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Paroles et musique

Le dernier album de Carla Bruni sort cette semaine aux États-Unis, profitant de la folie médiatique provoqué par sa vie privée, sous le regard quelque peu ironique de la presse américaine.

Quand il s’agit de la première dame de France, la presse américaine semble presque aussi gourmande que les médias français. Mais cette fois c’est la rubrique culture (ou plutôt idées & tendances), qu’alimente Carla Bruni, laissant, les amateurs de « people » sur leur faim. En effet le New York Times vient de rappeler à ses lecteurs que s’il y a un avant et après le mariage, Mme Sarkozy reste avant tout une artiste… avec des lettres, puisque les textes de son dernier album No promises qui sort dans quelques jours aux États-Unis sont ceux de monuments de la poésie anglo-saxonne : l’Américaine Dorothy Parker , l’Anglaise Emily Dickinson, ou encore l’Irlandais Yeats. De grands noms qui ne peuvent éclipser l’effet marketing bien plus efficace de son nouvel état-civil.

Ce qui amène l’auteure de l’article – une femme -, intitulé "The Beautiful Duckling Gets the Presidents and the Poets" ("Le beau petit canard met la main sur les présidents et les poètes") à s’interroger ironiquement sur l’injustice d’un monde où un top model peut aussi avoir un cerveau et du talent. Une pointe d’envie mais surtout beaucoup d’ironie de la part de la journaliste qui cherche visiblememt l’erreur à travers les vers chantonnées par l’Italienne. Pour l’aider dans sa tâche, le poète américain Paul Muldoon qui salue l’excellent goût de Carla Bruni. "Yeats était un maître de la ‘ballade’ et était lui-même très interessé par la chanson, et écrivit dans ce cadre, souligne-t-il. Dans le cas de Emily Dickinson, on ne peut distinguer sa poésie de la tradition des ballades avec souvent l’alternance de lignes 8 ou 6 syllabes (…) J’ai hâte d’entendre le résultat", ajoute-t-il, galant.

Difficile aussi de résister à l’envie d’interpréter les choix de Carla Bruni à l’aune des derniers évènements. Les chansons sont graves, les paroles tristes. "On aimerait croire que ce genre de solitude et désir est le domaine réservée de femmes moins fatales. Mais Mme Sarkozy, comme nous, est mortelle. Et ses choix fait en tant qu’ ancien supermodel approchant le mauvais bout de la quarantaine en sont certainement une réflexion", conclut Mary Jo Murphy. Un zeste de solidarité féminine ? Ca dépend… des lunettes. "On peut-être certain que lorsque Dorothy Parker a écrit : “Les hommes draguent rarement les filles qui portent des lunettes" elle n’avait pas en tête, des femmes comme Carla Bruni faisant un tour guidé des pyramides en lunettes de soleil Dolce & Gabbana au bras de leur ‘beau’ qui fait des extras comme président de la République…" Avec ce genre de couverture extensive et un peu décalée, diffcile de prévoir la réception de No promises aux États-Unis.

No Promises (2007, Naive)
www.carlabruni.com

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