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Obama-Romney : les Français des Etats-Unis sont partagés

France-Amérique a recueilli les témoignages de Français qui voteront lors de l’élection présidentielle américaine. Ils nous expliquent leur choix.

L’économie plus importante que les questions de société

Annabelle Marsh, 40 ans, bénévole dans une association à but non-lucratif, Clive, IA

Pour sa troisième élection aux Etats-Unis en tant que citoyenne américaine, Annabelle votera une nouvelle fois pour le candidat républicain. “Barack Obama a privilégié certaines réformes comme Obamacare, alors qu’il aurait dû se concentrer sur l’économie”. La Française accuse aussi le président sortant d’avoir divisé le pays en excluant les républicains avec la réforme de la santé. Elle ne trouve qu’un point positif au mandat de Barack Obama : l’amélioration des relations entre les Etats-Unis et la France. La situation économique est trop grave selon elle pour redonner quatre ans au candidat démocrate. “J’aurais voulu avoir la possibilité de voter pour un candidat dont je partage la position sur la question de l’avortement. Mais je suis convaincue que Mitt Romney sera un président qui saura travailler avec les démocrates et les républicains pour redresser la barre de l’économie”. Si elle comprend que les Français de l’Hexagone préfèrent Barack Obama, elle regrette que les médias francophones soient aussi tendancieux. “Cela doit être difficile pour les Français de se faire une autre opinion, toute la presse va dans le sens de Barack Obama !”

Préserver Obamacare

Bernard Bossart, 57 ans, ingénieur, Rush City, MN

Après Bill Clinton, George W. Bush et John Kerry, c’est à nouveau Barack Obama qui aura la voix de Bernard Bossart. “Je suis convaincu par sa sincérité et son côté humain. D’autre part, il a fait ce que personne n’avait réussi auparavant : mettre en place un programme d’assurance médicale pour tous. Même si la loi est loin d’être parfaite, il sera toujours temps de la modifier et de la parfaire dans l’avenir”. Bernard Bossart a très peur d’une élection de Mitt Romney, qui a d’ores et déjà annoncé qu’il abrogerait Obamacare. “Beaucoup de gens aux Etats-Unis sont ruinés parce qu’un membre de leur famille est tombé gravement malade. Je considère qu’à notre époque, un pays qui se dit civilisé devrait avoir au moins un système de retraite et une assurance médicale. C’est pourquoi je crois que Barack Obama devrait avoir l’opportunité de continuer ce qu’il a commencé”. S’il regrette les faibles résultats du président sortant sur l’économie, il ne perçoit aucun plan concret côté républicain qui pourrait relancer l’emploi aux Etats-Unis. En matière de politique étrangère, Bernard Bossart fait également confiance au candidat démocrate, même s’il regrette que les Etats-Unis soient encore présents en Afghanistan. “Obama a une grande qualité, il croit à la concertation avec les autres pays sur les conflits internationaux. Mitt Romney me donne l’impression de vouloir prouver au monde que l’Amérique est la plus forte, alors que Obama estime que les conflits ne peuvent se résoudre qu’avec la diplomatie et la concertation”.

L’Etat n’est pas la solution

Alain Bellet, 66 ans, président de Capstone Underwriters, Dallas, TX

“Sans aucune hésitation je voterai pour Mitt Romney”. Depuis qu’il a obtenu la nationalité américaine en 1990, Alain a voté sans discontinuité pour le candidat républicain. Le Français, se considérant davantage comme un libertarien, n’apprécie guère la volonté de la gauche de résoudre les problèmes humains par le biais du gouvernement. “Il est tout à fait ahurissant que la gauche s’arroge le droit de penser, d’agir, de philosopher au nom d’un peuple qu’elle considère totalement inapte à agir, à penser et à philosopher sans son aide. Un gouvernement fédéral a deux principales fonctions : assurer la sécurité de ses citoyens et exercer la diplomatie auprès des autres Etats”. Le premier débat présidentiel, dans lequel Mitt Romney était à son avantage, a conforté Alain dans son choix. “Ça n’a pas été une surprise. ll est difficile d’être au courant des affaires de l’Etat quand on joue au golf, au basketball et qu’on passe son temps en campagne électorale depuis deux ans au lieu de gouverner”, gronde Alain Bellet. Le Français veut croire à une victoire de Mitt Romney même s’il craint que les médias n’influencent trop les électeurs en faveur du candidat démocrate. “La presse a poussé puis protégé un incompétent qui correspondait à une nouvelle Amérique, complètement utopique”.

Obama, plus proche des jeunes

Madeleine Herisson-Leplae,  18 ans, élève en terminale, Milwaukee, WI

Dans le Lycée de Madeleine, la moitié des élèves se désintéressent totalement de l’élection et n’ont aucune opinion. Elle, fait partie de ceux qui suivent la campagne de près et en discutent parfois avec ses professeurs en classe. Née franco-américaine, elle votera pour la première fois à une élection, le t-shirt de Barack Obama sur le dos. Le président démocrate aura sa voix “car ses idées sont plus attirantes pour la mentalité des jeunes”. Elle apprécie aussi que Barack Obama ne limite pas les droits des femmes et des homosexuels. Si la personnalité de Michelle Obama n’a pas d’influence sur son vote, elle se réjouit que la Première dame utilise son pouvoir et son rôle pour faire des bonnes actions.

Lutter contre l’intrusion de l’Etat

Suzanne Guggenheim, 68 ans, Directrice d’une société d’ambulances, Corpus Christi, TX

“Voter pour le moindre mal, c’est pénible. Mais il n’y a vraiment qu’un seul choix raisonnable dans cette élection”. Fondatrice du mouvement conservateur texan Tea Party Patriots PAC, Suzanne Guggenheim donnera logiquement sa voix à Mitt Romney. Mais elle aurait préféré un candidat plus conservateur pour représenter les républicains. Aujourd’hui, tout ce qui lui importe, “c’est changer le locataire de la Maison Blanche”. “Il faut lutter contre la transformation profonde que Barack Obama veut pour l’Amérique”. Elle qui vote pour le candidat républicain depuis 1992, n’a jamais été aussi préoccupée par la possible victoire du camp d’en face. “L’économie a été complètement détruite. Et l’on se dirige vers une omniprésence de l’Etat contraire aux valeurs de l’Amérique”.

Le partage plutôt que l’individualisme

Erwan Moison, 32 ans, directeur de réception au Hyatt Regency, Minneapolis, MN

Citoyen américain depuis six mois, Erwan compte bien participer à la victoire d’Obama. “J’étais frustré de ne pas avoir pris part officiellement à cet événement mondial qu’était l’élection de 2008. Je savais que je ne pourrais pas dire à mon enfant ‘j’ai voté pour Obama en 2008’. Alors que mes parents, eux, m’ont dit ‘j’ai voté pour Mitterrand en 1981′”. Ce Breton de 32 ans préfère la société du partage prônée par le président démocrate à l’éloge de l’individualisme des républicains. Pour autant, l’issue de l’élection n’aura pas une importance majeure selon lui. “Je trouve que la vie citoyenne est plus détachée de la vie politique aux Etats-Unis qu’en France. J’ai le sentiment que les Américains attendent moins de leur président”. Erwan n’essaie d’ailleurs pas de convaincre ses proches de voter pour Barack Obama. “Je ne me sens pas encore assez américain pour pouvoir supporter ouvertement un candidat et donc essayer de convaincre d’autres personnes de voter pour ce même candidat. J’aurais eu du mal à être persuadé de voter pour Hollande ou Sarkozy par un Américain devenu citoyen français six mois auparavant !”

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