The End

Pèlerinage sur la tombe de Jim Morrison à Paris

Au cimetière du Père Lachaise où il est enterré, le culte de Jim Morrison est toujours vivace et les nostalgiques des années 1960 croisent sur sa tombe des adolescents nourris depuis le berceau à la poésie du « roi Lézard ».
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© Joaquín O.C.

La tombe du chanteur des Doors, mort à Paris le 3 juillet 1971 à l’âge de 27 ans, est une simple dalle cachée entre d’imposants caveaux. La stèle est pourtant une des sépultures les plus visitées du Père Lachaise où reposent Chopin, Marcel Proust et Oscar Wilde. Le platane qui étend ses branches au-dessus de la tombe et le lampadaire tout proche sont couverts de graffitis rendant hommage à l’icône du rock des Sixties.

Derrière les barrières de sécurité qui protègent la tombe de Jim Morrison et les caveaux adjacents, une vingtaine de personnes se pressent en permanence pour apercevoir le buste du chanteur et la simple plaque à son nom. La pierre tombale est jonchée de roses, mais aussi de bouteilles de vin, de bourbon et de bière à moitié vides, « hommages » aux penchants éthyliques du chanteur.

Assis à côté de la tombe, Alex, quinquagénaire en blouson de cuir noir, fredonne doucement les paroles de « The End », la célèbre chanson des Doors. « J’ai écouté sa musique de façon tellement intense quand j’étais gamin », explique à l’AFP cet Américain installé à Paris. « Quand j’avais 15 ans je l’adorais, ses paroles était si profondes. Il avait un réelle fascination pour la mort, comme une prophétie qu’il a lui-même réalisée. »

Gunther, un Allemand de 54 ans, est venu spécialement au Père Lachaise pour voir la dernière demeure de Jim Morrison. « Morrison, c’est ma jeunesse », s’exclame-t-il. « Etre là fait ressurgir un tas de souvenirs de cette époque-là. » Mais les plus fervents sont ceux qui sont trop jeunes pour avoir vécu les années 1960. Bercés par la discothèque de leurs parents, ils vénèrent en Jim Morrison une certaine idée du rock’n’roll aujourd’hui disparue.

« J’ai 17 ans et j’écoute les Doors depuis l’âge de 3 ans », dit Jay Stanley, venu des Etats-Unis avec sa classe de lycée pour un voyage scolaire. « Morrison incarne l’Amérique, c’est mon idole, les murs de ma chambre sont couverts de posters de lui. » Après avoir longuement filmé la tombe avec sa caméra, le jeune homme blond enjambe les barrières pour allumer une cigarette sur la stèle de l’auteur de « Light My Fire ». Pourquoi ? « C’est Jim et je crois qu’il a bien besoin d’en griller une », explique-t-il en haussant les épaules.

Frêle dans son jean slim jaune et son T-shirt des Doors, Maria a apporté un petit bouquet d’oeillets. « C’est le père du rock’n’roll, j’aime sa musique, son mysticisme », dit la jeune fille de 27 ans. Venue de Russie pour le mariage d’amis, elle a tenu à se recueillir sur la tombe du chanteur. « Toute ma vie, j’ai tellement rêvé de le faire et maintenant, ça y est, je l’ai honoré », sourit-elle timidement.

Le cimetière du Père Lachaise, qui surveille continûment la tombe pour éviter toute dégradation, s’attend à une certaine affluence dimanche pour le quarantième anniversaire de la mort de Jim Morrison. Mais les plus grands fans du « roi Lézard » ne se contenteront pas d’un simple pèlerinage sur sa tombe. Plusieurs compagnies organisent des circuits de plusieurs heures dans Paris sur les traces du chanteur : son appartement du 17 rue Beautrellis, à deux pas de la place de la Bastille, ses cafés et ses bars préférés… Le magazine américain The Doors Collectors propose même un voyage organisé d’une semaine. Prix hors transport : 900 dollars.

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