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Les Fables de la Fontaine

 

La dernière tournée de la Comédie-Française à New York remonte à l’été 2004 avec une mise en scène du Malade Imaginaire. « Au cours des dix dernières années, notre troupe est venue 9 fois aux États-Unis dont quatre fois à New York. Après la Brooklyn Academy of Music, nous allons pour la première fois au Lincoln Center. On ne peut rêver meilleurs endroits pour l’accueil de spectacles théâtraux à New York » dit Muriel Mayette, administrateur général de la Comédie-Française. Le spectacle présente 19 fables récitées dans leur intégralité. Américain né au Texas, Robert Wilson a signé les plus grandes mises en scène d’opéras des vingt dernières années. Plus connu en Europe que dans son pays natal, il a néanmoins choisi de s’établir à Watermill, Long Island, où il a créé un centre artistique où sont invités en résidence des artistes du monde entier. France-Amérique l’a rencontré.

 

France-Amérique : Qu’est-ce que cela représente pour vous de montrer les Fables
de la Fontaine au Lincoln Center ?

Robert Wilson : C’est toujours pour moi une grande chance de montrer mon travail à New York ; la plupart de mes créations depuis les années 1970 ont été montrées en Europe. Il y a plus de théâtres en Europe, prêts à monter des pièces un peu risquées. Il y a aussi cette idée que l’art a un rôle public à jouer et, à ce titre, doit être aidé par des financements publics. Mais New York, c’est chez moi. Avec Einstein on the Beach, Phil Glass et moi-même étions les premiers artistes de downtown à nous produire au New York State Theater au Lincoln Center, et au cours des années, plusieurs de mes créations ont été montées là.

France-Amérique : Comment allez-vous adapter cette production des Fables de La Fontaine d’abord montrée à la Comédie-Française ?

Robert Wilson : L’espace est très important pour mon travail et tous les espaces sont différents. Je dois toujours adapter une mise en scène à un théâtre et les acteurs eux–mêmes doivent

s’habituer à travailler dans un autre espace. En mars j’ai eu la chance de travailler avec les acteurs de la Comédie-Française pour ajuster le spectacle des Fables. Mais à part cela la mise en scène ne change pas vraiment. Nous n’avons que trois jours de répétition à New York et donc pas assez de temps pour faire des grands changements.

France-Amérique : Pensez-vous que les Américains connaissent les Fables de La Fontaine et vous-même, Américain, aviez-vous entendu parler de ces fables à l’école ?

Robert Wilson : La plupart des Américains ne connaissent sans doute pas La Fontaine, auteur des Fables. Ils ne l’apprennent pas à l’école. Certainement pas au Texas où j’ai grandi. Mais de nombreux personnages du livre nous sont familiers à travers des adaptations dans les livres d’enfant qui ont pu en être faites. Et le message est universel.

France-Amérique : En quelques mots, comment s’est passé cette première année dans votre centre de création de Watermill à Long Island où vous accueillez des artistes en résidence venus du monde entier. (Depuis plus de dix ans, le Watermill Center n’était ouvert que l’été dans des constructions éphémères, et cette année il est installé dans un bâtiment en dur.)

Robert Wilson : Cela a été un travail considérable d’ouvrir le centre en juillet dernier et je suis très heureux que nous puissions avoir des programmes artistiques pendant toute l’année désormais. J’aurais préféré moi-même pouvoir y passer plus de temps mais mon programme chargé m’a entraîné à l’étranger presque toute l’année. J’attends avec impatience cet été pour avoir le temps d’y travailler sur mes propres programmes mais aussi de diriger l’International Watermill Center Summer Program. Comme chaque année nous aurons 80 jeunes artistes à Watermill cet été et ils nous aideront à augmenter les capacités d’accueil du Centre et m’aideront dans le choix du design. Nous n’aurions jamais été capables de construire ce que l’on voit aujourd’hui à Watermill sans leur aide. Au cours des dernières années nous avons aussi commencé à bâtir un réseau international avec d’autres institutions culturelles dans le monde pour donner les moyens à de jeunes artistes de réaliser leur travail. Cet aspect de mon travail a toujours été très important, et nous continuerons à développer ces contacts. Nous avons bien commencé mais il y a encore beaucoup à faire.

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