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Richard Avedon photographe sans concessions

Le jeu de Paume à Paris présente une rétrospective exceptionnelle du photographe américain Richard Avedon disparu en 2004. L’exposition revient sur 58 ans d’une carrière extraordinaire au travers de 270 œuvres. A voir jusqu’au 28 septembre.

Richard Avedon Photographies 1946-2004, est l’exposition phare de l‘été parisien. Après le Louisiana Museum of Modern Art au Danemark et Forma à Milan, Le jeu de Paume Concorde accueille 270 oeuvres du photographe américain Richard Avedon qui a sans doute révolutionné son art. Pour cette édition parisienne, et à l‘initiative de Marta Gili, directrice du Jeu de Paume, l’exposition est enrichie de quarante grands formats de la série In the American West, réalisée entre 1979 et 1984.

Déambulant dans les salles, le visiteur à l’œil averti ou profane, sera ébloui, émerveillé, sceptique et interrogateur face à une œuvre belle et contrastée. Ici les contraires s‘affrontent en clair-obscur. L’inoubliable lassitude de Marilyn Manroe à fleur de peau, l’espiègle Audrey Hepburn, le dandysme de Bob Dylan et les photographies de mode glamours et sulfureuses, réalisées pour Harper’s Bazaar et Vogue dérivent vers ces clichés montrant avec un naturel cru les travailleurs du grand Ouest américain. In the American West est le fruit d‘une commande du Amon Carter Museum de Fort Worth au Texas. Le New-Yorkais Richard Avedon arpente la Grande Plaine et les Rocheuses et saisit à vif, sans mises en scène et juste à la lumière du jour, des hommes, des femmes et des enfants. Des gueules noires dans les mines de charbon, des ouvriers dans les gisements de pétrole, des manœuvres dans les ranchs, les abattoirs, des trimeurs aux regards fatigués, désabusés et pourtant remplis de dignité et d‘espoir. Il en résulte une série de portraits d‘une beauté presque christique.

Richard Avedon est certes le plus grand photographe de mode, mais il a su mettre son talent au service du photojournalisme, des causes qui lui tenaient à cœur et des événements qui on profondément marqués la société américaine. Dans les années 1960 et 1970, il réalise des reportages sur des militants pour les droits civiques dans le Sud et n‘hésite pas à s‘aventurer chez les sinistres membres du Klu Klux Klan. En 1971, il se rend au Vietnam pour y réaliser des portraits de victimes du napalm.

Dans la nuit du 31 décembre 1989 au 1er janvier 1990, moins de deux mois après la chute du mur, il effectue une série de clichés à la porte de Brandebourg pour le magazine français Egoiste.

INFOS PRATIQUES
Richard Avedon Photographies 1946-2004 au Jeu de Paume Concorde Jusqu’au 28 septembre 2008.
www.jeudepaume.org

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