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Les instantanés de Patti Smith

La fondation Cartier présente “Land 250”, une exposition consacrée à la chanteuse américaine Patti Smith. L’occasion de découvrir les multiples talents de celle qui, en plus d’être une icône du rock, écrit, peint et photographie depuis plus de trente ans.

L’exposition tient son nom du polaroïd avec lequel Patti Smith travaille depuis 2002, un vieux modèle argentique à la technique simple, un Land 250. Après avoir commencé à utiliser des photographies pour des collages en 1967, la chanteuse est revenu à cet art en 1995, après le décès de son mari, Fred “Sonic” Smith, ancien guitariste du groupe MC5. “Après sa mort j’étais incapable de me concentrer sur des activités compliquées comme le dessin. L’instantanéité du polaroïd m’a procuré un sentiment de libération, tout en servant ma créativité“, explique l’artiste. Patti Smith photographie des sujets qui à ses yeux sont chargés de sens. On peut donc contempler le lit de Virginia Woolf, les couverts d’Arthur Rimbaud ou encore les pantoufles de son ancien compagnon Robert Mapplethorpe.

Certaines esquisses – parfois prêtées par le MoMa ou le Centre Pompidu – de la chanteuse sont également présentés au public. Certains de ces dessins ont été réalisés lors de son premier voyage à Paris en 1969 . D’après l’artiste, cet art lui demande est réel effort de concentration: “J’ai besoin de solitude, besoin d’un espace dédié uniquement à cela. Je fixe le papier au mur et j’ai besoin de ne vraiment pas être interrompue“, explique-t-elle.

Patti Smith a une autre passion, l’écriture. Elle écrit des poèmes dès le début de sa carrière à la fin des années 60. Ses textes serviront à composer ses chansons. Victime d’un grave accident en 1977, elle profitera de sa convalescence pour écrire un recueil de poésie intitulé Babel. “Je me considère comme un écrivain. Si on devait m’autoriser une seule activité, je choisirais l’écriture. Par vocation et pour gagner ma vie, je suis artiste de scène. Mais ma poésie et mon travail plastique ne sont pas politiques. Il s’agit d’un langage esthétique. Purement esthétique“, confie la chanteuse.

Il est clair que Patti Smith porte une affection particulière à la France. Ce sentiment est visible à travers l’exposition: “J’ai trouvé Illuminations de Rimbaud dans un magasin de livres d’occasion quand j’avais 16 ans. Après, j’ai ratissé toutes les librairies à la recherche de littérature française“, explique-t-elle. La chanteuse, qui avoue préférer lire Maigret à Agatha Christie, consacre même une salle entière de son exposition au poète René Daumal. Des dessins réalisés dans le quartier de Montparnasse ou encore des photographies récemment prises dans le jardin de la fondation Cartier vont être exposés.

Dernières preuves de son éclectisme, des films réalisés par Robert Frank, Robert Mapplethorpe ou encore Jem Cohen sont diffusés, prouvant l’intérêt de Patti Smith pour les collaborations artistiques. tels que ceux. La fondation Cartier a également commandé à Patti Smith un film pour l’exposition.

L’artiste a voulu mettre en place une exposition sensiblement différente des autres: “Il y en a tant où on regarde et puis on s’en va. Je voudrais que les gens puissent traîner, parler, lire ici comme à la maison” explique-t-elle. D’ailleurs il est possible que son fils vienne jouer de la guitare pendant quelques jours, et le public pourra l’accompagner ou prendre une leçon avec lui.

Patti Smith, Land 250
Jusqu’au 22 juin 2008
Fondation Cartier pour l’art contemporain
261 Boulevard Raspail
75 014 Paris, France
+33 (0)1.42.18.56.50
fondation.cartier.com/

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