Subscribe

Les codes sociaux

On a souvent tendance à penser que les Américains ont une attitude décontractée et ouverte. C’est tout à fait approprié et dans de nombreux domaines. Toutefois, il ne s’agit pas du fruit du hasard, les Américains portent une attention toute particulière aux relations humaines. Dans ce registre, ils ont développé une approche qui leur est spécifique, souvent jugée par nous, Français, comme superficielle, et pourtant très étudiée et efficace.

Les Américains ont une culture du relationnel très développée. Ils feront en sorte que leurs relations quotidiennes soient cordiales. Ainsi, il est d’usage de saluer ses voisins et d’échanger quelques phrases. Il n’est pas rare que des personnes dans la rue vous demandent comment vous allez ou vous souhaitent une bonne journée. Lorsqu’un piéton veut traverser, vous vous arrêtez, non pas au dernier moment mais suffisamment en avance pour ne pas l’effrayer. Le piéton traverse et vous remerciera de la main, par un signe de la tête ou par un sourire. Bien entendu, il existe de nombreuses nuances, ainsi les New-Yorkais sont réputés pour être plutôt impolis alors que les habitants des Etats du sud le sont pour être plutôt accueillants. Vous pourriez faire exactement la même remarque concernant la France, entre les Parisiens et les habitants de la côte méditerranéenne.

Des relations informelles et personnalisées

L’usage des prénoms est très commun aux Etats-Unis, la communication est bien plus directe et tente d’être plus personnelle. Il n’existe pas dans la vie courante de distance comme en France où l’on s’adresse aux autres par Monsieur ou Madame suivi du nom de famille. D’ailleurs le “vous” n’existe pas en anglais. N’en soyez pas étonné ni offusqué, c’est une manière de se montrer plus abordable et cela ne doit en aucun cas être considéré comme une familiarité ni un manque de respect. Il est très commun par exemple lorsque vous parlez pour la première fois au téléphone avec une personne qu’elle utilise votre prénom plutôt que votre nom de famille. Dans bien des cas l’opérateur vous en demandera au préalable la permission. Les Américains ont cette capacité incroyable de se rappeler les prénoms de leurs interlocuteurs. Ainsi, ne soyez pas surpris si, lors de votre première rencontre ils vous font répéter votre prénom et nom de famille et le prononcent éventuellement eux-mêmes afin de s’assurer qu’ils le prononcent correctement. Faites de même, mémorisez leurs noms et surtout leurs prénoms, car lors de votre deuxième rencontre, ils vous accueilleront en prononçant parfaitement vos nom et prénom (selon le type de relations professionnelles que vous aurez). Le plus étonnant est que plusieurs mois (voire années) après, s’ils vous croisent dans la rue, ils vous appelleront par votre prénom ! C’est une manière de personnaliser les relations et surtout de montrer que vous êtes important, c’est une des facettes de la culture relationnelle américaine. Vous n’êtes pas amis pour autant, mais cela permet de réduire les distances conventionnelles jugées dans bien des cas inutiles aux Etats-Unis.

L’esprit d’équipe

Les Américains font beaucoup d’efforts pour que vous appreniez à les connaître et n’hésitent pas à mêler vie privée et vie professionnelle. Ainsi, ils assistent en famille à des réunions dites de “team building”, tel un barbecue organisé par leur entreprise. Cela ne veut pas dire pour autant que vous entrez dans leur intimité dont les contours sont définis différemment de chaque côté de l’Atlantique. Le relationnel est important aux Etats-Unis, de nombreux sociologues vous expliqueront que vous devez vous considérer comme un produit dont il va falloir faire la promotion. En d’autres termes, présentez-vous sous votre meilleur profil afin que votre entourage ait envie de vous aider ou de vous proposer de nouvelles opportunités. On se dépasse plus aisément pour une personne qui nous est sympathique !

L’art d’aller de l’avant et de cultiver son réseau

Aux Etats-Unis, bien plus qu’en France, les situations peuvent basculer en quelques jours. Ainsi les Américains ont développé un certain flegme et surtout une attitude très ouverte sur les événements et situations. Cela peut surprendre lorsqu’on vient de France, mais il convient de considérer le contexte. L’approche est pragmatique, si une région n’offre plus suffisamment d’emplois, des mouvements migratoires vont très vite s’organiser vers des bassins d’emploi plus actifs. Ce constant réajustement fait des Américains des citoyens très mobiles et surtout très orientés vers l’avenir. Les pages sont tournées assez vite, l’énergie est concentrée vers le futur et l’amélioration des situations. Il n’y a pas, comme en France, une défense des acquis ou une certaine nostalgie du passé. De toutes les manières, les amortisseurs sociaux (allocation chômage, etc.) étant très limités, l’avenir est la seule issue car “nécessité fait loi”. Aux Etats-Unis, l’avenir est quelque chose qui se bâtit, entre autres, avec ses relations actuelles et futures. Cette ouverture prend différentes formes, mais l’une des plus connues est le réseau (“network”), dont l’idée centrale est de regrouper des personnes partageant un point commun, afin de pouvoir plus facilement entrer en contact et créer de nouvelles relations amicales ou professionnelles.

Dressed for success

Les apparences sont importantes aux Etats-Unis car elles reflètent (ou sont supposées refléter) votre état d’esprit. Ainsi par exemple, les Américains disent que l’on s’habille pour l’emploi que l’on souhaite (“dress for the job”). En d’autres termes, si vous souhaitez être cadre dirigeant, habillez-vous et agissez comme tel, car la perception de votre personne par votre entourage doit correspondre à votre ambition. Par exemple, dans le cadre d’une start-up, si vous présentez votre projet à un investisseur, soyez habillé de manière formelle (par exemple : costume/cravate pour un homme) et ayez également une communication volontaire et ferme sans pour autant être arrogante. Sachant que la décision d’investir portera tant sur la qualité du projet que sur les personnes qui le proposent, l’apparence et l’image projetée de soi-même sont très importantes.

Extraits de S’expatrier et vivre aux Etats-Unis, Editions Afnor, avril 2013

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *