Subscribe

Les étudiants français, toujours plus nombreux dans les universités nord-américaines

Le nombre de Français dans les universités américaines et canadiennes n’a jamais été aussi important. A l’inverse, les étudiants québécois semblent de moins en moins attirés par les écoles françaises.

8 089. C’est le nombre de Français ayant étudié en 2010-2011 dans une université américaine. Un record. C’est aussi une augmentation de 5 % par rapport à l’année dernière et de plus de 20 % sur quatre ans. Même boom des étudiants français au Québec, qui étaient 8 798 à la rentrée 2010, soit une croissance de 37 % sur les quatre dernières années. Comment expliquer une telle hausse ? Selon Charlotte Goodwin, conseillère à la Commission franco-américaine (CFA), la qualité des universités nord-américaine est la première des raisons. “Les étudiants français que nous rencontrons citent comme principales motivations les campus universitaires bien équipés et la richesse du choix de formations.” Autre avantage selon les universitaires, la valeur ajoutée d’un diplôme américain sur leur C.V..

Les échanges sont aujourd’hui facilités par les très nombreux accords entre les établissements français et américains. Les écoles de commerce, les instituts politiques imposent fréquemment dans leur cursus une année à l’étranger, dans une des universités partenaires. “Ces étudiants – non-degree -, c’est-à-dire qui ne passent pas de diplôme américain mais réalisent une année aux Etats-Unis dans le cadre de leurs études françaises, sont en très forte croissance, + 89,2 % sur quatre ans. C’est une singularité française”, confirme Arnaud Roujou de Boubée, directeur de la CFA.

La multiplication des offres de co-diplômation est un autre facteur du nombre croissant d’étudiants français outre-Atlantique. Qu’il s’agisse de l’Essec avec Cornell ou de Sciences Po avec Columbia, la possibilité d’obtenir un diplôme dans les deux pays est de plus en plus privilégiée par les étudiants. Ces accords entre universités profitent également aux Américains. L’an dernier, ils étaient 17 161 à étudier en France, un chiffre, là encore, en augmentation.

Le Québec paie pour les étudiants français

Ces échanges, qui symbolisent à la fois la bonne relation entre les différents pays et la qualité de l’enseignement, posent néanmoins quelques problèmes, comme le révèle une récente enquête du Courrier International. En effet, si les Français sont de plus en plus attirés par Montréal, les Québécois ont un désintérêt croissant pour l’Hexagone.

Depuis 1978, les Français inscrits dans les universités québécoises ne paient pas les frais réservés aux étudiants étrangers, un accord similaire étant en place pour les Québécois en France. Mais si pendant longtemps, cet accord leur a profité, c’est aujourd’hui l’inverse. Ils n’étaient que 1 093 en 2011 à étudier en métropole, principalement à Paris. Un chiffre qui stagne. A l’inverse, 8 800 Français sont partis au Québec, soit une augmentation de 37 % en quatre ans !

La qualité et la modernité des campus et du système universitaire canadien expliquent cet intérêt grandissant. Sans compter que les études y sont, dans certaines filières, moins chères. Ces Français, exemptés des 10 000 euros en moyenne demandés aux étrangers qui souhaitent s’inscrire dans une université québécoise, sont donc subventionnés par la province francophone, à hauteur de 65 millions d’euros. Si l’on prend en compte les 10 millions d’euros dépensés par la France pour les quelques 1 000 étudiants québécois, ce sont encore 55 millions d’euros que le Québec dépense chaque année pour les enseignements dispensés aux étudiants français.

“Ces chiffres ne prennent pas en compte l’argent dépensé par les étudiants dans leur pays d’accueil. Ils font tourner l’économie”, estime Arnaud Roujou de Boubée, président de la CFA. Les Etats-Unis, qui considèrent les étudiants étrangers comme une source de richesse, estiment à 20 milliards de dollars l’argent perçu grâce à leur venue. “Sans compter que recevoir des jeunes d’horizons différents est un facteur de rayonnement pour le pays” conclut t-il.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related