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Ouverture du procès de l’islamiste Rachid Ramda

Lundi s’est ouvert le procès de Rachid Ramda, accusé de complicité dans les attentats qui ont frappé Paris en 1995. L’extrémiste algérien risque dix ans de détention supplémentaires pour sa participation présumée dans l’attaque islamiste la plus meurtrière commise sur le territoire français. 

À l’abri des vitres blindées du box des accusés, Rachid Ramda, 38 ans, fait face à près de 50 victimes des attentats de Paris venues se constituer partie civile au procès. L’homme est soupçonné d’avoir organisé et financé l’attentat du 25 juillet 1995 dans la station de métro Saint-Michel. Ce jour-là, huit morts et plus de 150 blessés ont été victimes d’un acte qui aurait été, à l’origine, commandité par le GIA algérien (Groupe islamique armé).

 « Je n’étais pas et je ne suis pas en mesure de donner des ordres à quiconque car je ne possède aucun pouvoir sur quiconque », aurait répondu Rachid Ramda à sa décharge, selon le quotidien Libération. Durant tout le mois d’octobre, la Cour d’assises de Paris va statuer sur des faits auparavant jugés en mars 2006 par le tribunal correctionnel de Paris et confirmés en décembre par la Cour d’appel. « On ne peut pas être jugé deux fois pour les mêmes faits », clament Me Serre et Me Bono, qui par ailleurs, dénoncent une « instruction à charge » après le résultat de la perquisition au domicile de l’accusé. « Les enquêteurs ont retrouvé un ou deux documents portant ses empreintes, mais ont aussi saisi un nombre incalculables de documents sur lesquels il n’y a pas ses empreintes », ont-ils rapporté aux journalistes.

 Celui qui se fait aussi appeler Abou Fares, serait pourtant également responsable des attentats du Musée d’Orsay et de la station Maison-Blanche, survenus en octobre de la même année. Ces actions terroristes, pour lesquelles subsistent encore des zones d’ombre, ont été opérées deux semaines  après l’assassinat à Paris de l’imam modéré Abdelbaki Sahraoui. 

Mis en cause pour « association de malfaiteur » et « assassinats en relation avec une entreprise terroriste » Rachid Ramda risque jusqu’à dix ans de réclusion supplémentaires, qui viendraient s’ajouter aux dix ans auparavant effectués dans les prisons britanniques. Interpellé à Londres en novembre 1995, il avait été l’objet d’un bras de fer entre les autorités françaises et celles de l’Angleterre qui a duré plus d’une décennie. Malgré les demandes du gouvernement britannique, la Haute Cour de Justice de Londres rejetait les demandes d’extradition redoutant des « mauvais traitements » en France.

 

La Grande Bretagne, aussi victime d’attentats terroristes qui ont fait 56 morts et 700 blessés le 7 juillet 2005 lance quant à elle une invitation à la paix à travers l’initiative de l’association « Islam in Peace ». Après le message « Not In Our name » (« Pas en notre nom ») qui a circulé dans la presse, la deuxième étape de la campagne fait passer le mot dans les transports en commun. La menace Al Qaïda étant toujours présente dans les esprits, les anglais tentent de préserver les éventuelles tensions entre les communautés en sensibilisant la population sur l’amalgame entre l’Islam et l’Islamisme.

 

Condamnés à perpétuité en 2002 à l’issue du procès de ces trois attentats –procès auquel Rachid Ramda ne s’était pas rendu- Boualem Bensaïd et Smain Aït Ali Belkacem devraient apporter des précisions décisives en venant témoigner le 10 octobre prochain.

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