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Poni Hoax : “On se sent petit à New York, c’est tellement haut”

Poni Hoax fait partie de ces groupes français confidentiels qui mériteraient d’être un peu plus dans la lumière. On ne peut pas se faire une idée de leur talent sans les avoir vus se déchaîner au moins une fois en concert. Ces cinq mecs, oscillant entre le rock et l’électro, ont dépoussiéré quelques salles new yorkaises cet été. France-Amérique leur a demandé de réagir à vingt mots. Rencontre avec Nicolas Ker (chant), Laurent Bardainne (clavier), Nicolas Villebrun (guitare), Arnaud Roulin (clavier/basse) et Vincent Taeger (batterie).

Poni Hoax ?
Laurent Bardainne : C’est le nom de notre groupe et il n’y a aucune signification.
Nicolas Villebrun : Il faudra qu’on trouve quelque chose d’intéressant à dire la prochaine fois (rires).
Nicolas Ker : Tu n’as qu’à dire que tu l’as trouvé dans un de tes rêves après avoir fumé une pipe d’opium à Saigon, que cela t’est apparu en lettres de feu (rires).

La composition ?
Laurent Bardainne : J’écris la musique. Nicolas (Ker, ndlr) et moi sommes voisins, il vient souvent chez moi et nous passons des après-midi à discuter. Il a ce talent d’écrire très vite un texte qui a du sens et qui sera important pour tout le monde. Ensuite, nous créons les arrangements en groupe.

Joakim ?
Laurent Bardainne : C’est le chef de notre label Tigersushi. Il avait déjà mixé notre premier album et il a coproduit le second avec Fred Soulard. Je tiens à parler de Fred car il a vraiment beaucoup bossé sur cet album.
Nicolas Ker : Beaucoup de gens pensent que notre son électronique vient de Joakim car c’est un DJ électro, mais pas du tout. Nous travaillons et nous mixons tous ensemble chez lui. D’ailleurs, à chaque fois que nous venons chez lui, il a hâte que nous partions car nous monopolisons sa X-Box 360.
Vincent Taeger : Et il est grand (rires).

Budapest ?
Laurent Bardainne : C’est notre tout premier single et c’est une femme, Olga Kouklaki, qui chante car nous ne connaissions pas encore Nicolas (Ker, ndlr) à l’époque. Nous cherchions des voix et on nous a présenté Olga. Tous les textes du premier album ont été écrits par Guillaume Tessier, du groupe My Sister Klaus. C’était vraiment le tout début de Poni Hoax.
Nicolas Ker : Mais aujourd’hui, j’ai changé les paroles des textes originaux pour me les approprier. Je n’aime pas chanter des textes que je n’ai pas écrits. Il faut que ce que je chante me corresponde et me parle, sinon je n’y arrive pas.

Olga Kouklaki ?
Laurent Bardainne : C’est Marc Collin de Nouvelle Vague qui nous l’a présentée. Nous l’avons écoutée, puis rencontrée. Elle a d’ailleurs rechanté sur le deuxième album dans le duo. Nous avons fait un concert catastrophique avec elle avant de connaître Nicolas (Ker, ndlr). Elle est très gentille, mais elle n’est pas du tout adaptée à ce que nous faisons. Ce n’est clairement pas une chanteuse de rock.

“On se fout des étiquettes”

Rock ou électro ?
Laurent Bardainne : Plutôt rock, clairement. Nous venons d’univers très variés, du hip-hop pour Vincent au free-jazz pour moi par exemple. L’électro fait partie de notre culture, nous en écoutons beaucoup, mais nous ne sommes absolument pas restreints à une seule école.
Nicolas Ker : A la base, je viens d’un groupe de rock. Je suis un rocker. De toute façon, on se fout des étiquettes (rires). Si les gens veulent nous étiqueter, c’est leur problème.

Tigersushi ?
Laurent Bardainne : C’est notre label. Nous avons signé avec eux jusqu’au jour où ça n’ira plus. Cela s’est fait par hasard car je voulais laisser une démo dans la boîte aux lettres de Ze Records, mais je ne l’ai pas trouvé. Alors, j’ai déposé la démo dans la boîte aux lettres de Tigersushi à la place. Ils m’ont rappelé très vite et ça se passe très bien. Ce que nous faisons ensemble est très artisanal.

Confidentiels ?
Nicolas Ker : A notre corps défendant (rires). Nous aimerions bien avoir le succès de Dépêche Mode et nous faisons tout pour que ça change. Nous avons été approchés par d’autres labels et à la rentrée, tout devrait aller mieux. Bien entendu, nous resterons avec Tigersushi en partenariat, mais nous ne pouvons pas en dire plus pour l’instant.

Sérieux ou décalés ?
Nicolas Ker : Passer de l’un à l’autre est une gymnastique de l’intelligence. Nous sommes sérieux, mais aussi très bêtes.
Laurent Bardainne : Nous faisons bien notre travail et nous sommes sérieux dans nos intentions et dans ce que l’on veut donner.
Nicolas Ker : Dans notre vie, nous sommes aussi cons que n’importe qui…
Laurent Bardainne : …voire plus.
Nicolas Ker : C’est vrai (rires). Nous sommes un degré au-dessus de tout le monde dans la connerie.

Erotomanes assumés ?
Laurent Bardainne : Ce sont des conneries. Tu crois qu’il est érotomane ? (Il montre en riant Vincent en train de faire le poirier). Tu penses qu’il peut se passer quelque chose pour lui ce soir au niveau érotisme ? (rires)
Vincent Taeger : Il faut faire du sport en tournée. Nous sommes quand même des anciens sportifs. Il y a dix ans, je faisais du vélo, mais j’ai beaucoup perdu. Depuis, j’ai de gros problèmes gastriques.
Nicolas Ker : Tu es plutôt un “intestinomane” assumé (rires).

« New York, c’est incomparable »

Les drogues ?
Vincent Taeger : Evidemment, nous prenons des drogues. Dès que tu es sportif, tu es forcément drogué. Je les ai connu les Virenque et consorts, ils étaient toujours devant moi, mais c’est parce qu’ils prenaient un peu plus de pilules. Au bout d’un moment, tu es quand même obligé d’arrêter et fatalement, tu commences à toucher à toutes les autres drogues de drogué. Nous avons touché à tout. Comme Sébastien Tellier, nous aimons les excès (rires).

Images of Sigrid ?
Laurent Bardainne : C’est le titre de notre second album. C’était parti sur l’idée de l’obligation du bonheur, comme un bonheur publicitaire, parce qu’on nous vend en permanence. Il faut toujours paraître bien et heureux. Nous avions envie de revendiquer le fait de pouvoir “looser”, de ne pas toujours être bien dans notre corps ou dans notre peau, de ne pas toujours manger sain, de travailler plus pour gagner moins (rires). Sigrid est quelqu’un qui existe vraiment. On l’a croisée plusieurs fois et elle était toujours de bonne humeur. C’était une sorte d’obligation pour elle et elle est devenue un fantasme en quelque sorte.
Nicolas Ker : Elle se pliait à une discipline assez spartiate pour être toujours heureuse et au top des tendances culturelles. Elle me fascinait et je l’observais comme une sorte de créature subaquatique (rires).
Vincent Taeger : En fait Sigrid, c’est elle (il désigne la pom-pom girl sur la pochette de leur album et pousse quelques cris hystériques). Finalement, c’est quelqu’un qui a les moyens de ne rien faire de sa vie, mais qui fait quand même des choses et ça c’est bien. Les gens qui ont énormément d’argent sont souvent dépressifs. Ce n’est pas le cas de Sigrid qui est toujours contente.
Laurent Bardainne : Elle m’a dit qu’elle se forçait des fois.
Vincent Taeger : Elle a raison, il faut se forcer dans la vie. C’est ce que je dis aux jeunes des cités (rires).

New York ?
Laurent Bardainne : C’est notre seconde fois dans cette ville et c’est assez grisant.
Nicolas Ker : C’est vraiment sympa, mais ça a beaucoup changé. Quand j’étais plus jeune, c’était plutôt “destroy”, maintenant il y a des bobos avec des poussettes partout. On dirait Berlin, mais c’est bien quand même. New York, c’est New York, c’est incomparable.
Nicolas Villebrun : On se sent petit à New York, c’est tellement haut.
Nicolas Ker : Ce qui est bien ici, c’est la climatisation. J’ai vécu six ans en Egypte et tu apprécies vraiment la climatisation quand tu es dans les pays chauds.
Vincent Taeger : Tu préfères la climatisation ou les Egyptiens ?
Nicolas Ker : La climatisation (rires).

Public américain ou français ?
Vincent Taeger : Mais nous ne sommes pas racistes, c’est quoi cette question ? (rires) Il n’y a aucune différence, ce sont des gens. Nous sommes perdus par rapport à ça, un public est un public. En tout cas, nous préférons un public de filles que de garçons. Si tu veux tout savoir, nous préférons jouer devant 40 belles filles que devant un public américain mixte (rires).

Les filles ?
Vincent Taeger : Nous aimons les filles mais nous ne faisons rien vu que nous avons tous des copines. Nous n’allons pas mentir comme Kyo ou Tokyo Hotel (rires). Nous sommes tous maqués depuis que nous avons arrêté le sport. Tu n’as qu’à voir l’état de nos abdos. Il y en a toujours un qui n’est pas maqué à un moment, c’est aux filles de trouver lequel.

« Sur scène, nous sommes soudés »

Vos influences ?
Vincent Taeger : Céline Dion.
Nicolas Ker : Nous écoutons tous beaucoup de choses différentes les unes les autres, mais il n’y a que deux groupes sur lesquels nous sommes d’accord : les Doors et les Rolling Stones.

Des critiques ?
Vincent Taeger : C’est déjà arrivé que l’on nous dise que ce que nous faisons est bien, sauf le chanteur.
Nicolas Ker : Ah bon ?
Vincent Taeger : Oui, c’est même arrivé souvent (rires). C’est normal, il est en exposition directe et tout le monde chante maintenant. Dès que tu vas prendre ta douche, tu es chanteur. Les gens ont donc tous l’impression de savoir chanter et critiquent plus facilement. Nous, on se fait critiquer par les musiciens, mais Nicolas (Ker, ndlr) se fait critiquer par la boulangère, la factrice, par monsieur tout le monde.

Un troisième album ?
Nicolas Ker : Nous sommes en pleine réflexion, mais je pense que ce sera sur la guerre.
Vincent Taeger : Oui parce que nous attendons la guerre en France (rires). C’est important d’aller taper un peu sur les gens qui ont voté Sarkozy. Comme nous (rires). En tout cas, je n’aime pas la musique de Carla Bruni.
Nicolas Ker : Et dire que nous avons failli l’avoir sur le duo du second album à la place d’Olga Kouklaki. Heureusement qu’elle n’a pas voulu.
Vincent Taeger : Nous lui ressemblons un peu à Carla. Nous sommes aussi “épidermiquement” de gauche (rires).

La politique ?
Vincent Taeger : Nous ne parlons jamais de politique (rires). Peut-être juste une phrase : Justice est à l’électro ce que Ségolène Royal est au PS.

Scène ou album ?
Nicolas Ker : Nous préférons clairement la scène car c’est là où nous sommes les meilleurs. Ce que nous faisons est complètement différent de l’album et beaucoup plus violent. Sur scène, nous sommes soudés, alors qu’en studio, nous sommes toujours en train de nous disputer. C’est là que Joakim intervient, c’est plus un arbitre qu’autre chose et c’est très important. A la rigueur, on se disait même que nous allions enregistrer le troisième album dans les conditions du live.

 

Myspace de Poni Hoax :
http://www.myspace.com/ponihoax

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