French America

Les racines françaises de Castroville, Texas

De nombreuses régions, villes, montagnes et rivières aux Etats-Unis portent des noms français. Ces toponymes témoignent de l’héritage français en Amérique du Nord. Chaque mois, l’auteur franco-américain Anthony Lacoudre décortique leurs racines. Ce mois-ci, Castroville, « la petite Alsace du Texas ».
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest
Partager sur whatsapp
Partager sur email
© Mathieu Persan

Cette ville de 2 600 habitants à quarante kilomètres à l’ouest de San Antonio n’a rien à voir avec le révolutionnaire cubain. Elle doit son nom à Henri Castro, le banquier français d’origine portugaise qui fit beaucoup, au milieu du XIXe siècle, pour coloniser cette région du Texas.

Né dans une famille noble de Bayonne, Castro servit dans l’armée napoléonienne en Espagne puis dans la Garde nationale de Paris avant d’être nommé consul de France à Providence, dans le Rhode Island. En 1842, proche de la jeune république texane et de l’ambassadeur de France Alphonse Dubois de Saligny, il reçoit 500 000 hectares dans la région de San Antonio – les comtés actuels d’Atascosa, Frio, LaSalle, Medina et McMullen – qu’il promet de mettre en culture. L’empresario s’engage à faire venir 600 familles en trois ans.

Castro recrute d’abord à Paris puis, au gré des rencontres et des circonstances, tourne ses efforts vers l’est de la France, la Suisse et l’empire allemand. Entre 1843 et 1849, il fait venir au Texas plus de 2 000 colons, dont deux tiers d’Alsaciens. En septembre 1844, après soixante jours de mer jusqu’à Galveston et un périlleux voyage en chariot, à la merci des maladies et des Indiens, un petit groupe fonde Castroville. Deux mois plus tard, la ville compte déjà 63 maisons.

french-education-guide-france-amerique-spring-summer-2022

Castroville est aujourd’hui « un village endormi », selon l’historien Wayne M. Ahr, « mais cette situation a probablement contribué à la conservation de son patrimoine». Quelques maisonnées parlent encore alsacien et dans le centre historique, l’église Saint-Louis propose des messes catholiques depuis 1870. Un jumelage avec Ensisheim, à côté de Mulhouse, entretient la relation avec le Vieux Continent – tout comme la maison Steinbach, une bâtisse à colombages construite en Alsace au XVIIe siècle et transportée au Texas en 1998 !

 

Article publié dans le numéro de mai 2022 de France-Amérique. S’abonner au magazine.

couv-cover-france-amerique-magazine-decembre-december-2021-pop-up

Le meilleur de la culture française

Publié dans un format bilingue, en français et en anglais, le magazine France-Amérique s’adresse à tous ceux qui s’intéressent à la culture française et à l’amitié franco-américaine.

Déjà abonné ?