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Marée noire : le mauvais temps pourrait interrompre les opérations de nettoyage

Le mauvais temps qui menaçait mercredi le golfe du Mexique pourrait perturber les opérations destinées à mettre un terme définitif à la marée noire qui souille depuis trois mois le golfe du Mexique.

Le centre national des ouragans dont le siège est en Floride (sud-est des Etats-Unis) a indiqué que la probabilité pour qu’une dépression, qui se trouve actuellement dans les Caraïbes, se transforme en ouragan “dans les 48 prochaines heures” est désormais “de 60%”. En fonction de l’évolution de la dépression, les autorités pourraient décider de faire évacuer les bateaux et ingénieurs qui s’activent dans le golfe du Mexique pour mettre en oeuvre des solutions qu’ils espèrent définitives : le forage de deux puits de secours et la conception d’une nouvelle opération, baptisée “Static kill”. Cette dernière consiste à injecter un mélange de liquide et de matières solides dans le puits avant de le sceller avec du ciment. “Si nous devions évacuer la zone (…) nous pourrions connaître un retard de 10 à 14 jours dans l’avancement des opérations”, a souligné au cours d’une conférence de presse Thad Allen, responsable de la lutte contre la marée noire pour l’administration américaine.

L’arrivée d’une tempête tropicale ou d’un ouragan serait d’autant plus difficile à gérer que BP assure être prêt à procéder à l’opération “Static kill” dès ce week-end. Mais Thad Allen a souligné que BP devait auparavant terminer le coffrage du puits de dérivation avant de se voir donner l’autorisation pour cette action. Déjà mercredi, des vagues d’un à deux mètres de haut et des pluies battantes freinaient les opérations. Les autorités américaines devaient décider plus tard dans la journée mercredi si elles autorisaient BP à continuer les tests sur un entonnoir posé au-dessus du puits la semaine dernière, qui ont permis d’enfin arrêter l’écoulement quotidien de millions de litres de brut dans le golfe du Mexique. Les 750 navires déployés dans le golfe du Mexique pour récupérer en surface le pétrole qui alimente la marée noire sont d’ailleurs désormais “bien en peine” de trouver du brut à collecter, a indiqué Thad Allen. “Dans certains cas”, a poursuivi M. Allen, les bateaux “doivent vraiment chercher le pétrole”.

Selon les autorités américaines, près de 43 millions de litres de pétrole ont été brûlés volontairement depuis le début de la marée noire en avril, soit plus que le pétrole qui s’était répandu sur les côtes de l’Alaska en 1989 après le naufrage de l’Exxon-Valdez. Quelque 130 millions de litres d’un mélange d’eau et de pétrole ont par ailleurs été récupérés depuis le naufrage le 22 avril de la plateforme Deepwater Horizon. Si le puits est effectivement définitivement bouché, le directeur général de BP, Tony Hayward, critiqué pour sa gestion de la crise, devrait quitter le groupe avant le 1er octobre, a affirmé mercredi le Times. Selon le quotidien londonien, son départ pourrait coïncider avec l’annonce d’une nouvelle stratégie, baptisée “Future BP”, visant à rétablir la réputation du groupe et à le préserver d’une OPA hostile d’un rival. L’Américain Robert Dudley, qui a déjà repris à M. Hayward la gestion de la lutte contre la marée noire, est considéré en interne comme son probable successeur, croit savoir le Times.

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