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Olivier Cassegrain

Olivier Cassegrain est né « Longchamp ». Son grand-père, Jean Cassegrain, a créé cette affaire en 1948, mais à l’origine l’entreprise Longchamp fabriquait des pipes que l’aïeul avait eu l’idée de ganser de cuir par souci esthétique. Les pipes Longchamp ont fait le tour du monde. « Lorsque nous avons ouvert notre première boutique à New York sur Madison Avenue en 1999, j’ai reçu une lettre d’un client fidèle (très fidèle !) de la maison qui souhaitait réparer sa pipe, un article que nous ne fabriquons plus depuis 25 ans ! », raconte Olivier, 37 ans, installé à New York depuis huit ans, qui dirige l’entreprise familiale aux États-Unis. Il a même découvert qu’Elvis Presley était un client de la maison: la pipe Longchamp du rocker est exposée comme souvenir au musée de Pigeon Forge dans le Tennessee. Des pipes de bruyère aux sacs il n’y a (presque) qu’un pas allègrement franchi par Philippe, le père d’Olivier, qui pour ses distributeurs commence à dessiner des articles pour fumeurs, puis de la petite maroquinerie, et – pourquoi pas – des bagages et enfin des sacs à partir de 1975. « Nos clients buralistes de luxe ont évolué avec nous et sont devenus maroquiniers!» explique le directeur.

En arrivant à New York, Olivier, qui a fait des études hôtelières en Suisse à Glions puis travaillé cinq ans dans l’hôtellerie avant de rejoindre l’entreprise familiale, a pour mission de trouver un lieu pour la première boutique américaine de la marque: ce sera Madison Avenue. Aussi chic que la rue Saint-Honoré où est installée la boutique parisienne au numéro 404. Toute la famille est réunie pour l’inauguration new-yorkaise de l’espace dessiné par l’architecte François Nourrissat, notamment le frère d’Olivier, Jean, directeur général de Longchamp et sa sœur Sophie, responsable du style. Aux États-Unis la marque est déjà connue et pas seulement pour les pipes! La fameuse collection Pliage en 1993 imaginée par Philippe Cassegrain a séduit les Américaines toujours à la recherche de plus d’efficacité dans leur organisation au quotidien. Le petit sac qui se met dans le grand, se démultiplie, était une idée de génie pour la femme hyperactive qui, du matin au soir, du club de gym au cocktail, peut ainsi faire preuve de son don d’ubiquité.

300 millions de dollars

La réussite est grandiose. Aujourd’hui le volume d’affaires aux États-Unis représente 10% du chiffre d’affaires total qui est d’environ 300 millions de dollars. 80 des 1300 salariés de l’entreprise travaillent sur le territoire américain. En huit ans, la marque a ouvert une dizaine de boutiques, à Boston, Coral Gables, Las Vegas et San Francisco notamment. Les produits Longchamp sont vendus dans une centaine de corners chez Saks, Bloomingdale’s et Nordstrom et dans 159 speciality stores ou boutiques de luxe. « Notre entreprise familiale est entièrement autofinancée. Nous avançons prudemment mais sûrement. L’ouverture d’une boutique par an environ me paraît raisonnable », explique Olivier Cassegrain. Mais le clou de l’aventure américaine a été à ce jour l’ouverture le 23 mai 2006 d’un nouvel espace à Soho, dessiné par l’architecte anglais Thomas Heatherwick, à qui l’on doit notamment le Rolling Bridge, pont-levis qui s’enroule sur lui-même et nouvelle attraction touristique londonienne. (L’architecte avait dessiné le sac Zip pour la marque en 2004).

Les riches et célèbres étaient au rendez-vous. «Ce fut un lancement très réussi et l’accueil a été excellent. J’avais recommandé à l’architecte d’aller voir la boutique Apple de Soho, un de mes lieux favoris. Le large escalier en verre permet aux gens de monter à l’étage. C’est un exemple très réussi de commerce vertical. À Soho nous sommes partis sur cette idée ce qui a donné ce monumental escalier en volutes de bois », raconte Olivier. Du coup il a installé ses bureaux à Soho où il aime aller dîner à l’Antic garage sur Mercer Street tout en regrettant vivement «son »bistrot uptown, un des rendez-vous français de New York, Le Bilboquet. Olivier Cassegrain connaît les French Tuesdays depuis leur création il y a quatre ans et fréquente volontiers ces soirées festives. « Le concept a évolué d’évènements très français et axés sur le networking de business à des soirées plus ouvertes et aujourd’hui très recherchées. Et il y a toujours des gens avec des parcours intéressants à rencontrer».

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