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Les Français des Etats-Unis racontent leur soirée électorale

De nombreux Français implantés depuis longtemps aux Etats-Unis ont vibré mardi devant leur poste de télévision. En famille, avec des amis, ou dans un bar, ils ont suivi, inquiets, les résultats de l’élection présidentielle américaine. Ils nous racontent leur soirée du 6 novembre.

Assis au bar d’un hôtel de Pittsburgh à côté d’autres businessmen en voyage, Bernard Bossart a passé sa soirée mardi les yeux rivés sur la télévision. Coup de froid d’abord lorsque les premiers Etats tombent dans l’escarcelle de Mitt Romney. Mais très vite Barack Obama remporte les Etats clés au grand soulagement de Bernard Bossart. Autour de lui, les Américains suivent l’élection dans le calme et discutent politique. “Un homme assis à mes côtés était très déçu. Originaire de Philadelphie, il était dépité de constater que la Pennsylvanie avait voté démocrate alors qu’il était sûr que l’Etat voterait républicain. Il a alors arrêté de participer aux conversations”.

Madame vote Obama, Monsieur vote Romney

Chez Christine LeBlanc, à La Nouvelle-Orléans, la discussion a duré toute la nuit. Elle, française, avait voté démocrate. Mais son mari, entrepreneur louisianais, roulait pour Mitt Romney. Plutôt que de suivre les résultats comme deux supporters adverses pendant un match de football, le couple franco-américain a débattu autour de la campagne et du champ d’action du président, quel qu’il soit. Si l’atmosphère n’était pas trop tendue chez Christine, cette dernière constate que le ton des échanges entre partisans des différents partis a changé. “La tension est évidente alors qu’il y a vingt ans les débats étaient plus civils et infiniment plus modérés”.

Déçus mais pas abattus

A Clive dans l’Iowa, Annabelle Marsh a suivi les résultats chez elle en famille. Déterminée à connaître les résultats des swing states, dont l’Iowa, elle a navigué entre toutes les chaînes d’information américaines. Déçue de la victoire d’Obama, elle espère avant tout que les deux partis sauront travailler ensemble. Même sentiment de déception mais attitude positive pour Marc-Henry Bruneau, républicain convaincu. Le Français a suivi chez lui, à Grafton dans le Wisconsin, les résultats de son Etat, un autre Swing State. Plutôt que de regarder Fox News, il s’est branché sur la chaîne locale WTMJ 4. Assis devant la télévision avec son fils, Marc-Henry Bruneau, très optimiste, a sabré le champagne dès le début de soirée. “La chaîne NBC a très rapidement annoncé le basculement du Wisconsin pour les démocrates. Dès lors, les dés étaient jetés. C’est une triste soirée pour la droite, une très belle pour la gauche. Demain est un autre jour”.

“C’était plus calme qu’une soirée foot au PMU de mon village”

A l’inverse, l’euphorie était au rendez-vous pour Caroline Chamberlin à Sacramento en Californie. Alors que les premiers résultats tombaient, elle donnait des cours de français à l’Alliance Française. “Nous étions tous très nerveux. Mes élèves ne pouvaient pas se concentrer sur l’enseignement que je leur donnais, et ils revenaient toujours aux élections. Finalement, j’ai reçu un sms de mon fils me disant qu’Obama avait gagné. On n’y croyait pas. On était tellement contents, on a sorti les bouteilles de vin et on a commencé a célébrer !”

Pas très loin de là, à San Francisco, Constance Charvin a vécu la victoire d’Obama dans le calme, à son plus grand étonnement. “L’élection a provoqué moins d’intérêt, de coups de klaxons, et de fanfaronneries que la célébration d’Halloween !”, constate-t-elle. Etudiante en design industriel au California College of the Arts, elle espérait sentir l’excitation d’une élection présidentielle si importante. “Quelques étudiants ont annoncé la victoire avec un enthousiasme sincère mais pas de cris de joie, juste un sobre ‘Yes, we won’. L’un d’entre eux a quand même offert une bouteille de champagne !”. Vers 22 heures, la Française s’est baladée dans les rues de San Francisco, mais là encore, aucune manifestation de joie. “C’était plus calme qu’une soirée foot au PMU de la place de mon village, à Paimpol, dans les Côtes d’Armor”. Même à Berkeley, ville réputée pour son programme en sciences politiques, il n’y avait pas d’ambiance, rapporte Constance Charvin.

Pour tous ces Français, l’engouement de 2008 avait disparu et le lendemain de l’élection, le résultat était déjà du passé. Qu’ils soient soulagés ou déçus de l’issue du scrutin, tous se félicitent de la fin d’une campagne longue et dure. Rendez-vous dans quatre ans.

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