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Rythmes scolaires : les Etats-Unis font le contraire de la France

A l’heure où des millions d’écoliers français vont connaître la semaine de 4,5 jours, à l’image du système anglo-saxon, de très nombreux élèves américains vont, eux, pour la première fois, se rendre à l’école seulement quatre jours par semaine.

Entrée en vigueur dans des milliers de communes françaises en cette rentrée 2014, la réforme des rythmes scolaires entend régler le problème des journées surchargées. La loi s’appuie principalement sur un rapport commandé par Luc Chatel, ministre de l’Education en 2011. Ce document préconise un “étalement de la semaine sur au moins neuf demi-journées, dont, à l’école élémentaire, une demi-journée supplémentaire de trois heures d’enseignement, le mercredi ou le samedi”. Depuis le passage à la semaine de quatre jours en 2008, la France était le pays de l’OCDE avec le nombre de jours de classe le plus faible. Les journées à l’école, en conséquence plus longues, étaient “inadaptées et préjudiciables aux apprentissages, source de fatigue, et de difficultés scolaires”, affirme le rapport

Etonnamment, aux Etats-Unis, de très nombreux districts prennent le contre-pied de la réforme française et choisissent de passer de la semaine de cinq jours à celle de quatre jours. On compte aujourd’hui une vingtaine d’Etats où des districts ont changé leurs habitudes. La première raison est économique. Un jour de classe en moins, ce sont des économies sur les transports scolaires, assurés la plupart du temps par les écoles aux Etats-Unis. Autre argument des établissements, la semaine de quatre jours ferait chuter l’absentéisme, affirme plusieurs études américaines récentes.

D’un côté, les élèves adeptes de l’école buissonnière sont plus assidus, de l’autre, les parents et enfants ont un jour hors week-end pour organiser des rendez-vous chez le médecin, le dentiste, etc.. Enfin, la demi-journée libérée permet à certains élèves de recevoir des cours de soutien des enseignants de l’école, et à d’autres d’assister à des cours complémentaires facultatifs, tels des classes de technologie, de sciences expérimentales, ou de cinéma. Si les élèves n’ont donc pas classe, ils peuvent être pris en charge par l’établissement scolaire et les enseignants, qui restent eux mobilisés même lors de la demi-journée non travaillée.

La responsabilité des enfants après l’école : deux modèles différents

Aux Etats-Unis, l’école a en effet l’habitude de prendre en charge les élèves en-dehors des classes. La plupart des élèves du primaire n’ont plus cours après 15 heures. Mais les enfants ne sont pas lâchés dans la nature pour autant. Les établissements proposent de nombreuses activités d’after-school, gratuites ou payantes, selon les districts : apprentissage d’une seconde langue, sport, musique, danse, etc.. Les déplacements sont assurés par le bus scolaire, le même qui amène les élèves à l’école le matin et les ramène le soir. Des activités qui permettent avant tout aux parents de ne pas avoir à payer une nourrice ou une garderie. Là encore, la France tente de s’inspirer du modèle anglo-saxon sur l’organisation des journées. Le décret prévoit la création d’activités périscolaires obligatoires en fin d’après-midi, à la place d’heures de classe.

Seul problème, c’est la mairie bien souvent et non l’école qui se retrouve en charge des élèves à 15 h 30 ou 16 heures. Une mairie qui doit mettre à disposition du matériel, des infrastructures et embaucher des animateurs. Une responsabilité et un coût dont se sont plaints avec véhémence de nombreux maires, pourtant favorables à 83% à la réforme. L’association des Maires de France (AMF), qui a demandé 150 euros par an et par enfant à l’Etat, a obtenu du gouvernement la somme de 104 euros, et 144 euros pour les communes aux besoins financiers plus important. Certains maires, faute de moyens ou par opposition politique, ont décidé de ne proposer aucune activité mais une simple garderie.

La réforme des rythmes scolaires, en application dans certaines communes françaises depuis 2013 semble néanmoins obtenir de premiers bons résultats. A Paris, la mairie s’est félicitée de la forte fréquentation (85%) des ateliers périscolaires, dont la mise en place a été, entre autres, inspirée par le modèle des écoles publiques de la ville de New York, qui font figure d’exemple pour l’organisation et le faible coût de leurs programmes after-school.

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