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Rosecrans Baldwin raconte sa vie d’Américain à Paris

L’auteur américain Rosecrans Baldwin était de passage à New York, au restaurant La boîte en bois, pour présenter son nouveau livre, Paris I love you but you’re bringing me down.

Encore un livre d’un Américain sur la France. Après Bringing up bébé ou Sacrés Français ! Un Américain nous regarde (pour ne citer que les plus connus), Paris I love you but you’re bringing me down est sorti le 1er mai aux Etats-Unis. Son jeune auteur, Rosecrans Baldwin, explique : “les Américains n’en ont jamais assez de Paris et de la France”. Mais il précise que, contrairement à des ouvrages comme French women don’t get fat, il ne dresse pas de portrait du Parisien, ni ne généralise sur la vie dans la Ville Lumière : “je raconte mon expérience à moi.”

A qui fait-on la bise ?

Une expérience plutôt confortable. Après sept ans à New York, Rosecrans Baldwin s’installe à Paris avec son épouse Rachel en 2007, pour 18 mois. Il travaille dans la publicité et habite près de la place de la République. Pendant cette période, il termine son premier livre, You lost me there, œuvre de fiction, et se lance dans la préparation de son témoignage d’expatrié. Pour ce faire, il s’envoie des SMS à lui-même : “les gens trouvent ça un peu étrange qu’on sorte un carnet pour prendre des notes sans raison apparente, au milieu d’une conversation ou d’un dîner. Mais tout le monde pianote toujours sur son téléphone portable. Donc je m’envoyais des messages pour me souvenir d’anecdotes vécues”.

L’auteur, qui est aussi le co-fondateur du site d’information The Morning news, rapporte ainsi la difficulté à comprendre les codes de bises français : “clairement, il n’est pas approprié de faire la bise à son chef, sauf quand ça l’est. Par contre, on peut la faire à ses subalternes, sauf quand on ne peut pas. Les jeunes hommes ne se font pas la bise entre eux en général, à moins qu’ils soient amis en-dehors du travail. Mais les hommes d’un certain âge s’embrassent, parfois. On ne sait jamais”, écrit Rosecrans Baldwin, qui raconte avec humour s’être retrouvé à “faire la bise de manière inadéquate pendant un temps, aux clients hommes, aux dépanneurs informatiques, aux stagiaires et à toute femme qui s’approchait au bureau.”

Les ravioli de chez Picard

Parmi les autres épisodes de la vie parisienne, le publiciste décrit aussi la découverte de la pause déjeuner et un nouveau rapport au fast food McDonald’s, le principe de la carte d’identité, l’absence de crédit bancaire à l’américaine, etc. Des expériences attendues donc, entrecoupées de tranches de vie comme la première campagne sur laquelle l’Américain a dû travailler pour son entreprise sur… l’allaitement. Les différences entre France et Etats-Unis ayant été scrutées plus d’une fois, ce sont ces anecdotes plus personnelles que l’on préfère, lorsque la culture française entre dans la vie de l’exilé.

Au restaurant La boîte en bois, l’Américain s’émerveille par exemple de la chaîne française Picard. “Picard ne vend que des surgelés”, explique-t-il face à un public américain abasourdi, qui demandait ce qu’il préfère dans la gastronomie française. “Mais c’est exceptionnel. En dix minutes on réchauffe de délicieux ravioli au foie gras !” Il précise tout de même qu’avec sa femme, ils ont aussi fréquenté de bons restaurants à l’occasion.

Mais les occasions étaient apparemment rares. Si Rosecrans Baldwin a été séduit par Paris, il se dit frustré d’avoir travaillé autant : “je ne voyais pratiquement pas ma femme et je n’ai pas vraiment profité de Paris.” D’où le titre du livre. Maintenant le couple vit en Caroline du Nord, avec un “train de vie plus paisible.” L’auteur s’est remis à la fiction : “je pourrais bien écrire sur mes voisins, mais ils ont des flingues…”

Paris I love you but you’re bringing me down, chez Farrar, Straus and Giroux, 286 pages, $26.

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