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Ram présente son « voodoo rock’n’roots » enflammé à New York

World Nomads Haiti, le festival du FIAF consacré à Haïti, démarre aujourd’hui par un concert exceptionnel du groupe Ram. Pendant tout le mois de mai, la musique, l’art, la littérature et le cinéma haïtiens seront à l’honneur au French Institute Alliance Française.  France-Amérique s’est entretenu jeudi avec Richard Morse, le leader de Ram, peu avant son départ de Port-au-Prince pour New York.

Tous les jeudis depuis bientôt 20 ans, Ram prend ses quartiers dans le cadre magnifique et colonial de l’hôtel Oloffson à Port-au-Prince. Ces concerts du groupe fondé par Richard Morse  et son épouse Lunise sont une institution et transportent chaque semaine le public loin des méandres du quotidien en Haïti. Ram, fer de lance de la mizik rasin qui mélange rock et culture vaudou, se produira vendredi soir au FIAF de New York pour un concert exceptionnel.  « J’ai beaucoup de plaisir à être invité, parce que j’ai commencé musicalement à New York et que j’ai beaucoup évolué pour arriver là où j’en suis aujourd’hui », explique Richard Morse, fils d’un sociologue américain et d’une chanteuse haïtienne. « En m’installant en Haïti (ndlr. dans le milieu des années 80), je me suis beaucoup rapproché de la culture de ma mère et je suis fier de pouvoir représenter la mizik rasin ».

À 52 ans, Richard Morse ne cache pas son plaisir de poursuivre ses concerts hebdomadaires à l’hôtel Oloffson qu’il gère également. « Nous jouons chaque semaine depuis des années, et pour le public c’est comme si c’était quelque chose de tout neuf », poursuit-il. « C’est un phénomène que je ne peux pas expliquer. Il y a, je crois, une énergie musicale et spirituelle dont les gens ne se lassent pas. »

Deux semaines après son concert new-yorkais, Ram, groupe qui compte une dizaine de musiciens, se produira pour la première fois à Paris, au parc de la Villette. « À l’époque, je suis venu en Haïti avec l’intention d’exporter la musique haïtienne aux États-Unis et en Europe », glisse Richard Morse. « Puis, je me suis rendu compte que je préférais jouer en Haïti. Mais c’est une grande joie d’aller à New York, puis à Paris. Cela permet à la diaspora haïtienne de cultiver ses racines et au public français de découvrir notre musique ».

En Haïti, politique et musique sont étroitement liés. Pendant la présidentielle de 2006, des groupes de musique faisaient ouvertement campagne pour leur candidat. À une époque, Ram était d’ailleurs considéré comme très proche de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide. « Les gens veulent constamment voir de la politique dans notre musique », justifie Richard Morse, qui a lui-même échappé à une tentative d’enlèvement. « Nous ne voulons pas politiser notre message. En même temps, nous vivons dans une situation politisée. Nous recherchons le métissage. Nous ne voulons pas que le public pense à la politique quand il vient nous voir. Nous voulons qu’il danse et s’amuse ». 

Le concert de Ram vendredi inaugure World Nomads Haiti, un festival de musique, littérature, art et cinéma consacré à Haïti que le FIAF organise pendant tout le mois de mai à New York en partenariat avec S.O.B’s, PEN World Voices et the Maysles Institute. Sur plan musical, le concert de Wyclef Jean, le 18 mai prochain à S.O.B’s, sera le temps fort du programme.  Au niveau littéraire, le FIAF accueillera ce samedi Frankétienne, poète et auteur haïtien reconnu. Le 5 mai, The Agronomist, le film de Jonathan Demme qui s’est fait connaître par le Silence des Agneaux notamment, sera diffusé en présence du réalisateur. Plusieurs autres longs métrages seront programmés dans le courant du mois de mai. Jonathan Demme est par ailleurs le commissaire d‘une exposition sur l’art haïtien qui ouvrira ses portes le jeudi 7 mai au FIAF et se poursuivra jusqu’au 13 juin.

Infos pratiques

French Institute Alliance Française (FIAF)
22 East 60th Street
New York, NY 10022
T. 212-355 6100
Tout le programme de World Nomads Haiti est disponible sur
www.fiaf.org

Concert de Ram au Parc de La Villette à Paris
http://www.villette.com

Site de l’hôtel Oloffson

Lire aussi : Les voix des Haïtiens en exil

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