Subscribe

Les États-Unis recoivent le prix Nobel de médecine

Deux Américains et un Britannique se sont vus remettre lundi le prix Nobel de médecine 2007 pour leurs travaux sur les cellules-souches embryonnaires. Si les recherches ne concernent pour le moment que des gènes de souris, elles pourraient permettre de comprendre certaines maladies cellulaires comme le cancer ou l’Alzheimer. La France a été récompensée en physique, mais ne peut rivaliser dans le domaine de la médecine.   

Les chercheurs Mario Capecchi, Oliver Smithies (tous deux des États-Unis) et Martin Evans (Grande Bretagne) ont reçu le prestigieux prix Nobel pour avoir découvert le moyen de manipuler génétiquement des cellules souches embryonnaires chez les rongeurs de laboratoires. « Cela va révolutionner l’étude des fonctions des gènes » s’est ravi Daniel Metzger de l’équipe du Pr Pierre Chambon à Strasbourg. S’il est difficile pour un non-initié de partager le même enthousiasme face à la nouvelle, c’est aussi parce que l’avancée concerne un domaine très complexe mais néanmoins essentiel dans le traitement de nombreuses maladies.

 

Les trois scientifiques, sans travailler ensemble, ont réussi à « mettre KO » un gène chez une souris, autrement dit à le neutraliser parmi des milliers d’autres, pour en connaître la fonction et comprendre les bases d’une altération cellulaire. Ceux qui ont consacré toute leur vie à la recherche médicale ont ainsi ouvert la voie à un moyen de mieux appréhender, et par conséquent mieux prévenir et soigner, les nombreuses maladies héréditaires et génétiques comme le cancer, l’Alzheimer, la mucoviscidose ou Parkinson.  

 

« Cela couronne toute une vie consacrée à la science et c’est un sentiment de paix », s’est réjoui Oliver Smithies, 82 ans, professeur à l’Université de Caroline du Nord. Les États-Unis ont, cette année encore, eu l’occasion de s’illustrer dans la recherche thérapeutique. Depuis les années 1930, ils sont en effet le pays le plus récompensé par le célèbre prix suédois qui rend hommage aux personnes ayant fait de grandes découvertes pour l’humanité dans les domaines de la physiologie et de la médecine. Depuis 2000, seules la Suède (en 2000) et l’Australie (en 2005) ont réussi à détrôner les équipes américaines.

 

La médecine française, qui s’est illustrée pour des greffes sans précédent (la main en 1998, le visage en 2005 et récemment la trachée), n’a plus reçu cette prestigieuse récompense depuis les travaux sur l’immunologie de Jean Dausset, en 1980. «  La recherche médicale ? À l’agonie ! », écrivait L’Express le 29 août 2005. « Il y a trente ans, on comptait parmi les chercheurs 30% de médecins. Ils ne sont plus, aujourd’hui, que 2% ! La cause de cette désaffection ? Les salaires des chercheurs français, désormais ridicules par rapport à l’étranger ou dans le secteur privé », ajoute le quotidien.

 

Deux ans plus tard, la situation est toujours la même « Pour ce qui est de la production scientifique, nous sommes à la 18e place, loin derrière la Suède, la Finlande, le Royaume-Unis, les États-Unis… », remarquait Martine Perez dans son article paru dans Le Figaro, le 23 février dernier. « Aux États-Unis existent 36 écoles de santé publique […] avec chacune plus de 1000 étudiants, 500 enseignants chercheurs, une dizaine de thématiques différentes […] et des budgets respectivement de 330 millions et 250 millions de dollars, avec des financements à la fois institutionnels et privés », constate-t-elle.

 

Du côté de l’Hexagone, l’École des hautes études en santé publique (EHESP), créée par la loi d’août 2004 pour remédier aux insuffisances françaises, ouvrira ses portes aux étudiants à la rentrée 2008. Moins significatif que de l’autre côté de l’Atlantique, le budget de l’école ne dépassera pas les 53 millions d’euros. Avec ces moyens, peut-on réellement espérer le rétablissement de la recherche médicale française ?  

 

Heureusement, la France se distingue dans d’autres domaines : les sciences de la matière, de l’espace et du temps. Mardi, Albert Fert recevait le prix Nobel de physique pour ses recherches sur la conception des "millefeuilles magnétiques", autrement dit, un procédé permettant la miniaturisation des disques dur. Cette découverte, qu’il partage avec le co-lauréat Allemand Peter Grünberg, a révolutionné la technologie de l’information qui subit une révolution stupéfiante depuis les deux dernières décennies, et a notamment permis le développement des ipod.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related