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L’ONU organise sa grand-messe sur le climat

À l’ONU aujourd’hui, comme à la Maison-Blanche jeudi et vendredi, les participants chercheront à donner une impulsion politique forte sur le réchauffement climatique. Mais les divergences dominent.

“Nous sommes à une phase charnière pour le climat en 2007”, affirme Paul Watkinson, qui mène les négociations climatiques pour la France dans le cadre de l’ONU. La semaine qui s’ouvre aujourd’hui, rythmée par deux rencontres au sommet sur le sujet, marquera-t-elle à cet égard un tournant ? Même s’il ne s’agit en aucun cas de négociations, la dimension symbolique qu’elles représentent est loin d’être négligeable.

La réunion plénière de l’ONU convoquée aujourd’hui par Ban Ki-moon donnera une impulsion politique certaine aux futures négociations qui vont s’ouvrir à Bali, en décembre prochain, sur l’avenir du protocole de Kyoto. Ce sera l’occasion de réaffirmer l’importance du processus onusien pour lutter contre les gaz à effet de serre, comme va le rappeler aujourd’hui à la tribune la chancelière allemande Angela Merkel. Et les chefs de l’État de la planète seront sensibilisés à quatre sujets clés du changement climatique, faisant chacun l’objet d’une séance parallèle : l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre, l’adaptation aux conséquences du changement climatique, les technologies adaptées à la lutte contre ce fléau et son financement.

Quant à la réunion des dix-huit plus gros émetteurs de gaz à effet de serre (le G8 plus des pays en développement tels que la Chine, l’Inde ou le Brésil), convoqués par George W. Bush à la Maison-Blanche jeudi et vendredi, elle ambitionne de faire émerger un objectif à long terme dans la lutte mondiale contre ce fléau. Dans la lignée du G8 d’Heiligendamm en juin dernier, les pays industrialisés devraient réfléchir aux moyens de “prendre sérieusement en considération une division par deux de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050”, en ligne avec les engagements pris par l’Union européenne dans le cadre de son Conseil européen de printemps. Toutefois, comme l’a laissé entendre Boyden Gray, l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’Union européenne, de passage à Paris la semaine dernière, il ne sera pas question d’objectifs contraignants si ce n’est sectoriels – dont les Américains ne veulent toujours pas entendre parler. Au risque de consacrer la vision américaine de la lutte contre le changement climatique, qui repose principalement sur les progrès de la technologie : capture du CO2, biocarburants et rôle de la déforestation.

Or les pays émergents attendent des engagements concrets des pays industrialisés, avant de franchir, eux aussi, le pas. Car le “dialogue” lancé à Montréal voici deux ans doit se muer en réelle négociation à Bali. L’objectif est de parvenir à un accord avant fin 2009, afin que le successeur de Kyoto soit ratifié à temps pour entrer en vigueur avant l’expiration de ce dernier, en 2012. Certains pays en développement, l’Afrique du Sud ou le Brésil, prêts à des engagements sectoriels ou liés à des indicateurs de développement, ne souhaitent pas perdre de temps. L’Union européenne non plus. Il n’en va pas de même des États-Unis, dont la future administration ne sera pas en place avant janvier 2009, de l’Australie qui n’a pas non plus ratifié Kyoto, et du Canada qui a annoncé qu’il ne respecterait pas ses objectifs. Ce sont donc les pays à la position ambiguë qui feront pencher la balance d’un côté ou de l’autre : la Russie, la Chine – qui exige que les pays industrialisés respectent leurs engagements d’ici 2012 – l’Inde ou encore le Japon, qui présidera le G8 en 2008.

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