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Monsieur Lefebvre, répondez !

EDITO. Elu député d’Amérique du Nord en 2013 avec 53,72% des suffrages exprimés et 85% d’abstention, à la suite de l’annulation de l’élection de la socialiste Corinne Narassiguin, Frédéric Lefebvre s’est fait remarquer depuis lors par son absence. Contrairement à son engagement de campagne, il n’a pas renoncé à son mandat de conseiller régional d’Ile-de-France. Il n’a pas de bureau, pas de représentation aux Etats-Unis ni au Canada.

Bien qu’UMP, il se singularise ces temps-ci par ses bonnes relations avec le gouvernement de Manuel Valls qu’il soutient. Dans son parcours politique, quelques traits saillants : Frédéric Lefebvre est l’homme des dénonciations tonitruantes, affirmant – entre autres – que “les trafiquants d’armes, de médicaments ou d’objets volés et les proxénètes ont trouvé refuge sur Internet, et les psychopathes, les violeurs, les racistes et les voleurs y ont fait leur nid” et demandant, en 2008, le contrôle sévère d’Internet. Un bref passage dans le secteur privé lui aura permis de créer une entreprise de communication prospère, Perroquet Institutionnel Communication (1996), puis une agence de lobbying, Causalis, en 2004. Et, ce n’est pas un mystère, Frédéric Lefebvre doit sa carrière politique de député et secrétaire d’Etat, à Nicolas Sarkozy qui l’imposa comme suppléant d’André Santini à Issy-les-Moulineaux en 2007, puis comme candidat UMP en Amérique du Nord, sans consultation des militants locaux.

Au terme de ce parcours épique, on s’attendrait à ce que le député sillonne sa nouvelle circonscription pour conquérir vraiment ses électeurs, si possible, les conserver. On s’attendrait aussi à ce que cet expert en communication soigne ses relations avec les médias locaux. Hélas, non ! Depuis un an, Frédéric Lefebvre refuse toute demande d’interview de France-Amérique, pourtant le seul journal français aux Etats-Unis. Mais l’entourage du député demanda, en revanche, –du moins au début de son mandat – que l’on reprenne ses communiqués, confondant France-Amérique avec son journal officiel.

Interrogé directement cette semaine encore à New York, par un journaliste de France-Amérique, le député refuse de répondre. Frédéric Lefebvre n’ignore pas que la presse est, aux Etats-Unis, le Quatrième Pouvoir, c’est-à-dire partie intégrante de la démocratie. Ne pas répondre à la presse, aux Etats-Unis, est un déni de la démocratie. Souhaitons que les partisans du député, à commencer par les militants locaux de l’UMP, lui rappellent ses devoirs. Nous aurions à France-Amérique, beaucoup de questions à lui poser, tant ce député-là est hors normes : sans parti pris, car nos lecteurs savent que France-Amérique ne soutient aucun parti et n’est soutenu par aucun.

 

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