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Les parfums innés de Patricia de Nicolaï

A partir du 30 novembre, Patricia de Nicolaï, créatrice de parfums et présidente de l’Osmothèque à Versailles, sera en tournée aux Canada, aux Etats-Unis et en Colombie pour une série de conférence sur l’histoire du parfum.

Patricia de Nicolaï aime dire que dans sa famille, le nez se transmet de mère en fille. Sa grand-mère, Francine, n’était autre que la fille de Pierre Guerlain, parfumeur qui a fondé la société familiale éponyme à Paris en 1828. C’est avec cette femme de caractère qui Patricia a découvert, petite, les essences de la natures et la palette de senteurs du boudoir, laboratoire d’essai des futurs parfums Guerlain.

Avec une telle lignée, pas étonnant que Patricia soit aujourd’hui créatrice de parfum et à la tête d’une entreprise internationale. C’est d’abord son oncle, Jean-Paul Guerlain qui l’a introduite dans l’industrie de la parfumerie, au sein de plusieurs équipes de création. « Il m’a ouvert des portes pour faire des stages après des études de chimie , explique-t-elle. Mais dans la dynastie Guerlain, les femmes n’ont jamais été introduites dans les affaires. Nos chemins se sont éloignés. » Alors, Patricia se fait engager pendant six mois dans une entreprise de composition au sein d’un société américaine appartenant aujourd’hui à Givaudan. « C’est là où j’ai vraiment appris mon métier », explique-t-elle. Puis en 1989, avec le soutien de Jean-Louis Michau, son mari, elle décide de monter sa propre affaire. « A la fin des années 1980, le monde de la parfumerie était encombré par des marques qui s’intéressaient plus au côté lucratif de l’industrie du parfum qu’à la création. »

Son idée était aussi de rendre hommage aux créateurs qui se cachent derrière une fragrance  afin de stimuler une profession trop guidée, selon elle, par le marketing. « Les gens achetaient des parfums sur le nom d’une marque prestigieuse sans savoir qui était le créateur », regrette-t-elle. « Je voulais remettre le métier de parfumeur en avant comme un dans tous les autres domaines artistiques. »
C’est au numéro 69 de l’avenue Raymond-Poincaré, à Paris que Patricia de Nicolaï installe alors sa première boutique.  Depuis, en plus des parfums corporels, elle a également orienté sa maison sur la parfumerie de luxe. « Il n’y avait pas beaucoup tellement de marques de ce créneau. C’est aussi un moyen de fidéliser la clientèle et de faire grossir une collection. Il faut du choix pour pouvoir rebondir sur autre chose et proposer au client ce qu’il souhaite. »

Elégance et originalité sont donc aujourd’hui les maîtres-mots de sa gamme de produits, tous fabriqués et conditionnés dans les ateliers Nicolaï près d’Orléans. « Je conçois des odeurs innovantes, sans fragrance tapageuse. Souvent, parmi mes clients, on récupère les déçus du Guerlain, qui regrettent des parfums plus démocratiques, moins signés et plus commerciaux. »
Patricia de Nicolaï mise sur l’intuition et écoute les remarques des chalands qui visitent son magasin du 16e arrondissement. Elle en possède également désormais quatre autres dans la capitale française et une à Londres. Bientôt une traversée de l’Atlantique ? « On est distribué aux Etats-Unis chez Lucky Scent et Beauty Habit. On aimerait bien plus, mais pour le moment nous allons rester petit. »

Des chefs-d’œuvre olfactifs présentés au public

Première femme a recevoir le prix international du meilleur parfumeur-créateur en 1988, élevée au grade de Chevalier de la légion d’Honneur en 2008, Patricia de Nicolaï préside depuis cette même année l’Osmothèque à Versailles. Au total, ce conservatoire international des parfums renferme plus de 2000 effluves. « On s’est aperçu que des marques prestigieuses avaient disparu et que certains parfums ne se trouvaient plus dans les circuits commerciaux,  notamment des chefs-d’œuvre qui représentaient une époque », explique la représentante de ces archives olfactives.  Alors aujourd’hui, des parfumeurs confient à l’Osmothèque certains de leurs flacons ou même les secrets de leur composition.  Le conservatoire tente de retrouver ceux des plus anciens parfums, même si certains ingrédients peuvent s’avérer difficiles à obtenir. Ces essences et leurs formules physiques sont conservées dans une cave, à l’abri de la lumière, de l’oxygène et de la chaleur.

Dans le cadre d’une série de conférences sur l’histoire de la parfumerie qui seront données à travers le continent américain la semaine prochaine, Patricia de Nicolaï présentera quelques-unes de ces bouteilles au public. Les spectateurs pourront ainsi sentir Le parfum royal, datant du 1e siècle après Jésus Christ, découvrir L’eau de Cologne de la Reine d’Hongrie (du 14e siècle) ou encore Le Cuir de Russie de la maison Chanel de 1924, des pièces rares et uniques.

Les dates des conférences sur « L’histoire des parfums de l’Antiquité à nos jours » :

– Alliance Française de Toronto, en français, le mardi 30 novembre à 6:30 pm

– Alliance Française de Chicago, en français,  le mercredi 1er décembre à 6:30 pm

– Alliance Française de Washington, en français,  le vendredi 3 décembre à 6:30 pm

– Chez Saks à West Palm Beach, en anglais,  le samedi 4 décembre à 5 pm

– Au sein de l’Alliance Française de Miami, en anglais,  le dimanche 5 décembre  à 6 pm

– A la Biblioteca Luis Ángel Arango de Bogota, en français (avec une traduction simultanée en espagnol), le mardi 7 décembre à 6 pm

Pour en savoir plus:

http://www.osmotheque.fr

http://www.pnicolai.com

 

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