Subscribe
piaf-the-show-ad-anne-carrere-edith-carnegie-hall-new-york

Rand Paul, deuxième républicain à se lancer dans la course à la Maison Blanche

Le sénateur Rand Paul, conservateur anti-establishment et précurseur du Tea Party, est devenu mardi le deuxième républicain d’envergure à se lancer dans la course pour la présidentielle américaine de 2016.

Le républicain a mis fin au suspense en confirmant sa candidature sur son site randpaul.com: “Je suis candidat à la présidentielle pour ramener notre pays aux principes de liberté et de gouvernement limité”. L’annonce précède le discours qui doit marquer le coup d’envoi de sa campagne, à partir de 11h30 à Louisville, dans le Kentucky, Etat du centre des Etats-Unis dont il est l’un des deux sénateurs depuis le raz de marée républicain de novembre 2010. Il suit Ted Cruz, qui a lancé un appel aux évangéliques en lançant sa candidature à l’investiture il y a deux semaines, mais devance Jeb Bush, qui mène les sondages des primaires sans avoir officialisé sa candidature.

Côté démocrate, Hillary Clinton a déjà ses équipes en place et des bureaux de campagne, suggérant un lancement dans les prochaines semaines. Les équipes de Rand Paul ont loué une salle d’un immense hôtel où de grands écrans affichaient ce qui ressemblait à un slogan: “vaincre la machine washingtonienne, libérer le rêve américain”. Suivront quatre jours de campagne dans les Etats qui voteront en premier aux primaires du début de 2016: Iowa, New Hampshire, Caroline du Sud et Nevada.

C’est en défiant l'”establishment” républicain que Rand Paul, ophtalmologiste de 52 ans, a lancé sa carrière politique en 2009, au tout début du mouvement anti-impôts et anti-Etat appelé à exercer une influence démesurée au sein du parti républicain durant les années Obama: le Tea Party. Et c’est en se présentant comme un “nouveau genre de républicain” que Rand Paul cherchera à la fois à rassembler les ultra-conservateurs durant les primaires, et à élargir la base électorale du parti auprès des jeunes, des centristes et des minorités — un délicat numéro d’équilibriste. “Rand est médecin et cela lui donne une perspective unique à Washington”, raconte son épouse Kelley dans une nouvelle vidéo de campagne. “Il est formé pour diagnostiquer un problème et trouver une solution”.

Il devra assumer l’héritage de son père, Ron Paul, son héros politique qui fut candidat “libertaire” à la présidentielle de 1988, c’est-à-dire conservateur sur les questions économiques mais libéral sur les questions de société. Le père Paul porta aussi la flamme libertaire aux primaires républicaines de 2008 et 2012, chaque fois épaulé par son fils Rand.

Electorat jeune

Rand Paul est fidèle à la tradition libertaire: il est en guerre ouverte avec les néoconservateurs de son parti, dénonce l’interventionnisme des années Clinton, Bush et Obama, et promeut une ligne économique ultra-libérale. Les libertaires saluent sa dénonciation des programmes de surveillance de la NSA (Agence nationale de sécurité), ses propositions sur le cannabis médical et pour une réforme du système pénal, afin de promouvoir des peines alternatives à la prison.

“C’est très important pour les électeurs jeunes”, dit Matt Kibbe, président de l’organisation Freedomworks, qu’il décrit comme moteur du “mouvement de la liberté”. “Les sujets républicains traditionnels comme le taux marginal de l’impôt ne disent pas grand chose aux jeunes qui commencent à travailler, alors que les questions de justice rencontrent un bon écho”.

Rand Paul préfère se décrire comme un “conservateur libertaire” ou “constitutionnel”, et il a mis de l’eau dans son vin libertaire. Alors qu’il dénonçait la gabegie des dépenses militaires américaines, il a récemment soutenu une hausse du budget du Pentagone. Sur le mariage gay et le droit à l’avortement, il est proche de la ligne républicaine traditionnelle. “Oui, c’est vrai, il a dit des choses qui font râler les libertaires, mais (…) il reste le plus libertaire de tous les candidats”, dit David Boaz, vice-président du centre de réflexion libertaire Cato Institute.

Les démocrates, et certains de ses rivaux, préfèrent y voir de l’opportunisme. “Il dit qu’il est différent, mais quand on regarde de près, il est comme tous les autres prétendants républicains: bon pour les plus riches et mauvais pour la classe moyenne”, a estimé la présidente du parti démocrate, Debbie Wasserman Schultz.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related