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L’été, Bryant Park déborde de vie – Reportage sonore de France-Amérique

Bryant Park ne connaît pas beaucoup de répits cet été. Entre les activités classiques comme les jeux, les sports et la programmation filmographique et musicale, ce coin de verdure situé a l’angle de la 42e Rue et la 5e Avenue devient une destination estivale de premier choix au cœur Manhattan. « Un endroit de détente et de stimulation intellectuelle, » résume Jérome Barth, l’un des hommes derrière le charme très français du parc.

Contrairement aux autres espaces verts, Bryant Park ne s’étend que sur un bloc. Mais ne jugez pas trop hâtivement ce square. Il y a tellement d’activités que l’on ne s’y ennuie pas une minute. Aux pieds de la bibliothèque de New York, sur la 42ème (entre la 6ème et la 5ème avenue), le lieu public ne désemplit pas. Le matin, certains y prennent le petit-déjeuner en regardant les yogistes dérouler leur tapis. Quelques touristes se baladent, et à midi des amateurs de pétanque se régalent sur le terrain de jeu à l’ombre des arbres feuillus. Quant aux enfants, s’il n’existe pas encore de parc de jeux, ils se consolent volontiers avec  le carroussel ou les animations proposées sous la bannière Flaubert Frog à moins qu’ils n’ admirent les oiseaux multicolores qu’une dame leur présente. Ce carré vert en plein Manhattan n’est pas si stricte qu’il y paraît. La grande pelouse est ouverte aux pique-niqueurs et aux lecteurs. Autour, les tables et les chaises sont disposées comme en terrasse. Quant au soir, l’ambiance y est différente. Ainsi, lors des projections de film en plein air, Bryant fait parc comble !

Les oreilles aussi en ont pour leur compte : un pianiste joue du jazz sur la terrasse de la bibliothèque, le manège scande des chansons françaises des années 1940 et les équipes techniques préparent la projection d’un film en plein air. Bref c’est un joyeux tohu-bohu, toujours bien organisé qui règne à Bryant Park.

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Trois questions à Jérôme Barth, garant de “l’ esprit Bryant Park”

Il a gravi, petit à petit, les échelons de Bryant Park Corporation Staff. Arrivé comme secrétaire en 1998, ce Français est  aujourd’hui vice-président du comité économique de la fondation. Il gère donc les finances de ce parc new-yorkais. Sans jamais fléchir, il se bat pour que chacun, habitant ou  touriste, puisse profiter pleinement de ce petit jardin d’éden. 

France-Amérique : Bryant Park est l’un des espaces verts les plus dynamiques de la ville, avec jusqu’à cinq millions de visiteurs par an. Mais cela n’a pas toujours été le cas. Comment expliquez-vous cet engouement ?

Jérôme Barth : Il est vrai qu’aujourd’hui, Bryant Park est autant visité que l’Empire State Building. À la différence que ce sont surtout des New-Yorkais qui viennent dans le parc et non des touristes. Il a fallu beaucoup de travail et d’acharnement pour parvenir à ce resultat là. Tout New-Yorkais qui se respecte se souvient de l’état du parc dans les années 1970. À l’époque, la police y enregistrait en moyenne un crime dit « grave » par jour. Aujourd’hui, cet endroit est très sécurisé. Les activités que nous proposons (cf : voir le programme) permettent d’amener tous les jours plusieurs groupes d’habitués. Cette présence en continu du public est un véritable atout. Ici, c’est comme une terrasse parisienne. Ce que les gens viennent chercher, c’est du spectacle. On peut observer les joueurs d’échecs ou de ping-pong tranquillement. Finalement Bryant Park est un théâtre où se jouent différentes scènes de la vie quotidienne.

F-A : Quel est votre coin favori dans ce parc ?

J.B : Je dois avouer qu’il n’y a pas un endroit en particulier que je préfère. Quand je suis dans le parc, je pense forcément à ce qu’il faudrait faire en plus. J’ai du mal à me détendre ici car je suis trop impliqué. (rires) Je laisse donc les autres en profiter à ma place. En revanche, il y a un moment dans l’année où je me sens bien. J’aime quand les comptes sont bouclés, quand je suis sûr que le budget me permettra de satisfaire au mieux les amateurs du parc l’année suivante. En 2009, grâce aux sponsors, aux taxes versées par les immeubles qui entourent Bryant park et aux recettes des espaces publicitaires, nous avons réuni presque 7 millions de dollars. Nous pouvons donc offrir encore plus d’activités gratuites au public et notamment des concerts.

F-A : Mais puisque vous ne recevez pas un centime des collectivités locales ni de l’État américain, ces financements peuvent avoir un caractère aléatoire ?

J-B : Complètement. Avec la crise financière, les recettes liées aux commerces situés dans le parc (kiosque à journaux, café…) ont nettement diminué. Il est stressant de jouer l’avenir du parc à la loterie. Et ne pas savoir à l’avance qu’elle sera notre marge de manœuvre peut être difficile à gérer. Mais je garde espoir. Selon moi, aujourd’hui, les New-Yorkais aiment Bryant Park. Je suis convaincu que ce jardin public est une place plus centrale que Times square ! La population qui vit ou travaille autour n’aspire qu’à se changer les idées. Elle souhaite oublier le tissu urbain dense de Manhattan en bullant ou bien en participant aux différentes activités que nous proposons.

Informations pratiques :

Toutes les activités sont détaillées sur le site internet : http://www.bryantpark.org/

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