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Nicolas Sarkozy partout, pour tous

Avant d’atterrir sur le sol américain à l’occasion de la 62esession de l’ONU, Nicolas Sarkozy accordait une interview au New York Times. Sur tous les fronts, le président de la République prend non seulement part à tous les débats publics en France mais entend bien jouer un rôle prédominant dans les questions de politique internationale.  


 


Nicolas Sarkozy a une ambition, il faut qu’il apprivoise cette ambition et qu’il s’apprivoise lui-même pour atteindre la sérénité” disait delui l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin lors d’une interview dimanche dernier. Son ancien collaborateur à Matignon regarde d’un œil sévère l’incroyable énergie dont fait preuve Nicolas Sarkozy depuis le début de son mandat. « [Il] doit sortir de la frénésie actuelle » car « les français ne peuvent pas vivre dans un tourbillon permanent », déclarait l’ancien chef du gouvernement.


 


« Visiblement agité », notaient également les journalistes du New York Times alors qu’ils regardaient le président français s’installer pour l’interview, dimanche dernier. « Quelquefois brusque, il a accueilli ses invités avec des poignées de main rigides et des bonjours sans âme. Remuant sans arrêt, il se balançait inconfortablement dans un fauteuil de velours vert and agrippant l’arrière des accoudoirs de chaque côté. Les muscles de sa mâchoire se crispaient. Son attitude était gênée. Il coupait la parole de ses interlocuteurs au milieu de leur phrase », écrivaient Elaine Sciolino et Alison Smale du célèbre quotidien américain.


 


Pourtant comme elles le remarquent immédiatement ensuite, « il n’y avait rien d’hésitant dans la manière dont Mr Sarkozy a organisé son agenda avant son arrivée à New York ».  Le chef de l’État, qui ne cesse de faire parler de lui dans l’Hexagone, mais aussi à l’extérieur, souhaite attribuer un rôle central à la France sur le plan international en se portant garant des valeurs universelles. « Et la spécificité de la France doit être là, un pays qui ne doute pas de ses valeurs ni de ses alliances mais qui justement, […] a la force de tendre la main à toute la planète », déclarait-il au journal.


 


Lors de son interview, le locataire de l’Élysée a évoqué tous les grands chantiers de l’ONU, comme l’inévitable sujet du programme nucléaire iranien ou le retour de la France dans la structure militaire de l’OTAN après que celle-ci s’était retirée en 1966, avant d’être partiellement représentée depuis 1996. « Je veux me battre pour l’Europe de la défense […]. L’Europe ne peut pas être une puissance économique sans assurer sa propre sécurité […] il va de soi que si nous devions envisager un tel mouvement, il ne pourrait avoir lieu que dans la mesure où une place serait faite dans les instances de direction, au plus haut niveau, pour des représentants de la France », déclarait Nicolas Sarkozy. Sur le plan européen, celui que la presse allemande appelle sarcastiquement « le nouveau Napoléon » entend bien redonner au pays une place centrale. « On ne peut pas me reprocher de vouloir la première place pour la France. Je pense que la France a une responsabilité particulière en Europe. Pays fondateur, un des pays les plus peuplés, si la France ne prend pas d’initiative, qui le fera ? » a-t-il demandé aux journalistes.  L’ambition de Nicolas Sarkozy ne s’arrête pas à la reconquête de l’estime par ses pairs.  Les États-Unis, comme l’Europe, ne sont pas les seuls territoires où le président entend avancer ses pions. « Le détroit de Gibraltar, c’est 12 kilomètres. Je pense que le destin de l’Europe et de l’Afrique, c’est lié. Je dis aux nations européennes que l’Afrique est notre problème », coupe-t-il, alors que le journaliste entamait sa question sur les initiatives de la France au Kosovo, Darfour, Liban… «  La France a vocation à s’occuper de toutes ces situations. Parce que la France a un message pour tout le monde », a finalement conclu le chef de l’État.


 


Dans son article, le New York Times accordait une place importante aux déclarations flatteuses de Nicolas Sarkozy sur les États-Unis. « Je n’ai jamais caché mon admiration pour le dynamisme américain », « J’aime la gentillesse et la simplicité des gens », retranscrivaient les journalistes en n’oubliant pas de mentionner ce que le président dit avoir aimé en passant ses vacances de l’autre côté de l’Atlantique. Même pays, même engouement, mais public différent, le président français a été très applaudi à la fin de son discours pour la 62e Assemblée générale des Nations Unies. Sa voix et son expression sévère, notamment sur la question iranienne, ont laissé peu de place à l’impact, sur le sujet, de son homologue allemande Angela Merkel, qui lui apporte un soutien européen sur la crise iranienne. Même sort pour son détracteur, le dirigeant iranien Mahmoud Ahmadinejad qui affirmait ces derniers jours que Téhéran n’avait pas l’intention de se doter de l’arme nucléaire, « une arme dépassée » selon lui.


 


Celui qui fascine l’opinion publique pour sa vision du monde proche des valeurs américaines ne semble pourtant plus se placer en fervent adorateur des États-Unis, mais bel et bien comme le représentant d’une puissance égale. « Aux États-Unis et en France, on pense que nos idées ont vocation à irradier le monde et c’est peut être là, que se trouve la compétition entre nous. C’est peut être le fait qu’on se ressemble », déclare-il. Autre mention qui, cette fois, laisse à croire que Nicolas Sarkozy ne se place plus en second mais bien en premier, l’exemple bien choisi qu’il a pris pour illustrer l’amitié entre les deux pays. « Je le vois dans la tradition historique de Rochambeau et de Lafayette. A l’époque, il y avait 20 millions de Français et 4 millions d’Américains et c’est le génie de Louis XVI d’avoir compris  que cette jeune démocratie américaine, il fallait l’aider ». Au lieu de rappeler cette amitié par un symbole plus récent mais moins prestigieux pour la France – la seconde guerre mondiale, par exemple- le chef de l’État pourrait avoir soigneusement choisi son exemple pour rappeler l’image d’une France fondatrice des États-Unis. Et le président de signifier également la noblesse de l’attitude française, lorsque le Comte de Rochambeau, sans qui les américains n’auraient pu gagner la bataille pour  l’indépendance deYorktown, a refusé l’épée qui revient au vainqueur pour la laisser au premier président des États-Unis, George Washington.


 


L’article du New York Times, Sarkozy, a Frenchman in a Hurry, Maps His Path par Elaine Sciolino et Alison Smale:


http://www.nytimes.com/2007/09/24/world/europe/24sarkozy.html


 


L’intégralité de l’interview dont est issu l’article du New York Times est disponible sur le site de l’Elysée: http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/2007/septembre/interview_du_president_de_la_republique_accordee_au_new_york_times.79471.html


 

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