Subscribe

L’ouverture de l’école Pierre-Bottineau de Minneapolis reportée à la rentrée 2012

L’école Pierre-Bottineau, première école autogérée par des professeurs de l’Etat du Minnesota aurait dû ouvrir il y a quelques jours. Cependant, face à un faible nombre d’enfants inscrits, l’équipe enseignante et administrative a décidé de reporter l’accueil des premiers élèves à la rentrée 2012.

Les élèves auraient dû faire leur rentrée début septembre au sein de la première école publique avec un programme d’immersion en français à Minneapolis. Ils attendront 2012 pour s’installer aux pupitres du tout nouvel établissement Pierre-Bottineau. Pour pouvoir ouvrir ses portes et se stabiliser financièrement pendant trois ans, l’école a besoin d’au moins 120 inscriptions.“Nous avions quarante inscriptions au 1er juin 2011, pas assez pour ouvrir l’école”, explique Franck Marret, le président de l’Alliance française de Minneapolis/St. Paul. qui a fait partie du comité de création.

Parmi les organisatrices du projet, Barbara Anderson, enseignante, Gaelle Berg, spécialiste en langues étrangères, JoEllyn Jolstad, chargée de la liaison avec les parents, et Christina Maynor, future directrice de l’école. Des femmes désireuses d’installer une école au sein de l’établissement public déjà existant de Jordan Park Elementary School, afin de donner l’opportunité de mieux réussir aux enfants habitant dans le nord de Minneapolis. “Nous étions impressionnées par le succès des élèves qui suivent une scolarité dans les écoles avec un programme d’immersion en français. Il est prouvé qu’ils réussissent mieux que les autres et que leur formation est reconnue comme supérieure”, explique Christina Maynor.

Le district possède déjà trois établissements en relation avec l’apprentissage du français: l’école de L’Etoile du nord à St. Paul,  celle d’Edina plus deux charter schools du quartier qui ont un programme d’immersion, ainsi qu’une école privée, The French Academy in Minnesota. Cependant, aucun de ces établissements n’est situé dans la ville même de Minneapolis. Première école autogérée,  l’école Pierre-Bottineau fonctionnera sous contrat de trois ans avec l’Etat, comme les établissements à charte. Elle n’aura pas la possibilité de gérer entièrement son budget, et devra embaucher des professeurs appartenant à un syndicat enseignant. Ce nouveau mode de gouvernance permettra néanmoins une plus grande autonomie pour les équipes enseignantes, qui bénéficieront de plus de liberté pour innover, choisir leur propre programme, et prendre de nombreuses décisions, sans passer à chaque fois par l’approbation du district.

Un projet ambitieux pour un quartier difficile

Réputé comme difficile et dévaforisé, le quartier nord de Minneapolis concentre de nombreuses communautés, des familles Hmongs, originaires du Vietnam, des Somaliens, des Ethiopiens et des francophones de l’Afrique de l’Ouest. “Avec la diversité ethnique qui existe ici, nous trouvons que les enfants ressemblent tellement au monde francophone”, souligne Christina Maynor.

Sur le terrain, l’équipe éducative et administrative a rencontré quelques difficultés. “En dépit de notre acceptation par Minneapolis Board of Education, le district n’était pas vraiment prêt pour cette rentrée”, regrette Christina Maynor, la future directrice. “Il y avait des choses qui n’étaient pas fixées, comme le transport : nous ne savions pas s’il allait être payé par des fonds publics, comme pour les écoles publiques, ou s’il fallait que nous trouvions un opérateur indépendant, comme pour les écoles à charte.”

En plus de ces incertitudes administratives, les familles du quartier ont eu quelques réticences à adhérer au projet. En assitant à de nombreuses présentations dans les bibliothèques de la ville, le président de l’Alliance française a souvent fait face à l’incompréhension des familles. “Ici, c’est le cliché d’une Amérique appauvrie, peu ou pas éduquée. Il y a aussi beaucoup de parents isolés, des filles mères qui ont entre 16 et 18 ans et qui ont déjà deux enfants. Elles n’ont pas été au collège, ou à peine au lycée, ne savent pas vraiment où est la France, et ne comprennent pas en quoi l’apprentissage du français pourrait être bénéfique à leurs enfants”, déclare Franck Marret. Six classes, de la maternelle au CE2 sont prévues a la rentrée 2012. Les années suivantes d’autres niveaux accueilleront les enfants plus âgés pour arriver jusqu’à la quatrième. Trois professeurs de français avaient déjà été recrutés pour cet automne 2011. La direction de l’école recherche encore six autres enseignants pour la rentrée prochaine.

Pour en savoir plus:

L’école Pierre-Bottineau recherche six professeurs qui parlent bien le français. Pour postuler, les candidats peuvent envoyer un e-mail à Christina Maynor sur christina.maynor@mpls.k12.mn.us.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related