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Michelin 2015 : Daniel Boulud perd une étoile à New York

New York a continué cette année son ascension au firmament culinaire, avec désormais 73 restaurants étoilés dans le guide Michelin 2015. Le célèbre chef Daniel Boulud voit son restaurant haut de gamme Daniel, retrogadé d’une étoile.

Côté trois étoiles seuls six restaurants, contre sept l’an dernier, ont obtenu la distinction suprême octroyée par le célèbre petit guide rouge pour une “cuisine exceptionnelle qui mérite un voyage spécial”. Daniel, tenu par le chef Daniel Boulud, a en effet perdu sa troisième étoile gagnée en 2010.

“Je connais très bien Daniel Boulud, il a fait des choses merveilleuses pour la cuisine aux Etats-Unis. Mais on a fait ce qu’on devait faire”, affirme Michael Ellis, directeur des guides Michelin à l’international. “L’année dernière, quand nous sommes allés manger à Daniel, le restaurant ne servait pas de manière consistante une nourriture trois étoiles, et hélas, on a dû faire le choix difficile mais nécessaire de lui retirer une étoile”.

Les “deux étoiles”, qui célèbrent une cuisine “excellente qui mérite le détour” sont désormais 9 (contre 5 l’an dernier) avec, en plus de Daniel, trois petits nouveaux : Blanca, le restaurant minimaliste du chef Carlos Mirachi installé dans le quartier de Bushwick à Brooklyn, Ichimura, d’Eiji Ichimura à Tribeca, un an seulement après avoir obtenu sa première étoile pour son art extraordinaire des sushis et sashimis, et Aquavit d’Emma Bengtsson, pour sa cuisine aux inspirations nordiques dans le quartier de Murray Hill.

Même si elle compte moins d’établissements étoilés que Tokyo, Paris ou Kyoto, la plus grande ville américaine, passionnée de gastronomie, n’a jamais compté autant de restaurants une étoile : 58 cette année (contre 55 l’an dernier) dont 17 nouveaux. Et un retour très applaudi, celui du River Café à Brooklyn, qui avait dû fermer après l’ouragan Sandy en octobre 2012. En tout, 20 restaurants ont gagné cette année une étoile, de zéro à une ou de une à deux, se réjouit Michael Ellis, à l’occasion de la sortie mercredi du nouveau guide de New York.

Avec une surprise : onze de ces 20 restaurants sont situés en dehors de Manhattan, huit à Brooklyn et trois dans le Queens. “Cela montre le côté dynamique et vraiment intéressant de la scène culinaire dans les arrondissements autres que Manhattan”, explique-t-il, estimant que la tendance va se poursuivre. Brooklyn, terre d’élection des hipsters, compte aujourd’hui un restaurant trois étoiles, un deux étoiles, et huit une étoile.

“New York reste l’une des villes les plus dynamiques, les plus créatives et les plus intéressantes” au monde, ajoute Michael Elis, saluant l’émergence de jeunes chefs qui ont “une vraie signature”, font une cuisine “très personnelle” avec des produits exceptionnels. Reflet de sa démographie – 36% des New Yorkais sont nés à l’étranger -, la ville a aussi cette particularité unique au monde, la multitude de ses cuisines. Cette année, elles sont 60 à avoir les honneurs du Michelin, cuisine birmane, cajun, autrichienne, péruvienne, polonaise, tibétaine, cuisine “fusion”, “barbecue”…

Plus d’étoiles que l’année dernière

Parmi les six “trois étoiles”, figurent deux restaurants français, Jean Georges (Jean-Georges Vongerichten), et Le Bernardin (Eric Ripert). S’y ajoutent le Japonais Masa de Masa Takayama, Per Se du Californien Thomas Keller, Eleven Madison Park où officie le Suisse Daniel Humm, et Chef’s Table at Brooklyn Fare, l’épicerie-restaurant de César Ramirez.

Il y a un seul restaurant français “deux étoiles”, Daniel de Daniel Boulud. Le chef originaire de la région lyonnaise reçoit également une étoile pour Café Boulud.

Au total, 874 restaurants (sur les plus de 20 000 que compte la ville) figurent dans cette édition 2015 du guide Michelin de New York, qui fête ses dix ans cette année. 73 sont étoilés, contre 67 l’an dernier. En plus des étoilés, on y trouve aussi, répartis dans les cinq boroughs, 126 restaurants à l’excellent rapport qualité-prix, les “bibs gourmands”, où l’on peut manger deux plats et boire un verre de vin ou déguster un dessert pour 40 dollars ou moins (hors taxes et pourboire).

L’édition 2015 répertorie aussi des dizaines de bons restaurants où manger pour moins de 25 dollars. Aux Etats-Unis, Michelin fonctionne comme partout ailleurs avec ses célèbres inspecteurs anonymes, qui payent leur addition et jugent les restaurants à partir de cinq critères : la qualité des produits, de la cuisine, le rapport qualité-prix, la personnalité du chef et la régularité de la cuisine.

Trois guides sont publiés aux Etats-Unis : à New York, à San Francisco (le 22 octobre) et à Chicago (le 12 novembre). Michelin qui publie 24 guides en Europe et Amérique du Nord, a prévu d’ajouter l’an prochain un petit nouveau à sa collection, celui de Sao-Paulo/Rio au Brésil.

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