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Malgré la grève des transports, tout roule

Le mouvement de grève du 18 octobre était très attendu par les huit syndicats de l’entreprise publique, qui, dès l’annonce des réformes sur les régimes spéciaux des retraites appelaient à la mobilisation générale.  À l’issue de cette journée, le mouvement, qui a finalement causé moins de préjudice que prévu, a été partiellement reconduit. 500 000 travailleurs. C’est le nombre d’agents publics touchés par la réforme qui prévoit 40 ans cotisés en 2012 contre 37,5 actuellement. Cette mesure, qualifiée de « non négociable » par le ministre du Travail Xavier Bertrand, était prévisible depuis septembre, lorsque Nicolas Sarkozy déclarait à propos de ces réformes : "Il s’agit simplement, au nom de l’équité, d’amener tout le monde dans les mêmes conditions". À l’annonce de ce mouvement syndical, les français ont aussitôt affiché leur perplexité.  Ils étaient 61% à juger "non justifiée" la grève de jeudi, selon un sondage Ifop-Métro, tout en soutenant ou éprouvant de la sympathie pour les grévistes, à 54%, selon un autre sondage CSA-L’Humanité.  Si la SNCF comptait un nombre record de grévistes (73,5% des employés) avec un réseau en activité de 46 TVG sur 700, un fonctionnement pratiquement nul des trains Corail et TER, la RATP n’était pas en reste avec presque 60% d’absents et une mise en service des transports publics quasi inexistante. Au total, 27 villes ont été touchées par ce mouvement qui a donné lieu à 130 manifestations ayant rassemblé près de 150 000 personnes selon la police – et 300 000 selon la CGT. Cette grève, que les médias comparent à la grève de 1995, n’a cependant pas connu le même soutien qu’à l’époque, où le cortège comptait un à deux millions de participants.  Du côté des réactions, là encore, il semble que le mouvement n’ait pas eu l’impact escompté. À l’heure de pointe, les rues des deux plus grandes villes françaises semblaient plutôt calmes. La raison de cette tranquillité apparente ? Les Vélib’ et Vélo’v, qui ont permis aux citadins de Paris et Lyon de se rendre sur leur lieu de travail sans trop de difficultés. Le système mis en place par J.C. Decaux connaissait d’ailleurs un record de 135.000 locations à 19h15, dans la capitale. Autre raison de ne pas être contrarié par la grève : le système de RTT. Beaucoup de salariés, avertis à l’avance des perturbations par les médias, ont anticipé cet obstacle en posant un jour de congé. L’ampleur du mouvement gréviste n’est pas sans rappeler l’épisode de décembre 2005, à New York, où les agents de la MTA (Metropolitan Transportation Authority –équivalent de la RATP) décidaient de faire grève malgré l’interdiction en vigueur depuis 1967. Cette grève, la première depuis 1980, reste encore dans la mémoire collective des news yorkais, choqués par cette action jugée extrême.  De leur côté, les français, réputés à travers le monde pour leur tendance à la grève, ont prouvé hier leur capacité à s’adapter à ce type de situation. Trajets à pied, en taxi, covoiturage, mais aussi  hébergement chez des amis pour éviter de reprendre le train vers la banlieue, les habitants de l’Hexagone ont su faire preuve d’un flegme inattendu, par ailleurs salué par Jean-François Copé. Au soir de la première journée de mobilisation, le chef de file des députés UMP félicitait les salariés en relevant « le courage et la sérénité » dont ils ont fait preuve pour surmonter la gêne occasionnée. Seule ombre noire au tableau, les étrangers de passage en France, qui loin de pratiquer ce hobby national et probablement non-informés de la situation, ont dû trouver des solutions de rechange dès leur arrivée à l’aéroport. Voilà sans doute pour eux une manière originale de faire leurs premiers pas dans la culture française…       

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