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Patrick Bruel en tournée américaine : “Je reprendrai quelques classiques américains, de Billy Joel à Stevie Wonder”

Patrick Bruel arrive aux Etats-Unis pour une série de concerts, du 30 octobre au 8 novembre. Après un premier concert à Miami, il se produira à New York, Boston, Houston, Washington D.C. et Los Angeles.

France-Amérique : Certains journalistes vous ont décrit comme “le Bruce Springsteen français”. Quelles sont vos inspirations musicales américaines ?

Patrick Bruel : J’ai un parcours qui va de la chanson traditionnelle française, Barbara, Brel, Brassens, jusqu’à la variété française, avec Johnny Hallyday ou Michel Sardou par exemple. Mais j’ai été influencé dès mon plus jeune âge par la musique anglo-saxonne, et américaine. J’adore Bruce Springsteen, Billy Joel… C’est avec les chansons de Bob Dylan que j’ai appris mes premiers accords de guitare. D’ailleurs, tout au long de ma tournée aux Etats-Unis, je reprendrai quelques chansons en anglais. Je ne vais pas jouer tous les soirs la même chanson, mais je reprendrai des classiques, de Billy Joel à Stevie Wonder par exemple.

Vous avez vécu aux Etats-Unis pendant votre jeunesse, quel souvenir gardez-vous de ces années passées à l’étranger ?

Mes deux années passées à New York quand j’étais jeune sont inoubliables pour moi, ce sont des années fondatrices. C’est dans cette ville que je me suis construit. Son énergie m’a conduit là où je suis. Aux Etats-Unis, j’ai beaucoup appris sur moi, sur mon potentiel, sur ma capacité à aller de l’avant et à entreprendre. Je suis revenu en France avec un nouvel état d’esprit, avec l’idée que tout était possible.

En plus de votre carrière de chanteur, vous êtes acteur, est-ce qu’une carrière cinématographique aux Etats-Unis vous intéresserait ?

J’ai fait quelques tentatives, mais pour réussir il faut vivre aux Etats-Unis, et surtout beaucoup travailler : rencontrer des réalisateurs, faire des castings… Mais ce serait avec plaisir !

Y’a-t-il un film, ou un acteur américain qui vous ait particulièrement marqué ?

Difficile d’en choisir un seul ! J’ai adoré la série du Parrain. Le jeu d’Al Pacino et de Marlon Brando m’a influencé. Je n’ai pas pris beaucoup de cours d’art dramatique, mais voir de tels acteurs jouer, c’est très formateur.

Vous êtes un artiste polyvalent, vous avez vendu 14 millions d’albums… Quels objectifs vous fixez-vous pour la suite de votre carrière ?

Mon objectif principal, c’est que ça dure. Il faut toujours se renouveler, être étonnant, prendre des risques, innover et convaincre les gens de vous suivre dans votre audace. Cette année, entre mes concerts au stade de Lille et au Royal Albert Hall à Londres, je prends beaucoup de plaisir ! La tournée aux Etats-Unis, c’est la cerise sur le gâteau.

Dans votre discographie, on peut voir à la fois un album de reprises de l’entre-deux-guerres, mais aussi un duo avec le rappeur La Fouine… Vous voyez-vous comme un trait d’union entre les générations ?

Si je peux en être un des vecteurs, c’est formidable. Tant qu’il y a de la cohérence, on peut passer de Maurice Chevalier à La Fouine (rappeur français, ndlr) sans aucun problème. J’adore voyager dans des mondes musicaux différents.

En ce moment beaucoup de jeunes disent vouloir quitter la France pour aller s’installer à l’étranger, et notamment aux Etats-Unis… Est-ce que vous les comprenez ?

Oui. A partir du moment où on ne favorise pas assez en France les talents, qu’on ne donne pas assez de perspectives aux jeunes, c’est un phénomène logique, même s’il ne faut pas non plus tous les pousser à partir. On a beaucoup parlé de la fuite des capitaux, mais on ne parle pas assez de la fuite des talents : elle est tout aussi grave, voire encore plus.

Deux candidats du Front national ont fait leur entrée au Sénat à l’occasion du renouvellement de la chambre haute… Est-ce que cette progression du FN vous inquiète ?

Bien sûr, comme tout le monde. Même si l’entrée au Sénat de deux élus Front national reste le résultat d’une réalité politique. La question est de savoir pourquoi. Personne n’a su endiguer la crise de 2008 ; le Front national s’appuie donc sur la peur des gens, sur le repli sur soi pour s’implanter en France. C’est navrant mais c’est comme ça. Le FN ne résoudra jamais aucun problème, il ne les a jamais résolus nulle part. Aujourd’hui, les gens se tournent vers le vote populiste parce que les partis traditionnels les ont déçu. C’est un vote de repli.

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