophone mais pas nécessairement française, l’autre est anglophone. Les cours sont dispensés en deux langues : l’anglais et le français, et les élèves suivent le programme établi par le département de l’éducation américain. D’autres écoles favorisent un enseignement intégralement prodigué en français.

À New York, il existe sept écoles publiques qui développent ce projet de classe bilingue dont PS58 à Brooklyn, PS125 à Harlem, PS84 dans l’Upper West Side et PS151 dans le Queens. En 2008, deux mères de famille, Virginie Le Lan et Hélène Bidaux ont réussi à convaincre le directeur de l’école PS151 du Queens de créer ce type de classe dans son établissement.

« Il existait déjà plusieurs classes d’immersion à New York, mais pas dans le Queens. Avec Helène, nous avons démarché plusieurs écoles du Queens. Ce n’est pas toujours évident de convaincre les directeurs d’école du bien-fondé et de l’utilité de ce type de programme. Notre projet a été très bien accueilli à PS151. L’ouverture de cette classe d’immersion dans le quartier d’Astoria est un bel aboutissement », déclare Virginie Le Lan. Pour mettre en œuvre ce type de classe, il faut au préalable convaincre les directeurs d’écoles américaines de l’utilité de telles classes pour les petits Américains ainsi que pour les francophones.

À La Nouvelle-Orléans, des classes d’immersion sont aussi proposées mais la Louisiane jouit d’un statut particulier aux États-Unis. Chicago et Miami ont des programmes bilingues. À Chicago, l’École Franco-Américaine de Chicago (EFAC) se distingue par sa situation unique au sein de deux écoles publiques américaines : Abraham Lincoln Elementary School (de la grande section jusqu’a la 4e) et Lincoln Park High School (de la 3e jusqu’en terminale).

L’EFAC est une association à but non lucratif composée de parents d’élèves des écoles Abraham Lincoln Elementary et Lincoln Park High School. Elle accueille des élèves inscrits dans ces écoles américaines. Les élèves sont de milieu francophone ou ont été préalablement scolarisés dans des écoles françaises. L’EFAC propose ainsi une éducation linguistique, académique et culturelle profondément ancrée dans le système éducatif français et américain.

À Abraham Lincoln School, l’EFAC offre un programme homologué jusqu’en CM2. Les élèves étudient toutes les matières en français, sauf les sciences, qui sont uniquement enseignées en anglais. De la 6e à la 4e, les élèves suivent le programme dans deux matières, basées sur le CNED (Centre National d’Examen à Distance) : français et histoire-géographie.

À Lincoln Park High School, l’EFAC offre uniquement la matière du français toujours à partir du CNED. Les élèves se préparent ainsi à présenter les épreuves anticipées du baccalauréat français et du baccalauréat international de Genève aussi bien que les examens américains AP et SAT.

L’EFAC est affiliée à l’Agence pour l’Enseignement du Français à l’Étranger (AEFE) et également membre de l’Association des Écoles Françaises d’Amérique du Nord (AFSA) et de la Mission Laïque Française (MLF).

Le conseil de gestion est composé de parents bénévoles élus tous les deux ans. La directrice, ainsi que les représentants du consulat de France et des deux écoles américaines, participent aux réunions mensuelles. Le conseil établit les budgets, fixe les grandes orientations et veille au suivi pédagogique des cours.

À Miami, l’ISB, International School of Broward, école publique, propose un enseignement de la classe de 6e à la classe de première. En 2010, une classe de terminale sera proposée. L’établissement prépare au bac franco-américain. L’école qui n’est pas encore homologuée par l’Éducation nationale espère l’être en cours d’année. L’autre lycée public, l’International Studies Charter High School, prépare au bac franco-américain pour l’année prochaine. Il propose le bac français section ES depuis deux ans.

On retrouve également des programmes bilingues soutenus par les Services culturels de l’ambassade de France à St. Louis et Kansas City, dans le Missouri, en Caroline du Sud, dans le Maryland, à Washington, dans le Minnesota ou encore à Columbus, Ohio.

Les cours par correspondance

Depuis de très nombreuses années, le CNED propose des cours à distance pour les élèves qui ne peuvent bénéficier de la présence d’un établissement scolaire homologué dans leur pays de résidence.

Le CNED signe des conventions avec les établissements français de l’AEFE et de la MLF en vue de proposer des compléments d’enseignement aux élèves qui ne trouveraient pas certaines options.

Avec le soutien des services culturels des ambassades, le CNED a développé une nouvelle politique contractuelle avec des partenaires. L’objectif de cette démarche est d’agréer des structures scolaires étrangères utilisant les supports et la méthode pédagogique du CNED (Voir l’EFAC Chicago).

L’offre du CNED est diverse et peut répondre à plusieurs attentes.

Premier cas de figure : les parents veulent que leur enfant suive le programme français et uniquement français, sans être scolarisé dans une école aux États-Unis. Plusieurs conditions sont nécessaires car il s’agit d’une inscription réglementée. Le conseiller culturel du consulat doit donner son autorisation pour qu’un enfant suive ce programme. Il faut également que l’enfant ait déjà été inscrit dans une école en France.

Cet enseignement est reconnu et homologué par l’Éducation nationale. L’enfant pourra donc retrouver le chemin de l’école s’il revient en France. Cet enseignement est encadré par des professeurs qui valident les acquis. Pour les classes de la grande section de maternelle jusqu’au CM2, l’enseignement annuel coûte 108 euros.

Deuxième cas de figure : l’enfant est scolarisé dans une école américaine et les parents veulent qu’il puisse bénéficier du programme français. Le CNED propose également un « enseignement à la carte », avec une ou plusieurs matières au choix. Il se fait sous le contrôle de professeurs avec des tests. Toutefois l’enfant ne pourra pas voir son niveau et ses acquis certifiés par l’Éducation nationale. Concrètement, un enfant qui suit uniquement des cours de français pour un niveau de CM1, n’est pas assuré de rentrer dans une classe de CM2.

Ces cours à la carte coûtent entre 160 et 210 euros la première matière pour un enseignement de grande section de maternelle jusqu’au lycée. Ce tarif est dégressif pour l’ajout d’une autre matière en complément de la première.

Depuis le 15 septembre, l’Académie en ligne propose des cours gratuits, illimités et accessibles partout dans le monde grâce à son portail. Les matières concernent les niveaux de CP jusqu’à la terminale.

Cette académie en ligne s’annonce comme une grande avancée pour les expatriés français qui pourront bénéficier d’exercices du programme français. Toutefois, le mode d’apprentissage est moins perfectionné qu’au CNED. Il s’agit d’exercices auto-correctifs sans support de cours et correction de professeurs de l’Éducation nationale.

Sites Internet

www.programme-flam.fr
www.efba.us (San Francisco)
www.efny.net/fr/programmes.php (New York)
www.french4kidsmiami.org (Miami)
www.frenchschoolatlanta.org (Atlanta)
www.efgboston.org (Boston)
www.francophonieny.org/Societies/Bergen_Academie.htm (New Jersey)
www.efgseattle.org (Seattle)
www.cned.fr

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