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Les découpages de Matisse au MoMA de New York

Le 12 octobre s’ouvre une rétrospective monumentale du peintre français Henri Matisse, The Cut-Outs – “découpages” en français – au MoMA de New York. L’exposition se concentre sur les travaux réalisés par Matisse à la fin de sa vie, des formes taillées dans la couleur et épinglées librement sur la toile.

Jamais une exposition aussi importante ne lui avait été consacrée à New York. Les commissaires d’exposition Jodi Hauptman et Karl Buchberg désiraient monter une rétrospective autour des découpages de Matisse, effectués entre 1930 et la fin de sa vie, 1954. Ils n’avaient pas été exposés au MoMA depuis 1961. L’idée leur est venue alors que se posait la question de la conservation d’une œuvre en papiers découpés détenue par le musée depuis 1975, La piscine.

Ces  immenses “toiles” ont décoré comme du papier peint les murs d’un Matisse affaibli par le cancer, en chaise roulante, qui ne supportait pas de rester au soleil. “Je vais construire ma propre piscine” s’était-il écrié. De grandes formes bleu rappelant la mer et l’humain couvraient un fond clair, et tapissaient toute une pièce. L’œuvre, fragile, était restée cachée du public pendant 20 ans. Elle est considérée par les deux experts comme “l’apogée” du travail de la feuille de papier par Matisse.

Tout a commencé dans les années 1930, à échelle réduite. Matisse illustrait à l’époque des couvertures de magazine : The Verve, Jazz, Les cahiers d’art. Des travaux dont les sujets étaient souvent la danse, le mouvement. Le médium de la feuille provoqua un déclic chez l’artiste. Toutes ces années, il avait essayé de faire fusionner la ligne et la couleur, sans succès. En découpant directement dans la couleur, la fusion était immédiate. Une nouvelle forme d’art était née.

Matisse faisait peindre à ses assistantes des feuilles de couleur. Il sélectionnait celles qu’il aimait, pour y découper toutes sortes de formes : des algues, des cœurs, des formes humaines, des carrés. Il indiquait à ses assistantes où les placer, à l’aide d’épingles. Ce système laissait beaucoup de liberté à l’artiste. “Ce qui pouvait être épinglé pouvait être désépinglé. C’est bête à dire comme cela, mais cela modifie tout le procédé créatif. Les formes pouvaient bouger d’un mur à l’autre, d’une œuvre à l’autre, d’un studio à l’autre “, explique Jodi Hauptman. “Le procédé illustre l’économie de moyens chère à Matisse, il réduit la forme à l’essentiel, et peu à peu sa palette de couleurs, comme avec les nus bleus“.

Matisse ne s’est pas arrêté au papier. Il a créé les vitraux de la chapelle du Rosaire de Vence, ville où il possédait un studio. La maquette avait été réalisée grâce à la méthode du découpage, mais le résultat diffère, altéré par la lumière qui transforme la couleur de la vitre. Il a également réalisé une fresque murale pour le musée Barnes à Philadelphie, dont la maquette a été créée à l’aide de cette méthode.

Plus d’une centaine d’œuvres sont montrées au MoMA. L’exposition présentée à New York jusqu’au 8 février 2015 s’est tenue précédemment au Tate Museum de Londres. Elle a attiré le nombre record de 560 000 visiteurs. Vu son succès à Londres, le MoMA a pris quelques précautions. Les tickets vendus sont disponibles en ligne pour une date unique.

Informations pratiques : à partir du 12 octobre 2014 jusqu’au 8 février 2015.  Tarifs : général $25, seniors $18, étudiants $14. Adresse : 11 W. 53 Street, New York, NY 10019-5497. Site web : www.moma.org

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