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Les pompiers et policiers français déçus de l’organisation des Jeux à New York

Alors que la 14e édition des Jeux mondiaux des pompiers et policiers vient de se terminer à New York, les participants français font part de leur déception. Plusieurs regrettent les conditions dans lesquelles ils ont été accueillis pour ce qui devait être un moment de célébration et d’hommage à l’occasion des 10 ans du 11-Septembre.

Compétition reportées, annulées, terrains de jeux non-réglementaires, la 14e édition des Jeux mondiaux des pompiers et policiers n’a pas été à l’hauteur des attentes des 260 sportifs français présents. Selon ces derniers, les organisateurs n’étaient pas prêts à accueillir 15 000 athlètes, et le passage de la tempête tropicale Irene ne les aura pas aidés.

Une cérémonie d’ouverture à Brooklyn au lieu de Manhattan

“Ça a commencé avec des changements de lieu, de plus en plus éloignés, puis les prix pour participer augmentaient de plus en plus”, explique José Mahé, pompier à Toulon et co-fondateur de l’association Passeport 112 qui s’occupe d’emmener tous les deux ans une cinquantaine de Français à ces Jeux. “Les organisateurs nous ont vendu un gros événement qui touchaient les pompiers et les policiers à l’occasion des dix ans du 11-Septembre. La plupart d’entre nous a fait l’effort financier pour l’hommage. Mais ils n’ont pas eu l’appui de la ville et ont eu du mal à boucler leur budget. On espérait vraiment mieux pour un tel événement sportif.”

Aucun traducteur, pas de tarifs spéciaux pour le métro, pas de véhicules destinés aux transports du matériel, la liste des manques repérés par les Français est longue. Participant depuis la première édition des World Police and Fire Games à San Diego, Alfred Giordano, 24 médailles au compteur, n’avait jamais reçu un si mauvais accueil. “On a été très déçus par la cérémonie d’ouverture”, explique-t-il. “On n’était même pas à Manhattan, mais à Prospekt Park, à Brooklyn, à attendre des heures au soleil, et à devoir acheter de l’eau à 3 dollars la bouteille.”

En plus du manque flagrant de volontaires pour encadrer les rencontres, les policiers et pompiers français se sont plaints des conditions des courses et des autres tournois.” Pour certains sports de combat, ils se sont retrouvés sans arbitre. Les sites étaient minables. Même au niveau départemental en France, la commission ne les autoriserait pas”, souligne Lofti Brahamia, pompier à Tarbes. “La remise des médailles s’est faite de la main à la main, sans aucun podium”, ajoute celui qui a reçu le bronze au country cross.

Le manque d’organisation après Irene

L’arrivée de ce qui était annoncé comme un ouragan a obligé les organisateurs a annuler de nombreuses compétitions le weekend du 27 et 28 août. Problème, aucune réelle expertise des sites et des moyens de transports disponibles n’a été réalisé le lundi suivant.  Certains ont donc dû concourir sur des terrains accidentés quand d’autres ont vu leur rencontres purement supprimées.  “Le triathlon a été annulé : mais il n’y a eu aucun respect pour les sportifs qui s’étaient entraînés pendant deux ans, qui étaient venus avec leur matériel et l’espoir de leurs sponsors”, remarque Christophe Vayson, caporal au sein du SDIS du Vaucluse. ” Je me suis orienté sur la course du contre-la-montre et on nous a emmené au Floyd Bennett Field, une piste sur un aéroport désaffecté de New York, avec de l’herbe de partout.”

Au dernier moment, certains compétiteurs ont quant à eux appris que leur rendez-vous sportif était reporté, sans tenir compte de leurs périodes de séjours. Nathalie Ferval, policière à Nîmes a ainsi craint jusqu’au dernier moment de ne pouvoir jouer sa finale de karaté vendredi dernier. Heureusement, elle ramène dans le Gard une médaille d’argent. ” J’aurais vraiment été dégoûtée si j’avais dû prendre l’avion avant de rentrer. Déjà qu’au début on n’avait pas de vestiaire au Javits Center et qu’on devait s’échauffer sur la moquette d’une salle de conférence.”

Mardi dernier, c’est le maintien du ball-trap, mais dans l’Etat voisin du New Jersey, qui a provoqué le mécontentement du pompier Christophe Rochet. “Il n’y avait pas de train pour y aller, je n’allais pas payer 275 dollars de taxi », souligne l’adjudant de la caserne de Roanne. « Ils ne me rembourseront pas l’acheminement de mon matériel et les deux cents euros d’inscription car je n’ai pas pu me rendre sur le lieu de la compétition. »

Lors de la messe commémorative à St. Patrick Church, le 5 septembre dernier, Gilles Reynaud, policier de Saint-Priest-en-Jarez dans la Loire, a trouvé les bancs de l’église un peu trop vides, notamment en ce jour férié aux Etats-Unis. “Pour cette clôture des Jeux, beaucoup d’athlètes étaient déjà partis et il n’y a pas eu de communication autour de cet événement. C’est vraiment dommage que les autorités new-yorkaises n’aient pas pris en compte notre volonté de contribuer aux dix ans du 11-Septembre.”

Selon les Français, quelques délégations devraient porter-plaintes face à ce manque de respect pour les athlètes. Les tricolores ne savent encore pas s’ils seront solidaires de cette action. Malgré ces mésaventures, la plupart d’entre eux ont déclaré qu’ils seraient présents à la 15 édition des Jeux en 2013 à Belfast.

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