Subscribe

Les dirigeants sud-américains au secours d’Ingrid Betancourt

L’intronisation à la présidence de l’Argentine de Cristina Kirchner fournit au premier mininstre français François Fillon l’occasion d’une mobilisation en faveur des otages des Farc.

Ingrid Betancourt et ses compagnons d’infortune détenus par les Farc, les Forces armées révolutionnaires colombiennes, se sont invités à l’intronisation de Cristina Kirchner, aujourd’hui, à la présidence de l’Argentine. Des représentants des principaux acteurs du drame, à part bien entendu la guérilla, seront présents à Buenos Aires: la Colombie, la France, le Venezuela, le Brésil et des membres de la famille Betancourt. Et en marge des cérémonies d’investiture, le premier ministre français, François Fillon, multipliera les rencontres bilatérales avec des chefs d’État sud-américains. Dès son arrivée dans la capitale Argentine samedi matin, François Fillon a affirmé qu’il s’agissait "d’une question de vie ou de mort. C’est un appel à une libération immédiate… Personne ne peut porter la responsabilité de sa disparition".

Vendredi, la lettre de Nicolas Sarkozy au président Kirchner a fait la une des journaux argentins. Il y demandait son "appui" pour favoriser la libération d’Ingrid Betancourt. "Pour atteindre mon objectif, j’ai l’appui de tous les Français. J’ai aussi besoin du vôtre. Je vous en serai, comme tous mes compatriotes, à jamais reconnaissant." Plusieurs chefs d’État sud-américains ont d’ores et déjà exprimé leur soutien à la démarche du président français. "Vous pouvez compter, Monsieur le président, sur le soutien de mon gouvernement et de celui de l’ensemble des Péruviens" , a assuré le président Alan Garcia dans une lettre adressée à Nicolas Sarkozy samedi. De son côté, après avoir reçu un appel au secours de la mère d’Ingrid Betancourt, le président brésilien, Luis Ignacio Lula da Silva, a fait savoir qu’il évoquerait le sujet avec son homologue colombien aujourd’hui au cours d’une réunion bilatérale.

Dimanche, le premier ministre François Fillon a rencontré en début d’après-midi la mère d’Ingrid Betancourt, Yolanda Pulecio, invitée à Buenos Aires par la nouvelle présidente, Cristina Kirchner. Les deux femmes s’étaient déjà rencontrées en mai dernier à la résidence du président argentin.

Lunid, François Fillon a rendez-vous avec la nouvelle présidente argentine, mais aussi avec les chefs d’État bolivien, Evo Morales, chilienne Michelle Bachelet, brésilien, Lula da Silva, et bien sûr colombien, Alvaro Uribe. Une rencontre avec Hugo Chavez a été inscrite au dernier moment au programme de la journée.

Ces rencontres visent à fédérer les volontés politiques régionales pour, d’une part, convaincre les Farc de l’impérieuse urgence de libérer Ingrid Betancourt, son état de santé laissant craindre une issue fatale. Et d’autre part, trouver une solution acceptable pour le président Uribe, qui a suspendu la médiation du Vénézuélien Hugo Chavez, après que celui-ci s’est entretenu directement par téléphone avec le chef des armées colombiennes, une ingérence insupportable pour Bogota.

Alvaro Uribe a fait une nouvelle proposition vendredi pour initier une négociation avec les Farc. Il accepterait de créer une "zone de rencontre" où son gouvernement et les Farc pourraient discuter pendant un mois de l’échange humanitaire entre 45 otages et 500 guérilleros détenus dans les prisons colombiennes. Une proposition similaire avait été rejetée en 2005 par les Farc. Alvaro Leyva, politicien colombien considéré comme proche des Farc, a réaffirmé samedi que la guérilla n’engagerait aucune négociation tant qu’elle n’obtiendra pas la démilitarisation d’une vaste zone autour des communes de Pradera et Florida dans le sud-ouest du pays. Une revendication inacceptable pour les autorités colombiennes.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related