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Sarkozy au centre de l’attention

Des mouvements de grève, des émeutes, un sondage qui témoigne de la baisse de popularité du président chez les Français, rien n’empêche pourtant le chef de l’État de maintenir une position ferme sur les valeurs auxquelles il croit.

Jeudi, Nicolas Sarkozy intervenait en direct de l’Élysée sur les deux premières chaînes françaises, TF1 et France 2. À 20h, heure de grande écoute, le président devait prendre la parole sur des sujets très attendus : le pouvoir d’achat et la crise des banlieues. Des sujets délicats, susceptibles d’attirer la houle des français. Pourtant, fidèle à lui-même, le chef de l’État adoptait un discours direct et une position ferme. En réponse aux émeutes et actes de vandalisme qui ont suivi la mort des deux adolescents à Villiers-Le-Bel, le président a donné le ton. « La République ne cèdera pas un pouce de terrain » face aux « comportements inexcusables », affirmait-il en qualifiant les responsables de « voyous », un terme qui avait déjà suscité les foudres de la jeunesse en 2005.

Pas de tolérantisme non plus concernant l’entrave à la hausse du pouvoir d’achat selon le président : les 35 heures. « Pour donner du pouvoir d’achat, il faut réhabiliter le travail », déclarait-il en prenant à revers les syndicats qui s’attendaient à des mesures plus audacieuses. « Travailler plus pour gagner plus », le leitmotiv de Nicolas Sarkozy pendant sa campagne prend aujourd’hui des allures bien réelles. Des entreprises libérées  des 35 heures en échange d’augmentations salariales, un allégement des charges en contrepartie d’une négociation de branches sur les salaires, des jours de RTT rachetés par les entreprises, la question du travail les dimanches et la rémunération des heures supplémentaires pour les fonctionnaires à hauteur de 25%, Nicolas Sarkozy a pris la question du temps de travail à bras-le-corps. « La question n’est pas de supprimer les 35 heures, ni de revenir sur un acquis social » mais de « donner une place plus importante à la négociation d’entreprise », déclarait-il. Il a aussi ajouté qu’il entendait réunir l’ensemble des syndicats et des patronats à l’Élysée d’ici une quinzaine de jours pour définir l’agenda social 2008.

En face, la position des syndicats sur ce qui était une condition à la reprise du travail au moment des grèves, ne s’est pas faite attendre. La CGT dénonçait un président qui « n’a pas pris en compte les exigences des salariés en matière de pouvoir d’achat ». Pour la CFDT, il va « décevoir les attentes des salariés ». Et le bilan ne s’arrête pas là : la quasi-totalité des syndicats ont manifesté leur déception à l’issue de cette prise de parole.

Nicolas Sarkozy n’a donc pas fait preuve de plus de souplesse, jeudi, alors que Le Figaro révélait une cote à la baisse. « La popularité de Nicolas Sarkozy sous les 50% » titrait le quotidien pourtant orienté à droite. Le sondage, réalisé par Figaro Magazine et TNS Sofres en décembre 2007, met en évidence un certain mécontentement face à la politique menée par le chef de l’État. Ils sont 73% à penser que « les choses » ont « tendance à aller plus mal », soit 11% de plus qu’en novembre ! L’écart se creuse également concernant la capacité de Nicolas Sarkozy à « résoudre les problèmes » : 12% (au lieu de 10% le mois dernier) lui font « tout à fait confiance », contre 24% à ne pas lui faire confiance « du tout »  (21% précédemment). Globalement, les français portent peu d’espoir en leur président qui passe en dessous de 49% concernant sa capacité à faire face aux crises. Une chute ni surprenante, ni vertigineuse si l’on considère les événements récents et un indice de confiance à 51% au mois de novembre.

En envisageant la hausse des prix sous l’angle du temps de travail, Nicolas Sarkozy pourrait toutefois avoir mis sa popularité un peu plus en danger. Toujours selon l’enquête, ils étaient 54% à considérer l’obstacle à la consommation comme priorité du gouvernement (soit 20% de plus qu’en novembre), plaçant cette préoccupation largement en tête devant le chômage (25%) et la criminalité (13%). 

Au centre des regards, il est donc normal que la « Journée sans Sarkozy dans les médias » organisée vendredi, n’ait eu à peu près… aucun effet. Au grand regret de l’association  initiatrice du mouvement « Rassemblement pour la démocratie à la télévision » (RDT), tous les médias reprenaient l’intervention du président dès le lendemain. Tous ? Non. Le Nouvel Observateur décidait de suivre l’appel de manière « paradoxale » en ne mentionnant pas le nom du chef de l’État dans son article.

Si nul n’est capable de donner la tendance de Nicolas Sarkozy dans les prochains mois, une chose est sûre, les médias ne manqueront pas de se faire le relais de l’information. 

Retrouvez l’intégralité du sondage en pdf sur http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/figmag_decembre.pdf  

       

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