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San Diego : un restaurant français visé par les services d’immigration américains

Michel Malécot, propriétaire du restaurant français de San Diego le French Gourmet et Richard Kauffmann, gérant de l’établissement, sont poursuivis pour avoir employé une douzaine de travailleurs sans-papiers. Si les restaurateurs espèrent convaincre la justice américaine de leur bonne foi, la lourdeur des peines requises laisse penser que les services d’immigration cherchent à faire un exemple.

« On faisait ce qu’on était censé faire », affirme Michel Malécot pour justifier de sa bonne foi face aux accusations selon lesquelles il aurait sciemment employé des immigrés sans-papiers dans son restaurant le French Gourmet. « On demandait aux gens leur carte verte, ou leur permis de conduire avec leur numéro de sécurité sociale et on regardait leurs papiers », soutient le restaurateur français. Il explique qu’il n’avait pas la possibilité de vérifier l’authenticité des papiers fournis par ses employés au moment des faits reprochés.

Pourtant, lors d’une descente en mai 2008, les services d’immigration américains ont découvert qu’une douzaine des employés du French Gourmet travaillaient illégalement sur le territoire américain. D’après Michel Malécot, les agents auraient ce jour-là saisi tous les documents et les disques durs du restaurant et procédé à des arrestations d’employés. Michel Malécot et son gérant Richard Kauffmann encourent des peines de 5 ans d’emprisonnement par travailleur illégalement employé, de 250 000 dollars d’amendes par travailleur illégalement employé ainsi que la saisie du restaurant. Ce type de poursuite contre un propriétaire de restaurant est symptomatique du virage opéré par le gouvernement américain dans la lutte contre l’immigration clandestine. Alors que les autorités fédérales procédaient davantage à des arrestations et expulsions massives de travailleurs sans-papiers sous l’administration Bush, le mot d’ordre d’Obama est actuellement de poursuivre les employeurs.

« J’ai le moral parce que beaucoup de gens me soutiennent », affirme néanmoins le restaurateur. « Des clients ont même décidé d’organiser une levée de fonds pour m’aider à payer les frais d’avocat. » Pour autant, le propriétaire du French Gourmet admet que la branche traiteur de son entreprise – qui constitue d’après lui 70 % de son activité – souffre quand même de cette mauvaise publicité. « Beaucoup de gens qui avaient prévu de nous prendre comme traiteurs pour leurs événements se sont désistés, parce qu’ils ont peur que le restaurant soit saisi par le gouvernement », explique Michel Malécot.

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