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Patrick Bruel: «Je me suis construit artistiquement à New York»

Acteur, chanteur, auteur-compositeur, champion de poker. Avec son charme méditerranéen, Patrick Bruel, 52 ans, a instauré une proximité unique avec son public. Plus qu’une simple vedette de la chanson aux 8 millions d’albums vendus, il est un phénomène de société. En France, on parle d’ailleurs de « Bruelmania ». En parallèle du tournoi du World Series Of Poker 2011, auquel il participe, l’artiste donnera son premier concert à Las Vegas, le 2 juillet prochain. Entretien.

France-Amerique : Deux ans après votre dernière tournée, vous vous produisez à Las Vegas le 2 juillet.  Chanterez-vous votre répertoire traditionnel ?

Patrick Bruel : Oui, je reprends la formule que j’ai pratiquée pendant un an en France. Je suis seul, au piano et rejoint sur scène par un copain qui m’accompagne à la guitare. Ce type de concert a quelque chose de très intime mais qui se termine en général en frénésie totale. A Las Vegas, je reprendrai tous mes tubes, plus quelques chansons en anglais. Il y aura aussi des nouveautés, et puis quelques duos et des surprises puisque j’aurai quelques invités. Il y aura par exemple Line Renaud, la papesse de Vegas, qui fête son anniversaire le 2 juillet. On devrait chanter en duo What a wonderful world de Louis Armstrong.

Quels tubes allez-vous interpréter ?

Tous ! Il y aura Alors regarde, Casser la voix, Place des grands hommes, Au café des délices. Je les fais absolument tous, c’est ma facon de procéder. On ne m’a jamais reproché d’avoir ignoré un tube en concert.

Vous assistez régulièrement aux World Series de poker à Las Vegas. Que représente cette ville pour vous ?

Je vais à Las Vegas tous les ans depuis 1994 pour les championnats de poker. Curieusement, je ne suis pas joueur dans l’âme. Je ne joue qu’au poker et à aucun autre jeu. En dehors du jeu, Las Vegas reste un lieu magique qui m’évoque la fête, les spectacles, les restaus, les copains. Vegas a réussi le tour de force d’intéresser même les gens qui ne sont pas joueurs. Y faire un concert en plus du tournoi de poker, c’est la cerise sur le gâteau pour moi. Et puis il y a une grosse communauté française là-bas, j’espère qu’on va faire une jolie fête ensemble !

Vous avez également vécu à New York par le passé. Dans quel contexte ?

Un contexte amoureux (Rires). J’avais à peine vingt ans. Je devais partir 3 semaines, je suis finalement resté un an et demi à New York.

On vous sent ému…

Oui… C’était un New York merveilleux. Je me souviens de Billy Joël sur Broadway… C’était avant les années sida. New York bouillonnait de créativité, tout avait quinze d’avance là-bas. Je me suis construit artistiquement à New York. J’ai compris là-bas qu’il m’était possible de vivre de ma passion. C’est le message que New York offre à tous ceux qui savent comment l’aborder. Si on la prend mal en revanche, elle peut rapidement devenir hostile. Mais si vous l’aimez, elle vous le rend au centuple. Je suis très attaché à cette ville. J’y ai même enregistré deux albums. Elle a beaucoup compté pour moi.

Un fait qui vous a marqué à New York ?

He bien j’avais ma chambre au Dakota Building le 8 décembre 1980, le jour de l’assassinat de John Lennon. J’étais au Village ce jour-là. La rumeur a traversé le quartier en un éclair. J’ai fait partie des badauds ahuris par la nouvelle. C’était irréel…

Vous tournez actuellement dans « Paris Manhattan », le premier film de Sophie Lellouche avec Woody Allen dans son propre rôle…

Je suis en ce moment même sur le plateau mais je ne peux pas vous en dire plus pour le moment, hormis qu’il est extraordinaire de tourner avec quelqu’un comme Woody Allen. Le film devrait sortir d’ici la fin de l’année.  

Vous donnez l’image d’un homme d’une grande gentillesse mais souvent en colère.

J’ai été élevé dans un milieu assez politisé, assez engagé. J’ai grandi en écoutant Brel, Brassens, Ferré. La résistance fait donc partie de ma nature. Etudiant, j’étais aussi très politisé. Quand, plus tard, je me suis retrouvé face aux micros ou aux caméras, j’ai juste continué à exprimer mes idées. Il ne faut pas se refuser ce droit de parole sous prétexte qu’on a une certaine notoriété mais il ne faut pas en abuser non plus .

Chez vous, l’artiste semble toujours se confondre avec le citoyen et la politique.

C’est inévitable. Un artiste est d’abord un citoyen. Et puis tout est politique. Mettre un pied devant l’autre est politique. Elever son enfant est aussi un acte politique. Aller acheter du pain est politique ! (Rires) Plus sérieusement, un artiste chante ou joue le monde dans lequel il vit. Son art se confond nécessairement avec la politique. Et l’artiste, comme toute personne qui se respecte, a des droits mais aussi des devoirs civiques.

Etes-vous stupéfait comme la plupart des Français par l’arrestation de DSK, un socialiste que vous souteniez ?

J’ai un devoir de réserve sur cette affaire. J’attends que la justice fasse son travail. Attendons simplement, et cessons de donner des leçons aux américains sur la présomption d’innocence.

Infos pratiques

Concert Just You and Me de Patrick Bruel le 2 juillet 2011, à  9pm, à l’hôtel Wynn de Las Vegas.

Wynn Hotel :

3131 Las Vegas Boulevard South,

Las Vegas, NV 89109

Tél. : (877) 321-9966 ou (702) 770-7000

Site : www.WynnLasVegas.com

Site officiel de Patrick Bruel : http://www.patrickbruel.com/


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