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Municipales françaises : déroute pour les socialistes, le FN gagne une dizaine de villes

Le camp socialiste de François Hollande a connu dimanche une sévère déroute, au terme du second tour des municipales, perdant plusieurs villes importantes au profit de la droite, tandis que le FN a ravi une dizaine de mairies, dont Fréjus et Béziers.

Il s’agissait du premier test électoral pour le chef de l’Etat depuis le début de son quinquennat, en mai 2012, et l’ampleur de la déconvenue socialiste renforce l’hypothèse d’un remaniement ministériel rapide, peut-être dès lundi. La grande inconnue demeure le sort de Jean-Marc Ayrault. Jean-François Copé, président de l’UMP, a aussitôt salué “une vague bleue”, la “première grande victoire” de son parti à une élection locale. La droite les avait toutes perdues sous le quinquennat Sarkozy à partir des municipales de 2008. “La France gronde et accuse” Hollande, selon l’ex-Premier ministre François Fillon.

Dans le camp d’en face, Ségolène Royal (PS), citée comme possible entrante au gouvernement, a vu dans ces résultats “un avertissement très sévère”. “Il nous faut renouer le dialogue avec les Français”, a convenu Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement. “Un jour de tristesse pour les tous les socialistes”, a lâché François Rebsamen, qui sauve son fauteuil à Dijon.

D’après des estimations d’instituts de sondages et certains résultats définitifs, le PS a perdu Toulouse, Angers, Reims, Quimper, Saint-Etienne, Limoges, à gauche depuis 1912, Laval, Bar-le-Duc, Anglet, la Roche-sur-Yon, Valence, Périgeux, Tourcoing, Tours, Angoulême…

Le maire sortant PS de Roubaix, où la gauche s’est fortement divisée, a également annoncé sa défaite face à un jeune élu UMP, Guillaume Delbar. Annonce identique de la mairie de Belfort, autre fief de gauche qui bascule. A Grenoble, c’est le candidat écologiste allié au Parti de gauche qui prend la mairie aux socialistes.

Consolations pour le PS: la gauche serait en passe de conserver Paris – où Anne Hidalgo arrive devant Nathalie Kosciusko-Morizet – et Roland Ries conserverait la mairie de Strasbourg. Autre rare motif de satisfaction, le gain par Cécile Helle d’Avignon où le Front national était arrivé en tête au premier tour.

Au Front national de Marine Le Pen, l’heure était aux réjouissances. Selon des premiers résultats, le parti d’extrême droite l’emporte à Béziers avec Robert Ménard, à Fréjus, Villers-Cotterêts (Aisne), Le Pontet (Vaucluse), Beaucaire (Gard), le Luc (Var), Hayange (Moselle) et peut-être Cogolin (Var). Avec la victoire de Steeve Briois à Hénin-Beaumont, au premier tour, la semaine dernière, cela porte à une dizaine le nombre de mairies FN, une première depuis la création du mouvement en 1972. “Nous passons clairement à une nouvelle étape”, s’est félicitée la présidente du parti, répétant son credo sur la fin de l'”UMPS”. “Il faut désormais compter avec une troisième grande force politique dans notre pays”. Le FN échoue toutefois à l’emporter à Fobach (Moselle) et à Perpignan, où deux de ses dirigeants, Florian Philippot et Louis Aliot se présentaient. A noter aussi que le Front semble refluer dans plusieurs villes par rapport au premier tour comme à Reims, où il perdrait quatre points.

abstention record

Selon des estimations Ifop-SAS et CSA, la participation finale s’élèverait dimanche à 61,5%, soit une abstention record autour de 38,5% pour ce type de scrutin. Harris Interactive et OpinionWay mesuraient, de leur côté, 38% d’abstention au niveau national. Dimanche dernier au premier tour, l’abstention avait déjà atteint 36,45%, un chiffre jamais vu pour un scrutin de ce type. Elle s’affichait à 33,5% au premier tour de 2008. Au second tour, elle avait progressé encore à 34,8%.

La gauche misait sur une forte mobilisation de son électorat traditionnel pour tenter de limiter les dégâts, alors qu’elle restait sur sa performance de 2008 avec un solde positif de 82 villes de plus de 10 000 habitants remportées sur la droite (118 gagnées, 36 perdues). La droite devrait effacer ses pertes.

A Marseille, Patrick Mennucci (PS), au vu de ses mauvais résultats du premier tour, paraissait incapable de renverser la tendance pour empêcher Jean-Claude Gaudin (UMP), 74 ans, d’entamer un 4e mandat. Selon des estimations il serait battu dans le 1er secteur de Marseille où il se présentait. Défaite aussi de la ministre PS Marie-Arlette Carlotti dans le 3e secteur.

Premier résultat connu de la journée (le vote en Nouvelle-Calédonie ayant démarré à 22H00 samedi heure de Paris): la ville de Nouméa a élu pour la première fois une femme à sa tête, l’UDI Sonia Lagarde, qui a battu l’UMP Gaël Yanno. A Saint-Denis-de-La-Réunion, où en raison du décalage horaire le vote était en avance de deux heures, la gauche conserve la plus grande ville de l’outre-mer: Gilbert Annette (PS) l’emporte nettement avec 56,7% des voix. Saint-Paul est en revanche perdue par la députée DVG Huguette Bello. Seules 6 455 des quelque 36 700 communes sont concernées par le second tour.

Ce second tour intervient de surcroît à l’issue d’une semaine difficile pour la majorité qui a dû encaisser de nouveaux revers, avec le bond du chômage en février qui a atteint le chiffre record de 3,34 millions de personnes, suivi de la censure de la loi Florange sur la reprise de sites rentables -promesse de M. Hollande- par le Conseil constitutionnel.

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